Peut-être que je l’ai déjà écrit. Je déteste m’entraîner en fin de journée. Je me considère comme un adepte matinal. Je me sens dans une meilleure condition physique et morale le matin. Tranche de vie.

 Quand j’arrive du travail en fin d’après-midi et que je dois enfiler mon déguisement de coureur, je m’empresse de le faire, tellement la peur de changer d’idée m’envahit.

 Comportement étonnant vous direz pour un type qui adore courir comme moi et qui ressent le besoin de recevoir sa dose régulière d’endorphine. Or, je ne vous fais pas des blagues. C’est vraiment la situation que je vis.

 D’autant plus qu’à l’automne, avec la venue de la noirceur plus tôt dans la journée, mon attitude est affectée. Je quitte la maison en pleine clarté et je termine dans la noirceur totale.

 

Il est où le bonheur......

 

Mais, il faut que je vous raconte une anecdote, car même dans des moments où l’on croit qu’on  ressentira moins de plaisir, survient une séquence qui fait sourire, qui ajoute une dose de bonheur dans la vie. Je suis observateur et en mesure de décoder des messages.

 Un incident qui peut paraître banal pour plusieurs mais qui à mes yeux, s’avère des plus significatifs.

 Ceux et celles qui me connaissent personnellement me surnomment amicalement Médaille. Pourquoi Médaille ? C’est bien simple. Je n’ai jamais blasphémé dans la vie et au lieu d’en lancer un dans diverses situations, j’ai choisi depuis toujours de dire le mot Médaille. L’origine de ce choix est nébuleux pour moi tellement je le prononce depuis très longtemps. J’ai sûrement dû entendre ce patois chez une autre personne et j’ai décidé de l’adopter.

 Alors, pour revenir à nos moutons, j’allais terminer mon entraînement de dix kilomètres cette journée-là. Il ne me restait que quelques mètres avant d’arriver à la maison. En passant devant la résidence d’un ami à l’une de mes filles qui est également un adepte des marathons, ses trois jeunes enfants jouaient dans la neige devant la façade. Il faisait déjà noir. J’apercevais à peine leurs silhouettes.

 Soudainement, j’entends : Salut Médaille !  Assurément, ces paroles provenaient du plus vieux qui doit être âgé de 7-8 ans. Honnêtement, j’ai figé et j’ai répliqué avec une phrase que je lance habituellement à des adultes qui me saluent ainsi : Allô, ça va bien ?

 

.....il est là !

 

Je vais vous avouer que j’ai terminé cet entraînement avec le sourire car je venais de vivre un moment particulier en 2018. J’essayais de comprendre les circonstances qui ont provoqué une telle réaction de la part de cet enfant et j’ai réalisé que je me devais de transposer ce geste à mon for intérieur et de l’utiliser comme étant l’une des belles séquences que la vie peut nous procurer de façon inattendue.

 Ce jeune ne réalisera jamais l’impact qu’il a eu sur moi avec deux simples petits mots lancés tout bonnement, simplement pour me signifier qu’il m’avait reconnu, heureux de me le faire savoir.

 À mes yeux, la portée d’un tel comportement se veut très significative, davantage que celles que l’on accueille parfois d’un adulte et qui ne proviennent pas nécessairement du cœur mais bien d’un mode de politesse.

 La preuve que l’on ne doit jamais sous estimer l’influence d’un commentaire et que même dans la pénombre, des surprises peuvent surgir à tout moment. Et par surcroît, en pleine période des Fêtes, disons que ça fait réfléchir davantage.