MONTRÉAL – Est-ce que les partisans des Alouettes de Montréal devraient s’inquiéter de l’avenir de l’équipe? Est-ce que des investisseurs locaux s’ajouteront à l’organisation? Ne voilà que deux des nombreuses questions qui devaient être posées au commissaire de la LCF, Randy Ambrosie. 

Abordons immédiatement le dossier des investisseurs locaux, un besoin criant pour les Alouettes qui évoluent dans un marché unique au Canada. Le retrait de Gary Stern – qui détient 25% de l’équipe - de la gestion quotidienne du club apparaît comme une occasion pour corriger le tir. 

On a posé la question à Ambrosie qui a rencontré, plus tôt cette semaine, les représentants de l’actionnariat majoritaire des Alouettes qui dispose de 75% des parts, la portion qui appartenait à Sid Spiegel qui est décédé. Si l’on doit se fier à ses propos, la patience sera toutefois de mise. Mais on peut tout de même sentir une ouverture. 

« On n’a pas du tout discuté d’un changement au niveau des propriétaires. Ils vont nous indiquer prochainement qui représentera les Alouettes parmi les gouverneurs », a-t-il d’abord répondu. 

Mais verrait-il un tel ajout d’un œil positif? 

« Présentement, on se concentre sur le portrait actuel. Cela dit, je suis confiant que des discussions auront lieu à propos de plusieurs possibilités positives. Pour l’instant, on a un engagement de la part des propriétaires et ça demeure le plus important », a ajouté Ambrosie.

Au cours de l’entrevue, le commissaire de la LCF a insisté à maintes reprises sur la teneur positive du contact avec les représentants des propriétaires majoritaires. 

« La discussion a été très encourageante et constructive. Ils avaient trois messages à partager : rien ne change pour l’équipe, leur priorité est de remporter des matchs et de divertir les partisans. Ils avaient une vision précise de leur plan. Ils ont une approche professionnelle et soucieuse des autres », a résumé Ambrosie. 

Tout de même, dans le monde du sport, lorsqu’un propriétaire décède, la succession finit, plus souvent qu’autrement, par vendre l’équipe. 

« Je ne peux pas prétendre connaître l’avenir. Mais, présentement, j’ai un lien positif avec eux. Je les ai assurés que nous allions avoir une relation très professionnelle avec eux. Si les deux côtés agissent de la sorte, ça peut mener à belles possibilités à long terme », a argué Ambrosie. 

Et s’attend-il à une cohabitation plus harmonieuse avec ceux-ci comparativement au passage court et houleux avec Stern? 

« Ce que je peux dire, c’est que je souhaite que la relation établie cette semaine se poursuive dans la même veine », a noté Ambrosie qui a pris quelques instants pour souligner l'implication de Stern dans la période trouble de la pandémie. 

Un motif pour craindre le pire? 

On ne peut pas blâmer Ambrosie de vouloir pointer le bon côté des choses. Toutefois, la vente des Alouettes avait été toute une galère menant à l’acquisition du club par Stern et Spiegel au début 2020. 

Le revirement de situation précoce du retrait de Stern fait donc craindre le pire à bien des partisans des Alouettes. Même des journalistes chevronnés comme Dave Naylor et Farhan Lalji de TSN pensent que les craintes sont justifiées. 

« Je respecte énormément leur travail, mais je suis en désaccord. Je pense plutôt que l’avenir est très prometteur à Montréal. À mon avis, les Alouettes avancent dans la bonne direction. Avec le travail accompli par la LCF depuis deux ans, ça va aider les Alouettes et les autres organisations basées dans de grandes villes. Le Québec est un excellent marché de football et les Alouettes y détiennent une belle histoire », a répondu Ambrosie. 

« Puisque la LCF est mieux structurée pour supporter ses équipes, je suis davantage positif. On voit de belles histoires comme celle de Nathan Rourke qui épate la LCF », a-t-il poursuivi. 

« Ça ne veut pas dire que tout se fera facilement, il faudra bien gérer notre entité », a finalement convenu le commissaire. 

N’oublions pas que les Alouettes perdent de l’argent – quelques millions annuellement – depuis quelques années. Un portrait qui ne provoquera pas de ruée d’investisseurs québécois pour acheter la totalité du club. 

Vendredi, Ambrosie sera de passage à Montréal pour le match des Alouettes contre le Rouge et Noir d’Ottawa. Cette visite était déjà prévue depuis des semaines, mais elle arrive à un moment opportun. 

On aurait voulu terminer notre entretien sur une note plus réjouissante. Mais c’était essentiel de sonder Ambrosie sur le dossier impliquant Christophe Normand qui a été libéré par les Alouettes après avoir été suspendu. 

« Évidemment, chaque fois qu’un dossier comporte un incident à l’extérieur du terrain, la LCF est toujours en consultation avec l’équipe impliquée. C’est un incident très sérieux et troublant, j’aimerais dire que la LCF envoie ses pensées à la famille de la jeune femme », a conclu le commissaire. 

Une semaine mouvementée pour les Alouettes
Les Alouettes sont encore à vendre?