Je me promène, je regarde dans tous les sens et il y a ce je ne sais quoi de différent.

 Dans l’air, je perçois des vibrations inhabituelles.

 C’est toujours comme ça pour le dernier souper. Mon rythme cardiaque m’interpelle. Il m’avise que je vivrai le moment, celui que j’attends. Malgré les années, les sensations demeurent. La fébrilité m’englobe et j’oublie tout, le passé, le présent, l’avenir.

 À chaque fois, je me retrouve dans ce nuage qui me guide vers je ne sais où.

 Et ces moments, je ne suis jamais assez préparé pour les contrôler. Ils viennent me déjouer, pénétrer habilement dans mes pensées et me hisser vers un sommet que seule cette séquence arrive à me procurer.

 La gorge asséchée, je m’assois et regarde le vide en m’interrogeant. Il serait pourtant si facile de baisser les bras, de cesser de m’imposer ce stress que je crois inutile sur le moment mais qui viendra activer mes neurones pour m’inviter à valser dans un endroit où je retrouverai des gens heureux comme moi.

 

Alors, je tente de me changer les idées...

 

Continuellement, les mêmes tourments m’invitent à me pencher sur la nature de ce choix que j’ai pourtant répété sans cesse.

 Je ne comprends pas. Je me lève la tête, les deux mains de chaque côté et je virevolte dans mes pensées.

 Si puissant mais à la fois tellement fragile que le moindre détail viendra contrecarrer mes plans et remettre tout en question.

 Ce dernier souper s’impose mais je n’affiche pas toujours présent. Les interrogations m’envahissent à chaque fois. Elles m’imposent un cheminement exceptionnel qui prendra toute sa signification le lendemain matin.

 

.... pour chasser cette nervosité !

 

Malgré toutes ces inquiétudes, j’en redemande comme si je pouvais me permettre de défier la vie, comme si je me donnais le droit de surpasser mes limites, mes frontières qui bâtissent mon existence depuis ma tendre enfance.

 Ce changement d’attitude me permet de grandir, de m’améliorer, de m’asseoir sur les bases fondamentales de la vie. 

Alors, ce dernier souper devient une nécessité, un indispensable que je n’aurai finalement jamais compris la vraie signification. Le simple fait de m’y arrêter pour faire le point me fournit l’élan nécessaire afin de les savourer dans les jours qui suivront.

 Perdu dans mes pensées, je me transforme graduellement et je me prépare à vaincre mes démons, mes moments sombres, mes inquiétudes et sans réellement comprendre ce qui se passe, je m’adapte.

 Après la dernière bouchée, je me demande encore pourquoi ? Alors, il ne me reste que quelques heures pour obtenir la réponse.