MONTRÉAL – Le sourire de William Stanback venait de le trahir alors il a joué la carte de l’honnêteté. Uniquement le soir de la victoire face aux Tiger-Cats de Hamilton, il a revu de 30 à 40 fois les images de son magnifique touché de 21 verges au dernier quart.

 

L’athlète de 25 ans avait toutes les raisons de savourer ce moment. Il venait de conclure une prestation de 203 verges. Mike Pringle, en 1998, avait été le dernier porteur de ballon des Alouettes à franchir ce plateau magique lors d’un match des Alouettes.

 

« Ça ne faisait qu’apparaître sur mes réseaux sociaux et j’en étais vraiment excité. Il faut dire que c’était une soirée grisante pour moi, je n’avais pas atteint le plateau des 200 verges depuis longtemps. Je veux continuer sur cette lancée et que les gars suivent mon chemin. Je sais aussi que j’ai commis une erreur qui aurait pu changer l’allure de la partie, mais les gars et les entraîneurs ont cru en moi », a raconté Stanback mardi après-midi.

 

Pour l’instant, le succès sied à ravir au diamant des Alouettes. C’est comme si cette validation de son talent l’avait autorisé à se révéler davantage aux médias. Il s’éloigne de plus en plus des clichés et on découvre un jeune homme enthousiaste, ambitieux d’une belle manière et fort pertinent. On l’a invité à décrire ce qu’il a perçu sur son plus beau jeu du match et sa description n’a pas été décevante.

 

Jamais 2 sans 3!

« Je me souviens d’avoir vu mon adversaire s’approcher et, par son positionnement, j’avais déduit qu’il tenterait de foncer sur mes jambes. C’est là que j’ai décidé de sauter, mais je n’ai pas atteint la hauteur que je souhaitais. J’ai ensuite aperçu l’un de ses coéquipiers et j’étais persuadé qu’il voudrait me pousser à l’extérieur du terrain donc je me suis dépêché à plonger vers la zone des buts. C’est devenu un jeu phénoménal, mais je ne l’avais pas anticipé ainsi, j’ai simplement essayé de marquer », a-t-il exposé avec une joie difficile à camoufler.

 

Stanback était bien au fait qu’il venait d’associer son nom à celui de Pringle et ça le rendait encore plus heureux que d’avoir été choisi au sein des étoiles de la semaine dans la LCF.

 

« C’était tellement plaisant. Je n’avais pas entendu l’annonce au micro parce que j’étais trop concentré sur les jeux à exécuter. Mais j’ai un immense respect pour Mike Pringle et l’impact qu’il a eu à Montréal. Je voudrais continuer à remplir les souliers qu’il a pu laisser ici », a imagé de belle façon celui qui était heureux d’avoir bien dosé le rythme de ses courses avec le travail de sa ligne offensive.  

 

Dans le cas de Pringle, il n’était pas aussi sympathique, mais il était un véritable cheval de travail. Des remises, il en voulait toujours plus. Stanback sort du même moule à ce chapitre.

 

« Oh oui, je peux faire ça chaque semaine. Si vous avez besoin que je fasse 30 courses par match, je suis en mesure de le faire. Je suis prêt pour ce que les entraîneurs souhaitent », a assuré l’auteur de 22 courses pour 203 verges (moyenne de 9,23 verges).  

 

« Je n’étais pas trop crevé (après la rencontre) parce que je me prépare pour ces matchs semaine après semaine. Bien sûr, je ne m’attendais pas à obtenir autant de verges, mais je suis reconnaissant », a noté Stanback qui compose même avec une petite blessure.

 

Sans l’ombre d’un doute, le Rouge et Noir d’Ottawa a axé sa préparation sur le numéro 31 des Oiseaux. Disons que les joueurs défensifs vont l’attendre dans le détour.

 

« C’est certain. Il faut continuer d’établir le jeu par la course, mais la priorité demeure de pouvoir compléter des passes. Je sais trop bien qu’ils vont nous attendre par la course et on se prépare pour cela. Quand on devra effectuer des passes, il faudra s’assurer que ça fonctionne », a souhaité Stanback.

 

Logiquement, les Alouettes devraient avoir besoin d’un autre héros offensif pour l’emporter à Ottawa.

 

« C’est une bonne chose quand la course fonctionne, ça force nos adversaires à devoir la stopper et ça se fait en utilisant plus de joueurs près du front défensif. Ce sera à nous de gagner les confrontations par la passe ensuite. On doit pouvoir jouer du football diversifié. Si j’étais à leur place, je tenterais de freiner Stanback et ça reviendra à d’autres joueurs de s’imposer », a réagi l’entraîneur Khari Jones.

 

Le retour inespéré de Chris Ackie

 

C’était presque que trop beau pour être vrai que le secondeur Chris Ackie soit encore disponible après la quatrième semaine du calendrier de la LCF. Le directeur général Kavis Reed a accepté de sacrifier quelques éléments pour le rapatrier dans le nid.

 

« J’attendais quelques opportunités du côté de la NFL, mais à force d’attendre, je me suis dit que je ne voulais plus patienter. J’avais une belle offre des Alouettes sur la table et j’aurais été stupide de ne pas revenir avec l’organisation qui m’a repêché », a expliqué le secondeur au terme de son premier entraînement.

 

« On sait comment le milieu du sport professionnel fonctionne, j’aurais aimé être ici depuis le départ, mais ça appartient au passé et je suis prêt à travailler. Je trouve qu’on a une bonne équipe, j’ai regardé les matchs depuis le début de la saison. L’équipe semble avoir bien progressé durant la saison morte. J’ai hâte de contribuer à la cause », a ajouté le Canadien de 27 ans qui affirme ne pas avoir dû effectuer trop de concessions monétaires.

 

« Chris Ackie nous donne beaucoup de flexibilité »

« L’entente est juste et je n’ai pas à me plaindre », a-t-il jugé.  

 

Même si c’était sa journée de retour à Montréal, Ackie était déjà employé avec les partants. Tout indique que les entraîneurs veulent miser sur lui dès samedi à Ottawa.

 

« C’est un système très différent de la saison précédente, c’est ce que je constate. Le système de Coach Stubler n’était vraiment pas le même. Mais, dès que ça s’est confirmé, Henoc s’est assis avec moi pendant des heures et on a refait le tour de plusieurs jeux. J’ai quitté les bureaux très tard donc j’ai l’impression de me bien replonger dans l’action. Je crois que je serai correct pour samedi », a maintenu le numéro 21.  

 

Au niveau du conditionnement, il sonne nullement inquiet.

 

« Je n’étais pas juste à la maison à ne rien faire. Je m’entraînais tous les jours, je vais être correct », a répliqué Ackie en riant.

 

Son entraîneur-chef était autant sinon plus heureux du dénouement.

 

« C’est vraiment la chance de pouvoir ramener un bon, très bon joueur. Il a présenté de l’excellent football pour nous la saison dernière. Je crois qu’il menait le club pour les plaqués quand il a été échangé (à Ottawa). C’est un athlète qui sait comment accomplir des jeux. Quand tu peux ajouter un athlète de sa trempe qui est Canadien en plus, c’est une très bonne chose. Ça aide pour la qualité des joueurs et pour le ratio. C’est aussi un très bon coéquipier dans le vestiaire », a spécifié Jones sur celui qui avait amassé 81 plaqués en 13 matchs avec les Alouettes en 2018.

 

Son retour ouvre la porte à la présence d’un trio de secondeurs canadiens – lui, Henoc Muamba et Boseko Lokombo quand il sera guéri – lors de certaines situations.  

 

« Bien sûr, dans certains fronts, on peut le faire. On est tous de bons athlètes et on se connaît. J’ai joué avec Henoc la saison dernière et il me reste à comprendre comment Bo s’exprime sur le terrain », a tranché Ackie à ce sujet.