Entrez dans une ère nouvelle, dans l’univers d’une génération ajustée, une mentalité qui diffère. Un club de course original qui s’appelle Yamajo. Son fondateur, David Joseph, qui en 2014, s’était lié à Daphnée Exantus afin de le créer et qui depuis, s’est expatriée à Ottawa.

 À l’origine, je devais croiser Pierre-Alexandre Cardinal, l’un des capitaines du groupe. Mais alors, comment vais-je reconnaître David au September Surf Café sur Notre-Dame ?  lui ai-je demandé. Il m’a répondu : « Tu verras, il sera le seul du genre sur place ». Voilà, par inadvertance, il venait de donner le ton à cette entrevue. Il validait par le fait même mon choix pour parler de ce crew !

 Oui, car David aime bien le préciser. « On aime se voir dans différents contextes. On aime voyager, fraterniser, nous sommes multi-ethnies ». D’ailleurs on comprend facilement lorsqu’il procède à la nomenclature de ceux et celles qui contribuent au bon roulement de l’organisation. Oui, un crew vous dis-je. Peace out !

 

David Joseph, l'un des fondateurs du groupe, prêche par l'exemple.

 

Alors, pourquoi un nom comme Yamajo ? David, qui en passant, ne fait pas ses 35 ans, sourit. « Je ne peux te fournir aucune explication. Il en est ainsi. Si tu fais des recherches sur le web, tu découvriras que Yamajo est une ville au Japon et que c’est aussi le nom d’une station de métro dans ce même pays ». Alors, effectivement, aucun rapport avec la course à pied !

 David fait de la gestion d’immeubles avec son cousin, un emploi qui lui procure une grande flexibilité et lui permet d’être disponible pour orchestrer le fonctionnement de Yamajo. Ex-joueur de basketball jusqu’à l’université, c’est par les courses à obstacle qu’il a développé son intérêt pour la traditionnelle course à pied. « J’écrivais régulièrement mes résultats sur les réseaux sociaux et de fil en aiguille, l’intérêt s’est manifesté. Je donnais des rendez-vous aux intéressés au centre communautaire de la Petite Bourgogne, qui est encore aujourd’hui, notre principal point de rencontre. »

 

Excentriques et originaux, les membres de Yamajo forment une belle famille.

 

Deux entraînements réguliers par semaine, les mercredis en soirée et samedis en matinée permet à une centaine d’adeptes de s’exécuter. Le noyau du groupe se situe entre 27 et 34 ans. La plus âgée a 55 ans et elle aspire se qualifier pour Boston. « Nous voulons le confort de nos membres, ce qui valide la Sexy Pace », communément appelé le Pace du Bonheur !

 L’an dernier, un groupe de dix coureurs Yamajo a pris part à une course entre Los Angeles et Las Vegas, terminant 17e sur 44 équipes avec un temps de 44 heures. En mars prochain, Yamajo délèguera six excellents participants qui tenteront d’abaisser cette marque et faire 38 heures. N’ayez crainte, ils y arriveront.

 

Yamajo, c'est une grande famille où les liens sont tissés solidement.

 

Pour la concrétisation de tels projets, il faut des sous. Lui-même commandité par Under Armour, David qui a été invité l’an dernier à courir Chicago, Berlin et New York en dix semaines par cette compagnie, répétera l’expérience en mars 2020 à Tokyo, un privilège pour cet athlète. De ce fait, il aimerait faire bénéficier de cet atout à l’ensemble de Yamajo en incitant ce commanditaire à l’appuyer pour le bien-être des membres dès 2020.

 Voilà une belle nouvelle qui viendra éponger par exemple une partie des déboursés de 15,000$ exigée pour le périple en Californie.

 Puis, soudainement lors de notre entretien, David quitte sa place pour aider un employé de Fedex qui apportait des colis dans le café, en lui tenant la porte afin qu’il puisse pénétrer dans l’enceinte. Vous voyez le genre : décontracté, éveillé et au service des gens !

 

Une énergie différente, des rencontres joyeuses alors que la musique se fait entendre lors des entraînements, véhiculée par certains coureurs munis d’un système de son adapté. « Je ne prends jamais les décisions seul », tient à préciser David. Il y a Marjorie Jeanlouis, Youssef Elma, Galit Gilor, Macland Glaudin et Lily Trottier, des noms dont leur prononciation résonne vraiment l’essence que l’on peut retrouver lorsqu’il y a attroupement.

 Disons que nous sommes à des lunes du conventionnel.

 Et le sigle : Un raton laveur. Et là, David s’empresse de me dire qu’il y a une raison pour valider ce choix. « Nos entraînements se font la plupart du temps le long du canal Lachine et sur le mont Royal. Lorsque nous nous retrouvons en haut de la montagne au terme des séances, nous côtoyons souvent les ratons laveurs. Certains vont les photographier. Je trouvais que cet animal nous identifiait bien et qu’il représentait également la ville de Montréal. »

 

La fierté d'appartenir à ce crew !

 

Yamajo, c’est gratuit, sans pression et confortable. On peut retrouver toutes les informations sur leur site web, facebook et instagram.

 Les essayer, c’est les adopter. Si je résidais dans la région de Montréal, je deviendrais assurément un Yamajo et du même coup, le raton laveur le plus âgé du gang !