Je revoyais Laurent pour la première fois depuis l’entrevue que j’avais réalisée avec lui au marathon du Petit Train du Nord l’automne dernier alors qu’en compagnie de sa mère Julie et son père Christian, il s’affairait comme bénévole à un point de ravitaillement.

 Lorsque je l’ai reconnu, nous sommes arrêtés, Maxim Martin et moi pour croquer le moment sur pellicule. Quelques semaines plus tard, Julie m’écrivait afin de m’informer des intentions de Laurent qui voulait courir un marathon avec moi. Avec plaisir, j’ai accepté en m’empressant de préciser qu’il devra ralentir sa cadence puisque je ne suis pas aussi rapide que lui.

 Elle ajouta que son père se joindrait à nous ce qui me permettrait de conserver un rythme normal dans ma situation. Le marathon de Longueuil convenait parfaitement pour ce rendez-vous.

 

J'étais très heureux de franchir le fil d'arrivée en compagnie du père et de fiston.

 

Quand même une expérience particulière que d’accompagner un jeune de 14 ans (date de naissance: 21 janvier 2004) dans un marathon. D’ailleurs, il lui en restera juste un autre, soit Montréal en septembre car il est déjà inscrit. Pourquoi ? Il vient de joindre le club Les Vainqueurs et son coach lui a expliqué qu’il se devait de gagner de la vitesse à son âge et non pas de l’endurance. De toute façon, cette expérience de participer à des 42km tirait à sa fin puisqu’il a débuté sa poussée de croissance et une telle distance n’est pas trop à conseiller pour un jeune de cet âge.

 Tout se déroulait normalement lorsqu’au 8e kilomètre, Laurent s’est mis à saigner du nez. Impossible de ralentir l’écoulement. Je dois vous préciser que son père est ambulancier. Immédiatement, Christian et Laurent ont demandé de l’aide à des policiers qui ne disposaient d’aucune trousse de secours dans leur véhicule ! Christian m’a dit : « Allez-y, nous allons attendre les ambulanciers et nous vous rejoindrons ».

 Mon ami Patrice Albert, sorti de sa retraite partielle de coureur, affichait présent pour le demi. Je lui ai donc fait la jasette tout le long. Il m’a pris soin de me rassurer pour son épouse Jocelyne, que tout allait bien dans les circonstances d’une lutte contre le cancer. Des informations qui m’ont fait plaisir.

 

Mon ami Patrice Albert nous a accompagnés pour la première portion du marathon, lui qui courait le 21km. Mais où est mon sourire !!!!  Trop concentré peut-être ?

 

Aux alentours du 12e kilomètre, j’entends une voix me crier derrière. Puis, la personne s’approche. Wow ! Une autre belle surprise que la présence du comédien Mario Saint-Amand qui revient de loin. Il s’agissait de son premier marathon depuis sa perte de conscience au terme du marathon du Petit Train du Nord. Il semblait en excellente condition physique. Il a disparu de mon paysage lorsque j’ai dû arrêter pour boire. Je n’ai pas le choix sinon, je m’étouffe si je pose ce geste en courant. Mario a terminé avec un beau 3h50.

 Tout au long du parcours, je voyais Julie qui prenait des photos. Elle m’informait de  la situation de Laurent et Christian qui avaient repris le collier et qui tentaient de me rejoindre. À un certain moment, ils se sont rapprochés à 90 secondes mais lors de la dernière portion, Christian a quelque peu ralenti.

 J’ai avisé Julie que je les attendrais avant de franchir la ligne d’arrivée. Je tenais mordicus à poser ce geste puisque nous avions convenu que nous le courions ensemble. À environ deux cents mètres de l’arrivée, Julie attendait impatiemment. J’ai arrêté pour lui parler pendant quelques minutes. Puis, ils sont apparus et visiblement, Christian avait hâte d’arriver. Fiston, frais comme une rose, aura une fois de plus, admirablement bien passé le test.

 Source: Julie Byrne

Christian et Laurent ont dû courir une bonne partie du marathon ensemble suite à l'incident qui a impliqué Laurent.

 

Justement, mon objectif était de les attendre le plus près de l’arrivée car je ne voulais pas les ralentir. Au 40e kilomètre, un coureur marchait, victime de crampes. J’ai arrêté pour le soutenir, l’encourager. Son moral semblait très bon. Curieusement, pour la 2e fois en carrière et quelques mètres plus loin, j’ai ressenti une crampe dans la cuisse gauche. Brusquement, j’ai arrêté pour me frotter tout en marchant lentement. Heureusement, j’ai repris et tout a disparu.

 Dans le centre-ville de Longueuil, une jeune maman expliquait à son fils les raisons qui poussaient les gens à courir. « Eux, ce matin, ils se sont levés et ont décidé de courir. » Voilà, c’est aussi simple. J’ai trouvé ces propos vraiment agréables à entendre et à la fois tellement vrais.

 

Un p'tit souvenir avant le départ.

 

Il s’agissait de ma 3e présence au marathon de Longueuil et une fois de plus, l’organisation fut à la hauteur.

 Ah oui, il y a cette gentille jeune fille qui agissait comme lapin de 4h15 qui m’a croisé vers la fin. Elle m’a salué pour ajouter par la suite : « Vous savez M. Lequin, les photos sont gratuites ici ».

 Je l’ai trouvé bien drôle !

 

 Statistiques de mon 85e marathon

 

Temps : 4h22 :13

Classement général : 303 sur 387

Classement catégorie d’âge : 13 sur 19

 

PROCHAIN MARATHON:    Laval le dimanche 3 juin.