Après avoir solennellement déclaré que le statu quo était inacceptable, le DG du CH a encore prouvé qu'il était incapable d'apporter les changements nécessaires. De fait, il accumule depuis deux ans un lot de décisions discutables qui sont en voie d'empêtrer l'organisation dans les bas-fonds de la ligue. Le fait que Tavares n'ait même pas daigner entendre une offre de la part du CH démontre à quel point l'organisation a perdu de la crédibilité.

Déjà l'été dernier,  les départs non-remplacés de Markov et Radulov démontraient un manque de jugement assez spectaculaire de la part du DG. Les signatures d'Alzner, Streit, Hemsky sentaient l'improvisation et seul Bergevin avait l'air de croire à sa propre propagande ("la défensive est meilleure"). Cet été l'incapacité de retourner les choses est pénible à voir.

Il est facile de critiquer un aspect ou un autre de l'oeuvre d'un DG que ce soit un mauvais échange ou une mauvaise signature, il y en aura toujours. Dans le cas de Bergevin, plusieurs tendances lourdes  devraient inquiéter:

1. Incapacité à combler les lacunes les plus criantes. Bergevin a été incapable de compléter un échange ou de faire une signature significative pour combler les trous béants au centre et plus récemment pour un défenseur gaucher.  Au contraire, il accumule des ailiers de troisième trios. On a beau dire que les centres ne poussent pas dans les arbres, d'autres DG se tirent pas mal d'affaire.

2. Un style de gestion (attitude?) qui diminue la valeur de ses joueurs.  On pensera ici à Galchenyuk,  à Subban ou encore à Paccioretti. Voilà des joueurs qu'on échange à rabais après avoir soigneusement communiqué qu'ils n'étaient pas de niveau. Le DG parle de problèmes d'attitude, mais omet le sien qui de toute évidence a joué un rôle dans les départs de Radulov et de Markov; deux joueurs qui ne manquaient pourtant pas "d'attitude". Dans le cas du dossier Paccioretti, Bergevin a créé un situation intenable pour tout le monde. Tant qu'il sera là, il sera probablement impossible de voir Paccioretti signer et rester à Montréal, plus probable de le voir partir (à rabais) sous d'autres cieux.

3. Mauvaise évaluation du talent. Il y a les échanges qu'on fait et ceux qu'on ne fait pas. Si les rumeurs sont à moitié vraies sur ce que Bergevin aurait pu avoir pour Subban par exemple (des packages incluant Draitsalt à Edmonton, Boeser et Tanev à Vancouver, etc.), on se demande comment l'organisation a pu passer à côté de la trac... On ne parlera pas ici de la période de sécheresse au niveau du repêchage et des problèmes de l'organisation à développer le peu de talent qu'elle recrute.

4. Mauvais contrats. Certaines signatures s'expliquent difficilement. Price à 10.5 million $ pour huit ans, alors que le meilleur contrat pour un gardien était de loin celui de Lundkvist à 8.5 million $. Pour un gardien qui n'a jamais rien gagné en série et qui attrape des malaises à cause d'un pois sous son matelas, assez généreux merci (annoncer ce contrat alors qu'on essaie de signer Radulov et Markov à rabais n'était pas l'idée du siècle non plus). Le contrat donné à Julien (5 ans à 5 millions) alors qu'on aurait pu attendre que le gars fasse ses preuves un peu était aussi assez forte de café. 

De toute évidence, Bergevin bien qu'il est l'air d'un très bon gars, n'est visiblement pas à la hauteur pour faire amener le CH à un autre niveau. Six ans, c'est bien assez: l'équipe peut difficilement attendre qu'il fasse encore ses classes. À ce stade son départ serait une bouffée d'air frais pour l'équipe et les fans.