Les Eskimos d’Edmonton, de la Ligue Canadienne de Football, ne changeront pas le nom de la concession. L’équipe a confirmé le tout le 14 février dernier. Les ligues sportives en Amérique du Nord se penchent depuis quelques années sur des dossiers similaires. Mais il n’y a pas que les noms d’équipes qui chatouillent certaines minorités ethniques. Les faits et gestes des amateurs, tolérés par les dirigeants, sont également remis en question. Est-ce que cela vous dérange?

Mon  podcast

La décision dans le dossier des Eskimos d’Edmonton fait suite à plusieurs rencontres avec des Inuits et des dirigeants communautaires à Iqaluit (Nunavut), Inuvik et Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest) et Ottawa. Les responsables du dossier ont aussi mené un sondage téléphonique auprès des Inuits de partout au Canada afin de connaître leurs opinions.

"Il y avait un éventail de points de vue concernant le nom du club, mais aucun consensus n’a émergé pour soutenir un changement de nom. Le club a donc décidé de conserver son nom", a déclaré dans un communiqué Inuit Tapiriit Kanatami. Représentant plus de 50 000 Inuits à travers le Canada, l’organisme a vu le jour en 1971.

La question avait été soulevée en 2015, lorsque Natan Obed, peu après avoir obtenu la présidence de l’Inuit Tapiriit Kanatami, avait demandé au club de football d’Edmonton de changer de nom.

« Il s’agit de notre droit de déterminer nous-mêmes qui nous sommes selon nos propres termes. Nous ne sommes pas des mascottes ou des emblèmes », avait écrit Obed dans un article publié le 2 décembre 2015, dans Nunatsiaq News, le quotidien d’Iqaluit (Nunavut).

D’autres exemples...

Ce genre de cas ne se limite nullement à la Ligue Canadienne de Football. D’autres ligues professionnelles doivent gérer des dossiers similaires. Et n’oublions pas le sport universitaire.

Dans la NFL, le propriétaire des Redskins de Washington, Daniel Snyder, subit des pressions depuis plusieurs années pour qu’il change le nom de sa concession. Jeffrey Tobin a déjà dit sur le réseau CNN que le nom Redskins est une injure raciale dirigée à l’endroit des Amérindiens. Malgré les énormes critiques, Washington utilise toujours le nom Redskins; employé d’ailleurs depuis 1933. L’équipe était localisée à l’époque à Boston. Les Chiefs de Kansas City doivent également répondre aux critiques.

Amateurs demandant un changements de nom (Redskins) à l'extérieur du Lambeau Field (8 décembre 2019).Source: Megan Hart/WPR
Légende: Amateurs demandant un changements de nom (Redskins) à l'extérieur du Lambeau Field (8 décembre 2019).

Au Baseball Majeur, les Braves d’Atlanta doivent conjuguer avec deux aspects. Dans un premier temps, le nom de l’équipe. Celui-ci fait référence au terme utilisé par les tribus amérindiennes en regard des guerriers qui allaient, jadis, au combat. Et, dans un deuxième temps, il y a le cri de ralliement de l’équipe. Il est question du fameux «Tomahawk Chop». Il est moins utilisé depuis quelques années en raison des pressions extérieures. Mais il demeure une pratique qui fait partie des habitudes des supporteurs de l’équipe. Les Indians de Cleveland doivent, eux aussi, répondre à ceux et celles qui exigent un changement de nom.

C’est la même chose pour l’équipe de football de l’université Florida State dans la NCAA. Le «Tomahawk Chop» demeure une source de controverse. Il y a aussi le cris de guerre, et l'utilisation de la lance enflammée. Celle-ci signifie que la combat est sur le point de débuter. Le rituel est répété avant chaque match. La scène est très spectaculaire. Mais pour les groupes amérindiens, il s'agit d'un  manque de respect de leurs traditions. Concernant le nom de l’équipe, les Seminoles, les communautés amérindiennes de la Floride souhaiteraient voir l’université changer de nom.

Une réalité qu’on ne peut ignorer

Cette tendance aux changements est une nouvelle donnée avec laquelle les clubs professionnels et les universités doivent vivre. Depuis une trentaine d’années, c’est la réalité qui frappe, plus que jamais, ces équipes. Depuis le début du 21e siècle, absolument tout est matière à remise en question. Les noms d’équipes sportives n’y font pas exception. Mais vous, les amateurs de sports, qu’en pensez-vous?