MONTRÉAL – Danny Maciocia assume pleinement que c’est quelque peu risqué d’avoir échangé Vernon Adams fils et le facteur financier a aussi joué un rôle dans la décision. 

Relégué à un rôle de réserviste depuis le deuxième match de la saison, Adams fils a fini par conclure qu’il était mieux de quitter Montréal. 

« Ça fait plusieurs semaines que je discutais de sa situation avec lui. Je lui ai dit qu’on pouvait poursuivre notre association, mais que, s’il voyait les choses autrement, il pouvait venir me voir. Dans les derniers jours, il m’a dit que s’il y avait une possibilité de jouer ailleurs... Et il y avait déjà des équipes qui m’appelaient sur une base assez régulière », a expliqué Maciocia. 

Le directeur général, et entraîneur-chef par intérim, affirme qu’il avait reçu une offre concrète d’une autre équipe que les Lions de la Colombie-Britannique. Évidemment, Adams fils se rapproche de sa maison - il habite dans l’État de Washington – et la blessure de Nathan Rourke devient un contexte intéressant pour espérer jouer. 

Selon les informations révélées par nos collègues de TSN, le propriétaire minoritaire Gary Stern, qui s’est retiré des opérations quotidiennes de l’équipe, aurait empêché les Alouettes d’échanger Adams fils plus tôt. 

Maciocia a refusé de commenter ce sujet donc on l’a relancé en lui demandant si Stern s’impliquait ou s’imposait dans les décisions football. 

« Non, mais il avait une opinion, c’est certain, c’est le propriétaire. Est-ce qu’il était toujours d’accord avec ce qu’on faisait et nos décisions? Probablement que non. Mais il nous supportait. Jusqu’à présent, les décisions ont été prises par ceux qui gèrent les opérations football », a mentionné Maciocia. 

C’est une évidence que, dans les bureaux des Alouettes, personne n’est déçu du retrait de Stern qui tentait d’en mener très large. 

Le départ d'Adams Jr. ne surprend personne

Le dossier d’Adams fils était influencé par le volet économique. Étant donné que Trevor Harris a signé une entente moins lucrative, des clauses de boni étaient incluses selon son utilisation. Ainsi, les Alouettes se retrouvaient avec deux salaires importants à verser à la position de quart-arrière. 
 
« Je ne vous cacherai pas que c’était un facteur. Est-ce que ça pouvait continuer à fonctionner? Peut-être, mais il aurait fallu prendre des décisions dans les semaines suivantes. Quelqu’un aurait écopé. On savait qu’on avait quelques salaires de trop dans nos livres », a admis Maciocia. 

Cela dit, Maciocia comprend que ça demeure risqué de se départir d’Adams fils. À l’image des autres équipes, les dirigeants des Alouettes ont souvent répété que la profondeur était cruciale à cette position. Advenant une blessure à Harris, qui est âgé de 36 ans, l’équipe aurait à se tourner vers Dominique Davis ou la recrue Davis Alexander. 

« Il y a toujours des risques. Mais, à un moment donné, il faut évaluer son personnel. On est content avec Dominique Davis et on est excités de miser sur Davis Alexander. On trouve qu’on est dans une bonne situation à court terme et on a un plan à long terme », a noté Maciocia en précisant que ça ne voulait pas dire que ça passait absolument par ces deux athlètes. 

Dans ce pacte, les Alouettes ont obtenu un choix de première ronde en 2023.

« On connaît l’historique ici avec les choix de première ronde, l’organisation a été plusieurs années sans en avoir. Quand on parle de joueurs comme (Tyson) Philpot, (Tyrell) Richards ou bien (Marc-Antoine) Dequoy et (Pier-Olivier) Lestage en deuxième ronde, il faut avoir ces choix pour bâtir et avoir une équipe gagnante et stable », a rappelé le dirigeant. 

Sans trop de surprise, Harris a été très élogieux envers Adams fils. Les deux avaient développé une saine relation en 2022. Outre les fleurs qu’il lui a lancés, Harris y est allé de cette précision. 

« De mon côté, c’est le temps d’enfoncer le pied sur l’accélérateur. Je ne pense pas au fait que ce soit désormais mon équipe », a statué Harris qui se dit à l’aise avec la relève derrière lui. 

Tout d’un coup, le match du 9 septembre devient encore plus intéressant car ce serait étonnant qu’Adams fils ne soit pas envoyé sur le terrain, au moins lors de quelques jeux, pour se mesurer aux Alouettes au Stade Percival-Molson. 

« Ce serait amusant, c’est un grand compétiteur. C’est toujours drôle, les gens parlent souvent ça (les confrontations contre un autre quart-arrière). Mais je joue contre la défense des Lions », a réagi Harris. 

La conclusion demeure que le charismatique Adams fils n’a pas été en mesure de s’établir comme un partant à long terme même à son deuxième séjour avec les Alouettes. 

« À l’image de l’équipe, il a eu une année très magique en 2019. L’an dernier, il a connu une saison un peu difficile et je pense que sa blessure lui a fait mal. Cette année, il n’a pas été très opportuniste après le camp d’entraînement. Depuis que Trevor l’a remplacé, on voit un peu les résultats que ce soit avec notre fiche, le fait qu’on distribue mieux le ballon et qu’on décoche des passes plus vite. Mais c’est un excellent quart et probablement qu’un petit changement lui fera une tonne de bien », a conclu Maciocia qui lui a souhaité du succès sauf contre les siens bien sûr. 

Comme quoi ce n’est jamais ennuyant chez les Alouettes, Maciocia a enchaîné en échangeant l’ailier défensif Avery Ellis – qui n’a rien cassé à Montréal - aux Elks d’Edmonton en retour du demi défensif Nafees Lyon et du joueur de ligne défensive Thomas Costigan.  

« Ça fait trois semaines que j’essaie d’obtenir Costigan et Lyon. Ils sont très bons et actifs. Quand je regarde notre défense, je trouvais que c’était un must d’aller les chercher pour la deuxième moitié du calendrier. Ils sont productifs et ça nous procure de la profondeur », a expliqué Maciocia au sujet des athlètes qui ont été dirigés par Noel Thorpe à Edmonton.