Ainsi pour une quatrième saison consécutive, les partisans des Alouettes de Montréal n'auront pas le loisir d'encourager leur équipe pendant la ronde éliminatoire.

Au cours des quatre dernières années, les Alouettes ont présenté une fiche globale de 19-50 et depuis deux ans sous l'administration du directeur général Kavis Reed, du président Patrick Boivin et du directeur Andrew Wetenhall, la fiche de l'équipe est de 6-27.

Dans un circuit comme la Ligue canadienne, il s'agit d'une situation vraiment ennuyante et peu souhaitable parce qu'il s’agit d'une ligue où l'on peut renverser la situation assez rapidement. Le fait que les contrats ne soient pas garantis  et que les mouvements de personnel soient nombreux aide généralement à améliorer les choses plus vite. Il existe toujours des manières de renverser la situation, on l'a vu ailleurs.

Je pense que c'est un sommet de médiocrité dans l'histoire des Alouettes de rater les éliminatoires quatre saisons de suite. À partir de maintenant, il y a plusieurs choses qu'il faut analyser de près. Je ne m'attarderai pas à ce qui se passe sur le terrain où l'on constate que l'attaque est anémique avec une défense qui fait ce qu'elle peut. On n'arrive pas à produire des points offensifs dans une ligue où tous les règlements sont faits justement pour favoriser les points.

Je ne sais pas ce qui va se passer durant la saison morte, mais généralement quand une équipe en arrache comme c'est le cas à Montréal, quelqu'un doit payer le prix. Kavis Reed est l'architecte de ce que l'on voit sur le terrain et l'entraîneur Michael Sherman n'a pas connu une grande saison. La question est donc de savoir comment on va procéder. Va-t-on changer quelques instructeurs, l'entraîneur-chef ou tout le personnel? La famille Wetenhall a un examen profond de la situation à faire.

Est-ce que les Wetenhall comprennent ce qui se passe? Reed semble avoir bien vendu sa salade. Les Alouettes pourraient avoir avantage à embaucher des consultants du monde du football qui seront en mesure de « challenger » les décisions football prises ces dernières années. Clairement, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.

Au début, Kavis Reed semblait vendre un bon plan à Wetenhall et à Boivin, mais à la lumière des résultats, force est de constater que ça ne marche pas. Il va falloir être plus critique envers le directeur général qui a eu sa chance depuis décembre 2016.

Faire parler de soi pour les mauvaises raisons encore une fois

Odell Beckham des Giants de New York performe bien sur le terrain, mais il a tenu des commentaires qui tracent un sombre portrait de sa personnalité. Lors d'une entrevue sur les ondes de ESPN, il ne s'est jamais porté à la défense de ses coéquipiers, alors qu'il aurait été dans l'ordre des choses qu'il démontre de meilleures qualités d'esprit d'équipe.

Quand on l'a questionné à savoir si Eli Manning était le problème des Giants en attaque, Beckham a répondu qu'il ne le savait pas. Dans les circonstances, tout bon joueur d'équipe aurait dit que non et il aurait réitéré sa confiance en lui. Ce n'est pas le moment pour le critiquer.

Puis il a été questionné l'effort, l'énergie et  le coeur de son équipe, ce qui n'est pas très avisé de faire. Il s'est mis à questionner également la sélection des jeux, ce qui visait directement les coordonnateurs.

Il a donc essentiellement attaqué tout le monde. Quand il a constaté l'ampleur de ses propos sur la place publique, il a cru bon s'adresser à son équipe. Il a expliqué qu'il avait des choses sur le coeur depuis longtemps et que c'est comme ça que les choses sont sorties en précisant que les gens aiment quand c'est authentique.

À mes yeux, Odell Beckham est une mauvaise personne. Il est égoïste et narcissique. Je suis convaincu que dans le vestiaire, il n'y a pas grand monde qui l'aime. C'est un être centré sur lui-même qui ne comprend pas le concept d'équipe et la seule raison pour laquelle les entraîneurs et ses coéquipiers le tolèrent, c'est parce qu'il a un talent surnaturel comme receveur de passes. On s'arrange pour se plier à ses humeurs parce qu'il aide son équipe à gagner.

Zizanie chez les Broncos

À Denver, on commence à sentir un vent de panique chez les Broncos. Ils ont été battus de façon convaincante par les Jets de New York en accordant notamment 323 verges au sol.

Derek Wolfe est un joueur qui n'a généralement pas peur de ses opinions. Cette semaine, il a déclaré que son équipe faisait les efforts et que tout le monde travaillait fort sans que les résultats soient au rendez-vous. Il a expliqué que c'était la même chose chaque semaine. On sentait sa frustration et ses critiques envers la direction de l'équipe.

De son côté, l'entraîneur Vance Joseph a déclaré pour sa part qu'il comprenait la frustration de son joueur, qui est un bon compétiteur. Au-delà de ces déclarations, on sent qu'il y a quelque chose qui se passe chez les Broncos. Il y a passablement de talent, mais ça ne fonctionne pas. Il y a de beaux ingrédients qu'on n'arrive pas à mettre ensemble pour avoir du succès.

L'unité défensive qui devait être une force est une faiblesse.  Le quart Case Keenum, une grosse acquisition sur le marché des joueurs autonomes, est une grosse déception. Ça ne s'annonce pas plus facile cette semaine contre les Rams de Los Angeles. Je pense qu'on se trouve dans une situation où Vance Joseph  pourrait être le premier entraîneur à perdre son poste cette saison.

Manque de veine à Philly

Les Eagles de Philadelphie ne sont pas très chanceux. Les choses ne tournent pas pour eux, les champions en titre du Super Bowl.

On se demandait si l'équipe allait pouvoir revenir en force cette saison et remporter de nouveau les grands honneurs. Force est de constater que les choses ne vont pas du tout pour eux avec un dossier de 2-3.

On voit que la domination défensive n'est pas aussi forte que l'an dernier malgré les acquisitions de Michael Bennett, qui devait ajouter à un front défensif qui était déjà très fort. Le retour de Jordan Hicks, le meilleur secondeur de ligne, aurait dû aider à freiner les équipes adverses.

Je trouve la situation inquiétante d'autant plus qu'on vient de perdre les services de l'excellent porteur de ballon Jay Ajayi pour le reste de la saison.

Le quart Carson Wentz demeure un très bon de sa profession. La seule raison qui fait en sorte que les Eagles sont encore dans le coup est qu'ils évoluent dans une division assez faible. Il n'y a personne qui se sauve dans la section.

Il n'y a personne qui a gagné le titre de l'Est de la Nationale deux années de suite depuis ces mêmes Eagles en 2003 et 2004. Ça commence à faire longtemps.

Le match de l'année?

La prochaine semaine d'activités pourrait être le théâtre du match de l'année dans la NFL alors que les Chiefs de Kansas City et les Patriots de la Nouvelle-Angleterre vont croiser le fer. Ce sont donc les deux puissances de l'Américaine qui vont se rencontrer.

On assistera peut-être à un prélude de la finale d'association?

Malgré le fait que les Chiefs n'ont aucune défaite et que les Pats en ont deux, cette rencontre pourrait quand même avoir une incidence sur le classement final pour déterminer où sera disputée la finale d'association en janvier.

C'est aussi le type de match qui peut laisser des traces pour les affrontements à venir entre les deux clubs. L'an dernier, Chiefs et Pats s'étaient affrontés lors de la première semaine. Kansas City l'avait emporté au compte de 42-27 à Foxborough et je m'attends encore une fois à une partie à haut pointage, car les deux attaques ont trouvé leur rythme. Les Chiefs depuis le début de la saison alors que la Nouvelle-Angleterre a trouvé sa vitesse de croisière depuis le retour de Julian Edelman et Sony Michel commence à bien jouer comme porteur de ballon.

Les deux attaques fonctionnent bien alors qu'il y a encore des points d'interrogation en défense. Ça va être excitant à regarder.

*propos recueillis par Robert Latendresse