Et vlan ! Ni vue, ni connue et elle gagne le marathon de Montréal, rien de moins ! Le plus cocasse dans toute cette histoire, c’est qu’il s’agissait de son premier 42km à vie. Tu parles d’une Bobinette !

 Élancée, athlétique, dotée d’une solide personnalité, Arianne Raby nous a tous impressionnés.  Sachez toutefois qu’elle jouit d’un gros bagage athlétique….malgré ses 27 ans !

 Munie d’une bourse, elle a étudié durant cinq ans à Bloomington dans l’Indiana, de 2009 à 2014 pour devenir kinésiologue. « Je ne parlais pas l’anglais et là-bas, l’accent est de style fermier, difficile à percevoir. » Que cela ne tienne, acharnée, elle a traversé cette étape. Alors, vous comprenez que les défis….

 Après une pause, retour aux études en 2015 pour accéder à une maîtrise et devenir coach en course à pied. Alors, il fallait bien attirer l’attention et quel merveilleux moyen que de gagner le marathon de Montréal. Vous avez tout compris.

 

Une autre grande et belle surprise, sa victoire au demi-marathon d'Ottawa.

 

« Aux États-Unis, je courais les 800 mètres. Je suis revenue au Québec blessée, fracture de stress et avec la moue. Je n’aimais plus courir, trop de compétitions dans le corps. J’ai donc pris une pause de trois mois. J’ai commencé à travailler. J’inspirais les clients mais ils me le remettaient sans peut-être s’en apercevoir », explique l’athlète de Repentigny.

 Ce qui devait arriver, arriva. Elle a diminué ses heures au travail. « Il me faut un objectif pour courir. Tu sais, je détiens un cheminement semblable à celui de ma mère. Longtemps, j’ai joué au soccer. Un jour, elle m’a dit : Pourquoi tu ne pratiquerais pas un sport pour toi-même ? »

 Arianne a toujours gagné. Imaginez, elle dit souffrir d’un problème d’attention, non diagnostiqué. L’idée d’être dirigée par un coach l’a convaincue. Durant l’hiver, elle a communiqué avec Claude David, responsable du circuit Endurance. Maintenant, elle ne jure que par lui.

 

Source: Facebook Arianne Raby

 Elle a surpris tout le monde en gagnant le marathon de Montréal.

 

Ils s’étaient fixés trois objectifs : Gagner le 21km du Lac Brome où elle a terminé 2e, gagner une course thématique, une autre 2e place puis courir un 10km sous les 37 minutes, elle a obtenu 36 :38. Suite à ces résultats, la machine a démarré. Arianne travaillait trop. Elle a décidé de quitter son emploi mais de  continuer à faire du bénévolat….et de s’occuper de son chum ! Elle travaille maintenant de façon autonome et son horaire est adapté à son entraînement.

 Ainsi, en février 2016, elle a mérité la première position lors du championnat national au centre Claude-Robillard, établi un nouveau record pour le 10km à ville Saint-Laurent avec 36 :06, terminé 2e au championnat provincial sur route à Victoriaville et finalement, victoire au demi-marathon d’Ottawa en mai avec 1h18 :02 et cela sans recevoir de podium ! En effet, personne ne s’attendait à ce qu’elle finisse aussi rapidement ! Particulier, n’est-ce pas ? « Ils ne m’ont jamais vu venir. Ça faisait longtemps qu’une femme n’avait pas performé de la sorte ». Elle croit même qu’elle aurait pu faire davantage à cause d’un manque d’expérience.

 Puis en juin, au championnat national à Guelph en Ontario, après un périple de six heures, une course prévue à 21h30, des souliers neufs et entourée d’athlètes olympiques, elle a atteint son standard d’élite au Québec avec un temps de 35 :16. Par conséquent, elle pourrait obtenir une bourse de la Fédération d’athlétisme si elle est choisie lors d’un tirage.

 

Arianne dominera au cours des prochaines années.

 

Suite à toutes ces performances, Arianne s’est retrouvée avec des antibiotiques pour un sérieux virus à la gorge. Après sa guérison, elle a voulu s’inscrire au marathon de Montréal !

 En mode préparation, elle a traversé des distances qu’elle n’avait jamais explorées. « Ma mère m’accompagnait parfois lors de mes longues sorties et elle me faisait vraiment la vie dure. Je trouvais ça très long. »

 Arianne avait même prédit à certaines personnes qu’elle allait gagner le marathon de Montréal !

 « J’ai paniqué à quelques heures du départ. John (son copain) m’a rassuré. Adepte de  sports de combat, il me confiait qu’il ressentait cette même nervosité avant ses affrontements et que lui, il s’en allait pour essuyer des coups. Tout s’est déroulé à la perfection. » Avec un temps de 2h48, on imagine.

 Source: Facebook Arianne Raby

La suprématie...avec le sourire !

 

Vas-tu défendre ton titre l’an prochain ? Elle me regarde en souriant. « Je ne pourrai pas car c’est la journée de mon mariage ! Nous avions tout réservé avant le marathon ! Mais je vais en courir un autre. »

 D’origine française, son père possède une industrie de bijoux. On imagine que John n’a pas cherché trop longtemps pour trouver les bagues de fiançailles et de mariage ?

 Arianne déborde de talent. Elle traversera ses meilleures années dans la course à pied d’ici quatre à cinq ans. Elle voudrait décrocher le record québécois et pourquoi pas une place aux Olympiques ! Actuellement 8e au Canada, convaincue qu’elle pourrait être encore plus rapide, elle va continuer à s’améliorer.

 Inspirée, elle compte bien profiter de sa chance pour tirer profit de son talent au maximum. « Si je conserve l’équilibre, j’y parviendrai, j’en suis persuadée. »

 Une étoile est née pour les prochaines années au Québec.