MONTRÉAL – On ne peut que penser qu’Antonio Pipkin a été affecté par la controverse attisée, jeudi, par Johnny Manziel alors qu’il a été victime de quatre interceptions si bien que les Alouettes de Montréal ont encaissé un revers coûteux de 32-14 contre les Lions de la Colombie-Britannique.
 
Rappelons que Manziel avait exprimé sa frustration et son incompréhension à ne pas avoir repris son poste de partant à la suite de sa commotion cérébrale. Force est d'admettre que Manziel devrait obtenir sa chance au match suivant.

C’est véritablement la troisième interception qui a coulé les Alouettes. Tirant de l’arrière 18-14 avec un peu plus de trois minutes à écouler au match, Pipkin a vu T.J. Lee capter sa passe devant Stephen Adekolu pour décamper sur 37 verges pour un touché assassin.
 
Anthony Orange est venu ajouter l’insulte avec la quatrième interception quelques secondes plus tard pour un autre touché. C’était comme si Pipkin avait perdu toute sa confiance d’un coup, mais il faut se rappeler qu’il n’est âgé que de 23 ans et son expérience est minime dans la LCF.

« J’ai joué un match horrible. J’ai tout simplement commis des erreurs. La défense et les unités spéciales ont accompli du bon travail pour nous permettre de demeurer dans le coup. J’ai juste été mauvais dans des situations dans lesquelles on avait besoin de points », a déploré Pipkin.

 

« Je ne lui en veux pas pantoute ! C’est un jeune quart-arrière de 23 ans et on aurait dû mieux le protéger de multiples façons. Je parle de la protection et de la sélection de certains jeux avec une protection différente », a commenté Patrick Lavoie. 

 Les Alouettes (3-9) ont donc raté une occasion en or de savourer trois gains consécutifs pour la première fois depuis le dernier droit du calendrier 2016. Ce revers fait mal puisque les Oiseaux essaient de remonter dans le portrait éliminatoire. Les Alouettes auraient voulu battre les Lions pour augmenter leurs chances d’éviter un croisement d’une équipe de l’Ouest qui viendrait ravir un poste éliminatoire à la section Est.
 
Considérant l’enjeu de cette confrontation, les Alouettes n’ont pas démontré une tonne de dynamisme avant cette séquence. Ce niveau d’énergie a cependant été hypothéqué par les ennuis éprouvés par Pipkin qui a été intercepté à deux occasions en première demie. De plus, Pipkin a conservé le ballon trop longtemps plus d’une fois ce qui a mené à une multitude de sacs (sept pour être exact).

« C’est un bon point, il a été parfois un peu hésitant en observant la couverture défensive des Lions. C’est un jeune avec du caractère, il va rebondir. Tous les quarts-arrières dans la NFL ont connu un match comme celui-ci. On souhaitait que ça ne se produise pas ce soir, mais ça devait arriver un jour et c’est arrivé », a mentionné Sherman.

« Pour la statistique des sacs, on regarde la ligne offensive alors c’est clair que le moral est un peu bas en ce moment. Je ne peux pas utiliser les mots que je voudrais. C’est frustrant au boutte! Mais c’est l’attaque au complet qui a été poche. Ça peut virer mal très vite et ça ne s’est pas bien passé », a reconnu le centre Kristian Matte.
 

Antonio Pipkin complètement débordé

La seule véritable étincelle montréalaise est provenue du vénérable Chip Cox qui a botté une courte tentative de placement des Lions qui auraient pris les devants 16-7. Au lieu de cela, Tevaughn Campbell a récupéré le ballon et il a filé sur 87 verges pour le majeur si bien que Montréal a pris les commandes 14 à 13. Campbell devait se sentir comme sur un terrain de rugby lui qui est membre de l’équipe canadienne de rugby à sept.
 
Ça n’a pas empêché les Lions de répliquer avec un placement et un touché de sûreté pour filer vers la victoire, une septième de suite aux dépens des Alouettes, devant une foule peu imposante de 15 346 spectateurs.  

Dans un tel contexte, on aurait pu penser que les entraîneurs des Alouettes allaient multiplier les courses afin d'aider Pipkin. Après tout, William Stanback avait amassé des gains intéressants de 42 verges sur cinq courses en première demie. Pourtant, il n'a obtenu le ballon que trois fois en deuxième demie. 


« Je pense qu’on a fini le match avec plus de verges par la course (126) que par la passe (95), c’est tout ce que je vais dire », a déclaré Matte qui était bien au fait de la situation. 

Plus de controverse de quarts!

L’unité défensive des Lions mérite tout de même qu’on lui lève notre chapeau. Elle excelle depuis quelques rencontres et elle a imposé une grande pression sur le front offensif montréalais.

Les Lions l’ont emporté même s’ils ont perdu les services de leur quart-arrière partant, Travis Lulay, très tôt dans la soirée. Plaqué solidement par John Bowman, il s’est disloqué l’épaule gauche. Jonathon Jennings s’est très bien débrouillé en relève autant avec son bras que son agilité par la course.
 
Encore une fois, la prochaine partie des Alouettes sera cruciale alors qu’ils croiseront le fer avec les Blue Bombers à Winnipeg, vendredi le 21 septembre. Winnipeg est l’équipe qui serait déplacée dans l’Est si les éliminatoires débutaient cette semaine.

Antonio Pipkin mélange ses couleurs
Les Alouettes creusent leur propre tombe
Enfin un coup de chance pour les Alouettes!
L'interception du match, la danse de l'année!
Une image qui vaut mille mots!
Travis Lulay tombe au combat