Sans être paranoïaque, disons que je suis du genre à mettre régulièrement de l’avant la prévention. Je suis toujours impressionné par ce que je vois défiler sur les réseaux sociaux. Certains adeptes de la course à pied réussissent à nous en mettre plein la vue par des prouesses qui parfois me poussent à m’interroger.

 Certes qu’au moment de la publication, tout va bien, c’est le plaisir absolu et l’apothéose d’un défi relevé. Mais qu’adviendra-t-il demain, d’ici quelques semaines, d’ici quelques mois, d’ici quelques années ? Auront-ils malheureusement à payer le prix ou au contraire, aucune séquelle ne se pointera le bout du nez ? Et loin de là mon intention de faire mon rabat-joie.

 J’avoue qu’il devient inconfortable de porter un jugement car reconnaissons que chacun y retrouve sa place dans ce genre de mission. Alors, loin de là mon intention d’y aller de recommandations. Je me contente simplement de constater ce qui se déroule devant mes yeux. N’est-ce pas ce que les auteurs désirent après tout ? Attirer l’attention à quelque part ?

 

Pierre Faucher, un excellent coureur, surnommé The Iceman, s'entraîne en short, été comme hiver.

J’ai des amis dans la course à pied que j’admire et qui depuis quelques années, ont pris l’habitude de courir l’hiver en short au Québec ! J’avoue que ça frappe l’imaginaire et en posant ce geste, ils le savent parfaitement bien. Je me suis toujours demandé si éventuellement, ce comportement pouvait devenir dangereux pour leur bien-être à longue échéance. Se retrouveront-ils plus rapidement que d’autres avec des malaises musculaires lorsqu’ils atteindront un âge précaire ?

 Que voulez-vous, c’est dans ma nature de m’inquiéter. Alors, je me suis informé à un expert. Quoi de mieux que de poser la question à un vrai médecin qui pratique la course à pied par surcroît, que j’ai déjà rencontré en entrevue et dont la réputation n’est plus à faire dans ce milieu. Par conséquent, le doc Simon Benoit m’a fourni sa version des faits.

 

J'ai bien aimé les observations du médecin et coureur Simon Benoit en rapport avec ce phénomène.

 

Que penses-tu de ceux qui courent en short durant l’hiver ? Côté santé, est-ce dangereux ?

 Voici la réponse qu’il m’a écrite : « Ce n’est pas dangereux mais c’est une drôle d’idée. C’est certain que les muscles des jambes travaillent fort et donc, dégagent de la chaleur et qu’on a moins froid facilement aux jambes, mais quand même…. Il y a une perte significative de chaleur pour les jambes et si tu « bunk », ça va être plus difficile à rattraper. Ce n’est pas dangereux ».

 

Après la chanson Coton ouaté, peut-être que courir en short l'hiver donnera des idées au groupe Bleu Jeans Bleu pour une prochaine composition !

 

Mes 25 années d’expérience m’incitent à vérifier et surtout à jouer de prudence. J’ai tellement vu d’excellents adeptes de la course à pied signer des prouesses ou des réalisations exceptionnelles et qui aujourd’hui, ont abandonné le milieu pour diverses raisons dont celle de ne plus être en mesure de courir sans souffrir le martyre.

 Je reconnais que ça prend beaucoup de courage, de détermination et un brin de folie pour courir l’hiver en short. À prime abord, c’est illogique. Sont-ils vraiment confortables ? Une personne m’a même dit qu’elle comparait ce geste à une tendance, une mode, courir l’hiver, les jambes poilues et dénudées.

Courir en short l'hiver procure d'excellents clichés à mon bon ami Joan Roch. 

 

Immédiatement, j’ai relié cette constatation à la fameuse toune Coton Ouaté du groupe Bleu Jeans Bleu qui tourne sans cesse depuis quelque temps et qui a été composée suite à la tendance des jeunes qui portaient des chandails en coton ouaté et une tuque alors qu’il faisait 35 Celsius l’été combiné à un taux d’humidité élevé ou l’hiver avec des -20 Celsius.

 Alors, il faudra peut-être surveiller la prochaine chanson de Bleu Jeans Bleu sur les gars qui courent l’hiver en short !

De la couleur pour la course à pied, on a besoin de vous.