Par Maxime Pelletier - L’équipe d’Overwatch de Mirage Sport Électronique, une organisation québécoise, a remporté dimanche les finales de l’Open Division d’Amérique du Nord, devançant ainsi les quelque 800 autres équipes en lice dans cette compétition de niveau amateur.

La journée de dimanche n’a pas été facile pour les joueurs de l’équipe qui se sont inclinés contre les finalistes, Path to Poverty, en demi-finales de l’arbre des gagnants. Ils ont néanmoins réussi à atteindre la finale en ayant le dessus sur Underwater Squad (3-1), Chicken Contendies (3-2) et Alpha Gaming (3-2). Après ces trois séries chaudement disputées, Mirage a pu prendre sa revanche sur Path to Poverty en finale, triomphant par la marque de 4-3 sur l’équipe qui les avait envoyés chez les perdants plus tôt dans le tournoi. « Ça a été tout un marathon pour nos joueurs! », s’est exclamé le propriétaire de Mirage, Yannick Babin, en entrevue téléphonique. « Ils ont joué de 14 h à minuit, plus de 20 maps au total ». L’équipe, qui compte parmi ses rangs le Tank québécois Shayne « Chayne » La Rocque, a dû composer avec le départ de son DPS Wub quelques jours seulement avant la compétition. Ce dernier a été remplacé à la dernière minute par le canadien Mangachu. « À cause de cela, nous n’avons pas pu pratiquer la semaine précédent la compétition. Nous n’avons pas pratiqué du tout avec Mangachu dans l’équipe avant que les éliminatoires ne commencent », a expliqué Babin.

Le joueur de tank Shayne « Chayne » La Rocque

Victime de son succès

L’Open Division est la troisième strate de l’écosystème compétitif d’Overwatch, qui comporte aussi l’Overwatch League (OWL), la ligue professionnelle mondiale, et les Contenders, des ligues semi-professionnelles qui opèrent dans plusieurs régions et dans lesquelles jouent les équipes-écoles des organisations de l’OWL. En remportant L’Open Division, Mirage s’est mérité une invitation aux qualifications pour la prochaine saison des Contenders, qui doivent se tenir dès cette fin de semaine. Six des huit équipes qui y participeront se qualifieront, ce qui donne de bonnes chances à l’organisation. Malheureusement, l’équipe a été victime de son succès : pas moins de quatre de ses six joueurs ont été recrutés par un club école d’une équipe de l’OWL. Une bonne nouvelle pour ces joueurs, mais un gros défi pour l’organisation qui n’a qu’une courte semaine pour former un nouveau sextuor qui compétitionnera dans les qualifications. « On est en train de tenir des essais pour choisir nos nouveaux joueurs. Nous pourrons les annoncer rapidement », a indiqué le propriétaire de l’équipe, qui reste optimiste malgré le défi que pose le départ de ses joueurs.

La norme plutôt que l’exception

L’instabilité qui frappe l’alignement de Mirage n’est pas inhabituelle dans le monde du esport, mais elle est particulièrement prononcée sur la scène d’Overwatch, étant donné la nature très hiérarchique et rigide de la structure compétitive. Comme la OWL est une ligue franchisée, il est impossible pour les organisations qui n’ont pas acheté le droit d’avoir une équipe d’y accéder, peu importe leur succès en Contenders ou en Open Division. Par extension, impossible pour les joueurs qui veulent jouer dans l’OWL d’y accéder en demeurant fidèles à leur équipe des divisions inférieures : la seule avenue pour atteindre le sommet est d’être recruté par l’équipe académie d’une formation de l’OWL et d’espérer performer suffisamment bien en Contenders pour être promu dans la grande ligue. Les équipes qui ont du succès en Contenders ou en Open Division sont donc plus ou moins condamnées à voir leurs meilleurs éléments les quitter. N’est-ce pas décourageant, pour une équipe exclue de l’OWL, d’investir dans Overwatch dans ces circonstances? « Un peu, oui. Mais on a de grandes nouvelles à annoncer par rapport à Overwatch d’ici la fin février, alors on est excité pour l’avenir », a confié Yannick Babin, cryptique, avant de décliner les invitations à en dire davantage. À suivre.