Jeudi 27 juillet 2017. J'étais à la Cage aux sports de Trois-Rivières. Moi et mon père regardions le match des Alouettes, affrontant les Blue Bombers de Winnipeg. Le début de la saison n'était pas aussi parfait que nous l'espérions, mais après une défaite crève-cœur contre le Rouge et Noir et surtout une victoire inattendue contre les Stampeders, nous étions en droit de rêver à une victoire. Tout allait bien. Et pour cause. Comment une équipe pourrait combler un aussi grand écart de points avec aussi peu de temps à faire....

 

...Les Blue Bombers l'ont fait.

 

Cette défaite plus qu'amer contre Winnipeg, devant leurs partisans, a été le point tournant de la saison 2017 pour nos Alouettes. Les progrès des dernières semaines ont été effacés, l'enthousiasme est retombé, et une seule autre victoire allait être inscrite à la triste fiche de 3-15.  La saison 2017, que plusieurs espéraient être l'occasion de tourner la page sur les déceptions qu'ont été 2015 et 2016, s'est révélée en réalité être la pire de la disette des Alouettes cette décennie.

 

Miroir miroir

 

Ça fait un peu passé date de parler de la saison 2019 de la Ligue canadienne de football (LCF) à ce moment de l'année. Vous avez raison. J'ai malheureusement découvert les vertus du grand club rds trop tard. Avec les événements reliés à la pandémie de COVID-19, nous avons l'impression que les plus récents souvenirs sportifs font déjà parties de la nostalgie, alors même que nous nous demandons si nous aurons notre football (et d'autres sports) cette année. Je voulais initialement parler de la saison morte dans la LCF, mais avec le repêchage toujours prévu, j'estime qu'on peut patienter un peu.

 

Lorsque les Blue Bombers se sont amenés à Montréal le 21 septembre dernier, nous (moi en tout cas) n'avions pas une grande confiance quant aux chances des Alouettes de l'emporter. Certes Matt Nichols était blessé, mais le porteur de ballon Andrew Harris effectuait son grand retour. Les Alouettes avaient certes remporté des parties spectaculaires contre Hamilton et Calgary, mais les victoires serrées contre Toronto et la Colombie-Britannique, en bas de classement, avaient été moins convaincantes. La défensive de Bob Slowik avait de plus en plus de misère. <<Pas cette fois>>  qu'on disait. Les trois premiers quarts nous donnaient raison.

 

Traînant de la patte 17-34 à la mi-temps, la défensive montréalaise a réussi à limiter Winnipeg à trois points lors de la seconde demie. C'est bien, mais il fallait quand même combler l'écart. Impossible? En effet les probabilités d'effectuer une telle remontée semblaient nulles ou presque.  Nous avions vu d'autres remontées cette saison, et pas juste chez les Alouettes, mais cette fois la montagne semblait trop importante.

 

Les hommes de Khari Jones avaient un autre avis. Pas moins de 21 points ont été marqués par l'attaque pilotée par Vernon Adams Jr. Son interception en fin de partie semblait avoir scellé le destin du match, mais une occasion de résoudre une ancienne rancœur n'allait pas se reproduire de si tôt. Jeux contestés et attrapés spectaculaires sont au menu. Finalement, les Alouettes remportent la victoire comme ils nous ont habitué cette saison: à la dernière minute.

 

2017 a été vengé 

 

En 2017, Montréal avait mené pendant la majorité du match, pour finalement se faire coiffer à la toute fin, à la grande joie des partisans de Winnipeg. En 2019,  Winnipeg avait mené pendant la majorité du match, pour finalement se faire coiffer à la toute fin, à la grande joie des partisans de Montréal. Les Blue Bombers ont goûté à leur propre médecine, avec un retard de deux ans. Pour les fans que nous sommes, cela représente autant un soulagement qu'une douce sensation que justice a été rendue.

 

Le destin s'est avéré néanmoins différent. Si les Alouettes n'ont jamais pu digérer leur défaite de 2017, les Blue Bombers ont pu se ressaisir, se frayer un chemin dans la division Ouest et remporter la Coupe Grey 2019, à la grande joie de leurs fans. 

 

Cela reste un moment phare de la saison 2019 des Alouettes. Au cours de l'année, l'équipe montréalaise a démontré qu'elle jouait avec cœur. Aucun retard n'était définitif. Aucune montagne trop grande pour être surmontée. Lorsque l'adversité se présentait, les Moineaux répondaient présents et l'affrontait avec panache. Cette partie (qui a d'ailleurs été nommée la meilleure de l'année par la LCF) catalyse ce qu'il y a eu de beau cette saison: courage, résilience, humilité, détermination, conviction.