MONTRÉAL – À deux matchs d’entamer les éliminatoires, les Alouettes de Montréal essaient encore d’atteindre leur altitude optimale. Ça n’empêche pas Khari Jones de prétendre que son équipe peut rafler le championnat de la LCF. 

Auteurs d’un dossier de 6-6, les Alouettes se retrouvent dans une situation particulière. Leur participation éliminatoire est confirmée, mais ils peuvent toujours grimper au deuxième rang de la section Est à condition de remporter leurs deux derniers matchs (face aux Blue Bombers et au Rouge et Noir) et que les Argonauts de Toronto concluent leur calendrier avec deux défaites (face aux Tiger-Cats et aux Elks). 

Non seulement le deuxième rang permettrait de disputer la demi-finale de l’Est à domicile, mais ça voudrait aussi dire que les Alouettes finiraient la saison avec une fiche gagnante. Cet élément n’accapare pas trop les pensées de l’entraîneur Khari Jones. 

« (La fiche gagnante) C’est important, mais je n’y ai pas tant pensé. Je pense surtout à gagner le prochain match et ce que je veux, c’est le plus gros objectif. On a une chance de tout gagner et je le crois vraiment. C’est là-dessus que je me concentre et ça commence avec le prochain match », a soutenu Jones en faisant référence à la coupe Grey qui n’a pas été soulevée par les Alouettes depuis 2010. 

« On veut gagner, ces parties sont importantes car on n’aime pas la sensation de perdre. On était proches d’y parvenir à Winnipeg, mais ça reste proche. Je trouve qu’on s’approche du niveau désiré, mais on commence à manquer de temps. Il faut bien jouer dans tous les aspects et les joueurs en sont conscients. Ils n’ont d’ailleurs pas lésiné sur les efforts à l’entraînement et même un peu plus », a exposé l’entraîneur. 

On a présumé que la fin de sa réponse faisait notamment allusion au secondeur Patrick Levels qui a lancé un retentissant « Fu_ _ing listen! » à un coéquipier. 

Jones et ses adjoints investissent donc en prévision du match ultime. Ainsi pourraient-ils privilégier l’idée de « ménager » certains joueurs en vue des éliminatoires? 

« Il faut bien jauger le tout. S’ils peuvent jouer, ils vont le faire », a soutenu Jones. 

Considérant les nombreuses blessures sur la ligne offensive, ce serait difficile de blâmer Luc Brodeur-Jourdain s’il voulait épargner quelques protagonistes essentiels et/ou amochés. 

« Je n’ai pas pantoute l’ambition ou le désir de ménager qui que ce soit. Le seul objectif, c’est d’envoyer la meilleure équipe sur le terrain et de remporter la rencontre », a cerné LBJ qui n’a pas écarté la possibilité d’accéder au deuxième rang. 

Sean Jamieson constitue l’exemple le plus pertinent. Le centre partant des Alouettes a repris l’entraînement mardi et il devrait, en théorie, rater un dernier match avant de reprendre son poste. La possibilité de devancer son retour est toutefois à l’étude.  

« Si je peux miser sur lui, je vais assurément le faire », a reconnu Brodeur-Jourdain en précisant que tout dépendra de la réponse de son corps. 

Philippe Gagnon doit cependant être retiré de l’équation cette semaine. Le garde québécois a eu le courage de revenir au jeu rapidement pour une deuxième fois, mais sa blessure à un mollet est venue le hanter de nouveau. 

« Sa blessure est récurrente et il est assez limité lorsqu’il essaie de courir pour atteindre sa pleine vitesse. Quand il doit le faire, ça mène à un pas de recul. Il faudra vraiment s’assurer cette fois-ci qu’il ait le repos adéquat avant de revenir au jeu », a confié Brodeur-Jourdain. 

La sortie de Gagnon dans le match à Winnipeg a mené à l’entrée en scène de Samuel Thomassin qui n’avait passé que quelques jeux sur le terrain avant cette partie. L’audition n’a pas été facile pour Thomassin, mais de très bons joueurs sont également passés par là. 

« Quand tu embarques sur le terrain au troisième quart, c’est difficile de dire je suis prêt alors que tu n’as jamais vécu cette expérience. C’était aussi un match à l’étranger et c’était extrêmement bruyant », a soupesé Brodeur-Jourdain qui ne juge pas que les Bombers ont dominé physiquement les Alouettes. 

Un motif familial a empêché Kristian Matte de s’entraîner mardi. Son absence a incité les entraîneurs à déployer une ligne offensive avec deux bloqueurs américains en déplaçant Landon Rice au poste de garde. Cette option s’avère une possibilité pour compenser les blessures. 

Crucial pour Harris de développer une chimie

L’autre enjeu avec la ligne offensive englobe le quart-arrière Trevor Harris qui doit développer des affinités avec celle-ci. Les blessures n’aident pas le rendement du quintette et Harris doit s’intégrer dans ce contexte. 

« Ce n’est pas parce que c’est un quart d’expérience que le synchronisme s’acquiert en deux ou trois jours. On a besoin d’avoir des joueurs qui travaillent ensemble pour trouver leurs repères et ça se fait surtout durant les matchs », a noté LBJ. 

D’ailleurs, Jones a dressé un constat similaire par rapport au premier départ de Harris. 

« Il a été plutôt solide. Bien sûr, il aimerait reprendre cette passe (vers Quan Bray menant à une interception), mais ça arrive. Il apprend à mieux connaître les receveurs. Lui et Geno (Eugene Lewis) vont devenir meilleurs ensemble. Je trouve qu’il aurait pu lui donner une chance sur certains longs tracés, mais ça vient avec la pratique », a précisé Jones. 

Pour ceux qui se posent la question, Matthew Shiltz n’a pas encore repris l’entraînement puisque de l’enflure persiste à son genou blessé. 

Alouettes : une ligne offensive amochée qui coûte cher