Depuis la fondation de la LNH, des dizaines de joueurs ont réussi à déconcentrer leurs adversaires grâce à des méthodes controversées. Et Brad Marchand appartient à cette catégorie de joueurs. D’Eddie Shore à Sean Avery, en passant par Claude Lemieux, l’histoire de la LNH est remplie d’exemples de joueurs qui ont tout fait pour arriver à leurs fins. Pour ces joueurs, il semble n’y avoir aucune limite. La mission est de déranger l’adversaire, et la fin justifie les moyens.

 

Vous vous souvenez du film Le Bon, la Brute et le Truand? Le titre de ce classique de 1966 de Sergio Leone est plus révélateur que vous pouvez l’imaginer dans le présent dossier. Car chacun de ces joueurs possèdent ce qu’il faut pour être bon, brute et truand sur la glace. Et on ne parle pas nécessairement de bagarreur, mais bien de joueurs dérangeants qui peuvent être productif en attaque. Il faut prendre en considération les coups salauds, le langage abusif, les mises en échec illégales, la rudesse le long des rampes, les gants au visage et surtout tout ce qui se passe après le sifflet de l’arbitre. Ils peuvent aussi préparer et marquer des buts. Je vous rappelle que malgré ses agissements, Brad Marchand a récolté 100 points cette saison.

LES INCONTOURNABLES...CLAUDE LEMIEUX, KEN LINSEMAN

Claude Lemieux a débuté sa carrière avec le Canadien. Il faisait ce qu’il fallait pour gagner. Il a fait la même chose au New Jersey, puis au Colorado. Il a souvent simulé des blessures pour influencer les arbitres. Il parlait constamment à ses adversaires. Et dans bien des cas, il n’était nullement question d’invitation aux restaurants! Il utilisait aussi son bâton, et n’hésitait pas à frapper par derrière ses adversaires. Dans certaines situations, les résultats ont été dramatiques. Vous vous souvenez de sa charge sur Kris Draper dans les séries de 1996? Le joueur des Red Wings a passé plusieurs semaines à se nourrir à l’aide d’une paille suite au geste de Lemieux.

Ken LinsemanSource: Fleer company
Légende: Ken Linseman

Le vieux dicton «Un visage que seule une mère peut aimer» s’applique à merveille à Ken Linseman. A-t-on besoin dans dire plus long sur un joueur qui a pour surnom le rat?! Repêché par les Flyers (7e au total en 1978), il a été membre de cette «seconde cuvée» des Broad Street Bullies (Paul Holmgren, Behn Wilson, etc.). Il était un spécialiste pour mettre le feu aux poudres, pour ensuite se cacher derrière ses coéquipiers. Linseman a même mordu le défenseur des Oilers, Lee Fogolin , lors d’un combat en 1984.

LES MENTIONS HONNORABLE...SEAN AVERY, DALE HUNTER

Accusé de tous les maux de la Terre, Sean Avery est probablement coupable d’une bonne partie des accusations qui pèsent sur lui! Toutes sortes de rumeurs sur de présumées insultes envers des francophones ont longtemps circulées. On se souvient aussi de ces agissements pour voiler la vue de Martin Brodeur. Et il ne se gênait jamais pour y aller de coup vicieux, et de gestes grotesques.

Sean AverySource: Getty Images
Légende: Sean Avery

Dale Hunter a été le souffre-douleur des amateurs du Canadien lors de la rivalité Montréal-Québec. Il était difficile de demeurer insensible aux agissements du joueur de centre. Il était une véritable peste sur patin. Les réseaux de télévisions n’avaient qu’à faire un gros plan de Hunter à l’écran pour faire grimacer instantanément les amateurs du CH. Et personne n’a oublié son but en prolongation qui éliminait le Canadien au printemps de 1982. Il est aussi le seul joueur dans l’histoire de la LNH à avoir passé plus de 3000 minutes au cachot, tout en amassant plus de 1000 points.

LE PERSONNEL DE SOUTIEN...TED LINDSAY, DAVE «TIGER» WILLIAMS...

TED LINDSAY...Il portrait bien son surnom. «Terrible Ted» était le Brad Marchand des années 50. Il a réussi à déconcentrer Maurice Richard à plusieurs occasions.

BOBBY CLARKE...Le capitaine des Flyers pouvait frapper; et pas toujours légalement. Il était aussi très habile avec son bâton, et pas uniquement pour déjouer les gardiens adverses. Et que dire du langage!

Bobby ClarkeSource: Steve Babineau/Getty Images
Légende: Bobby Clarke

DAVE «TIGER» WILLIAMS...Il pouvait s’en prendre aux joueurs adverses, à l’entraîneur-chef, aux préposés à l’équipement et aux spectateurs! Il parlait beaucoup, et le banc des punitions était sa résidence secondaire (3 966 minutes).

ULF SAMUELSSON...Ses batailles avec Cam Neely sont passées à l’histoire. Il a à maintes reprises sorti le genou pour envoyer à l’hôpital Ron Sutter, Brian Bellows, Brian Skrudland et bien d’autres.

BRYAN MARCHMENT...Tout comme Samuelson, l’ancien défenseur des Hawks de Chicago sortait le genou pour éliminer l’opposition adverse. Il a été suspendu 13 fois au cours d’une période de 12 ans.

MATT COOK...Évoluant notamment pour les Canucks et les Penguins, Cook a été suspendu quatre fois pour des coups à la tête. Sa mise en échec sur Marc Savard a mis fin à la carrière de ce dernier.

DARCY TUCKER...Il a été à son meilleur lors de la rivalité Leafs-Sénateurs au début des années 2000. Il était constamment aux trousses de Daniel Alfredsson. Un agitateur de première!

Darcy TuckerSource: Adrian Wyld/Presse Canadienne
Légende: Darcy Tucker

ET VOUS?

Quels sont les joueurs qui devraient, selon vous, se retrouver dans cette catégorie? Il y en a des dizaines d’autres. Il y a notamment Tie Domi, Paul Gillis, Matthew Barnaby, Dave Bolland, Pat Verbeek, Dino Ciccarelli et Theoren Fleury. Pour revenir à Brad Marchand, pour des milliers d’amateurs il est une brute et un truand. Mais ses résultats offensifs font de lui un bon joueur, tout comme les joueurs mentionnés plus hauts. Sergio Leone avait donc raison...Le Bon, la brute et le truand.