Le repêchage de la NFL approche à grands pas (il se tiendra du 26 au 28 avril à Dallas).

Comme je le fais à chaque année, je vous présenterai d’ici au repêchage mes classements par position. L’objectif est de vous fournir de l’information utile sur les principaux prospects afin de vous aider à mieux apprécier cet événement.

Je débute aujourd’hui avec la position la plus importante sur le terrain soit celle de quart-arrière. Je  publierai les classements relatif aux autres positions d'ici au repêchage

Comme d’habitude, ce texte représente du contenu original. Les opinions sont basées sur ce que j’ai personnellement observé sur le terrain. L’objectif est de vous aider à vous faire votre propre opinion.

Avant de débuter, j’aimerais préciser que ces classements sont fonctions du potentiel des joueurs et non de la position anticipée au repêchage. Les joueurs qui occupent les premiers rangs sont ceux qui, à mon avis, deviendront les meilleurs. Pas nécessairement ceux qui seront repêchés les premiers.

Il y a environ deux mois, j’avais publié une première version, sous la forme de top 5, que je vons invite à consulter en cliquant sur les liens suivants.  (https://www.rds.ca/grand-club/billet/destination-repêchage-nfl-2018-top-5-positions-offensives-1.5966855 et https://www.rds.ca/grand-club/billet/destination-repêchage-nfl-2018-top-5-positions-défensives-1.5969748). Évidemment, les choses ont beaucoup évolués depuis.   

 

QUARTS-ARRIÈRES

 LE TOP 5

1.Baker Mayfield, Oklahoma

2 Sam Darnold, USC                                    

3.Josh Rosen, UCLA                                     

4.Josh Allen, Wyoming                                

5.a) Lamar Jackson, Louisville                   

5b) Mason Rudolph, Oklahoma State

Je vous signale que tous les quarts inclus dans ce top 5 faisaient partis de ma liste présaison de joueurs à surveiller en vue de la saison 2017 de la NCAA dont vous trouverez le lien ci-contre (https://www.rds.ca/grand-club/billet/destination-repêchage-nfl-2018-top-5-positions-offensives-1.5966855).

Depuis mon premier classement, un seul joueur s’est ajouté à ma liste et il s’agit de Lamar Jackson (5e rang).  Pour le reste, les joueurs et les positions sont demeurées inchangées.

L’année dernière, j’avais Deshaun Watson comme numéro un et j’étais resté avec lui jusqu’à la toute fin. Cette année, j’avais décidé de faire la même chose avec Baker Mayfield et j’ai tenu parole.  J’ai expliqué dans le classement précédant pourquoi mon choix c’était arrêté sur Mayfield La production de Mayfield a joué un rôle limité dans mon choix. C’est surtout la vision du jeu, l’anticipation et l’excellente prise de décision de Mayfield qui ont été déterminant.  Mayfield jouait dans un système de jeu, à Oklahoma qui n’a rien à voir avec ce qu’on retrouve dans la NFL (ce qui est vrai pour presque tous les quarts disponibles pour ce repêchage par ailleurs). Par contre, les responsabilités qu’on lui donnait : identifier les défensives adveres, faire les ajustements nécessaires à la ligne de mêlée et suivre une progression sur tout le terrain étaient semblables à ce qu’on demande à un quart de la NFL. De plus, aucun joueur n’a eu plus d’impact que Mayfield dans la NCAA au cours des 3 dernières années et on ne se trompe jamais en choisissant le meilleur, pas vrai? Ne vous trompez pas : Mayfield n’est pas le choix de la plupart des experts et des fans au premier rang et j’en suis bien conscient. J’espère cependant vous avoir convaincu par mes arguments que ses chances de devenir le meilleur quart-arrière issu de ce repêchage sont bonnes. C’est du moins mon opinion honnête.

Josh Rosen (au 3e rang sur mon classement) est un cas passionnant. Ancien prospect 5 étoiles à sa sortie de l’école secondaire (considéré comme le meilleur espoir toutes positions confondues), Rosen a connu une saison recrue phénoménale (en 2015 à UCLA). À ce moment, Rosen était considéré comme le meilleur espoir au poste de quart depuis Andrew Luck. S’il avait pu se rendre éligible à ce moment-là, il aurait été le tout premier choix du repêchage. Malheureusement, le reste de la carrière de Rosen à UCLA a été moins reluisant. Sans être mauvais, il a été souvent blessé et n’a pas réussie à retrouver le niveau de jeu qu’il affichait en 2015. Rosen, le quart le plus solide techniquement du repêchage, sera néanmoins repêché dans le top 5. Il possède un bras suffisamment puissant pour la NFL’ extrêmement précis (c’est sa grande force) et une motion de passe compacte. Rosen est excellent à tous les niveaux, ce qui ne m’empêche pas d’être en désaccord avec ceux qui prétendent qu’il sera prêt à assumer un rôle de partant dès le jour un. Un tel scénario risquerait de le placer en situation d’échec. Rosen aurait avantage à apprendre une saison derrière un vétéran afin de gagner en maturité. De plus, au niveau technique, il aurait avantage à travailler son grand point faible : sa présence dans la pochette protectrice (un aspect souvent sous-estimé du jeu des quarts-arrières).

Sam Darnold (au 2e rang de mon classement) a connu un parcours différent, mais tout aussi intéressant que celui de Rosen. En 2016, Darnold, un ancien prospect 4 étoiles à sa sortie de l’école secondaire, a pris la relève de Rosen en tant que meilleur espoir national au poste de quart-arrière. Et pour cause.  Darnold a réussi le rare exploit de relever un programme universitaire qui n’allait nul part. L’histoire est bien connue : USC connaissait un début de saison catastrophique en 2016 (fiche de 1-3). Puis Darnold a gagné le poste de partant et les « Trojans » n’ont plus jamais perdu (fiche de 9-0 pour terminer l’année). La saison a pris fin par une magnifique victoire au « Rose Bowl » contre Penn State (la victoire « signature » de la carrière de Darnold). Pour ceux qui n’ont jamais vu ce match, je vous le suggère fortement. Le duel que se sont livrés Sam Darnold et Saquon Barkley restera un grand moment de l’histoire récente de la NCAA. En 2017, le niveau de jeu de Darnold a baissé significativement, ce qui a soulevé certains doutes à son sujet (notamment par rapport à sa propension aux revirements).  Darnold demeure néanmoins un excellent prospect et je m’attends d’ailleurs à ce qu’il soit le tout premier joueur sélectionné. Darnold possède un physique idéal pour la NFL. Sa motion de passe est trop longue (un aspect qu’il devra corriger), mais il compense en lançant avec beaucoup d’anticipation. Son leadership ainsi que sa capacité à éviter la pression (ce qu’on appel la présence dans la pochette protectrice) sont ses grandes forces. Tout comme Rosen, Darnold aurait avantage à passer un peu de temps sur le banc avant de devenir partant, mais, contrairement à la plupart des experts, je pense qu’il est plus prêt que Rosen à assumer un rôle de partant à cause, notamment, de son caractère et de sa maturité.

Chaque année, un quart vient brouiller les cartes en connaissant un « NFL combine » et un « pro-day » exceptionnel. Cette année, c’est Josh Allen, de l’université Wyoming qui occupe ce rôle. Avec son bras canon, sa stature et son excellente mécanique (il faut quand même lui accorder ça), Allen ne cesse de grimper dans les classements même s’il a connu une carrière universitaire médiocre. Tout le monde sait qu’on ne doit pas se laisser impressionner par une excellente performance lors d’un « pro-day ». C’est un exercice qui ne veut rien dire et qu’on pourrait comparer au fait de regarder un professionnel de golf frapperdes balles dans un champs de pratique. C’est plus fort que nous, on sait que c’est futile, mais on ne peut s’empêcher d’y accorder une certaine importance. Même les experts se font prendre au jeu. Qu’on ne se méprenne pas : j’aime Allen et je pense qu’il peut devenir un partant dans la NFL s’il est bien entouré. Cependant, son jeu sur le terrain ne justifie pas un top 15 parce qu’il est loin d’être prêt à assumer un rôle de partant. Sur le terrain, Allen, qui évoluait dans un système de jeu semblable à celui de Paxton Lynch au même âge, s’est vu confier très peu de responsabilité dans l’offensive de Wyoming.  Conséquemment, Allen a beaucoup de difficulté à lire les défensives adverses. Il est régulièrement en retard dans ses lectures et il n’arrive pas à lancer avec anticipation, une qualité primordiale chez les pros. Si sa première cible n’est pas libre, Allen aura beaucoup de difficulté à suivre une progression à la façon d’un quart de la NFL. Conséquemment, Allen à tout à apprendre pour devenir un bon quart dans la NFL. La bonne nouvelle est qu’il a tous les outils pour y parvenir si on lui laisse suffisamment de temps pour apprendre derrière un partant expérimenté. Par contre, il est le quart de ce repêchage dont le risque d’échec est le plus élevé, et de loin, s’il est envoyé trop vite dans la mêlée.

Mason Rudolph est probablement le quart qui provoque les opinions les plus divergentes chez les experts et chez les fans. Physiquement, il possède plusieurs des attributs d’un quart de la NFL. Cependant, il est pénalisé par la plupart des experts parce qu’il provient d’un système de jeu «air raid » qui a produit plusieurs échecs au cours des dernières années. Cependant, de plus en plus de quarts-arrières proviennent de systèmes collégiaux qui n’ont rien à voir avec les systèmes traditionnels de la NFL (« air-raid », « spread », « read option ») et les coordonnateurs offensifs font de mieux en mieux pour s’adapter à la réalité de ces quarts-arrières. Mason Rudolph pourrait être le grand bénéficiaire de cette situation. Doté d’un bras puissant et particulièrement précis dans les zones profondes (c’est sa grande force), Rudolph possède tous les atouts physiques d’un quart de la NFL. J’ai quelques « drapeaux rouges » le concernant (notamment que le système de jeu d’Oklahoma State lui conférait peu de responsabilité au niveau de la lecture des défensives adverses), mais je crois que Rudolph possède le talent pour devenir un bon partant dans la NFL, à deux conditions : il devra être particulièrement bien entouré au niveau de l’équipe d’entraîneurs et on devra lui donner le temps d’apprendre (ça pourrait prendre jusqu’à deux saisons dans son cas).

Finalement, j’ai inclus Lamar Jackson au 5e rang de mon classement. L’année dernière, plusieurs experts considéraient Jackson comme un meilleur prospect que Deshaun Watson (aucun expert ne l’admettra publiquement, mais c’est pourtant un commentaire qu’on lisait régulièrement sur internet l’année dernière). Jackson est ce qu’on appelle un « dual-threat quaterback » en langage de football, c’est-à-dire qu’il cause des dommages autant par la course que par la passe. Le chemin est long pour ce type de quarts-arrières parce que, dans le passé, les échecs ont été nombreux. Les succès deshaun Watson en 2017 sont cependant porteurs d’espoirs.  Jackson possède un bras suffisamment puissant pour la NFL et il est évidemment très athlétique. Il pourrait connaître du succès dans la NFL, mais à l’unique condition d’évoluer pour un entraîneur capable d’adapter un système de jeu à ses forces et faiblesses (comme Bill O’Brien l’a fait l’année dernière pour Watson).  Jackson sera probablement repêché en 2e moitié de 1ère ronde, peut-être en début de 2e ronde. Au niveau du caractère, il n’y a personne de plus sympathique et de plus aimé de ses coéquipiers que lui. Il a été un grand leader sur le terrain pour son équipe et tout le monde souhaite le voir réussir. Ça aussi, ça compte.

AUTRES QUARTS-ARRIÈRES À SURVEILLER :

Ce qui démarque le repêchage de cette année à la position de quart-arrière, c’est sa profondeur. Contrairement à ce qu’on voit habituellement, il reste des prospects valables à l’extérieur du top 5.  La plupart de ces joueurs seront des choix de milieu de repêchage (ronde 3 et suivante) et débuteront leur carrière comme réservistes, mais certains d’entre eux pourraient surprendre et devenir éventuellement des partants (on parle de moyen et long terme ici, pas de court terme).

Luke Falk, Washington State : Phil Savage, l’organisateur du « senior Bowl » est un homme qui possède une grande influence dans les cercles de la NFL. Il a identifié Falk comme le principal talent chez les quarts qui seront repêchés dans les rondes du milieu et je partage son opinion. Savage est allé jusqu’à dire que Falk pourrait être le prochain Tom Brady, une comparaison que je trouve exagérée cependant, mais qui indique tout le respect que Savage porte envers Falk. Avec deux ou trois ans de développement dans un bon système, je suis d’avis que Falk pourrait surprendre bien des gens.  Falk possède le bras le plus précis de tous les quarts-arrières de ce repêchage ce qui est déjà un bon début. Il doit cependant gagner de la maturité physique et améliorer la puissance de son bras s’il veut connaître du succès dans la NFL. Bien encadré, les chances de Falk de devenir partant dans la NFL sont bonnes à mon avis, même s’il aura besoin de beaucoup de travail.

Mike White, Western Kentucky : Encore une fois, ne vous fiez pas aux excellentes statistiques de White qui ont été obtenu dans un système favorable aux quarts-arrières. En revanche, ce qu’on doit aimer de White, c’est son bras puissant et son physique idéal pour la position.  Un excellent choix de milieu de repêchage qui devra apprendre comment jouer dans un système de la NFL.  Honnêtement, si tous les morceaux tombent en place, White a peut-être des chances de devenir partant un jour, mais j’en serais très surpris

Kyle Lauletta, Richmond : il est souvent comparé à Jimmy Garoppolo parce que, tout comme lui, il a évolué en division « FCS », mais ne vous laissez pas tromper : toute comparaison s’arrête là. Lauletta est un quart intelligent et précis dans les zones courtes et intermédiaires, mais son bras manque définitivement de puissance et sa précision dans les zones profondes est très faible. Certains analystes l’adorent. Personnellement, je suis plus modéré. Plusieurs analystes le vois en Nouvelle-Angleterre en remplacement de Jimmy Garoppolo, mais je serais très surpris de voir les Patriots emprunter ce chemin. Comme je le mentionnais, Laulettta n’a rien en commun avec Garoppolo et je pense sincèrement qu’il ne sera jamais plus qu’un réserviste de qualité, un peu à la Josh McCown, qui serait une meilleure comparaison que Garoppolo.

Riley Ferguson, Memphis : le grand oublié de ce repêchage. À mon sens, il a connu une  meilleur carrière que Paxton Lynch (un autre ancien de Memphis) qui avait pourtant été choisie en 1ère ronde. Probablement que les insuccès de Lynch dans la NFL nuisent à Ferguson. Pourtant Ferguson présente plusieurs caractéristiques d’un quart de la NFL dont un bras suffisamment puissant et précis. Pour ceux qui voudraient avoir un aperçu de son talent, aller voir les films de ses matchs contre UCF et, surtout, UCLA. Contre UCLA, c’est Ferguson, et non Josh Rosen, qui avait été le meilleur quart-arrière sur le terrain. Un match ne fait pas une carrière, mais si je devais investir un choix de 3e journée (rondes 4 à 7) sur un quart, Ferguson est un de ceux que j’aurais à l’œil.

Logan Woodside, toledo : Il a dominé une petite conférence avec le « Rocket » de Toledo au cours des deux dernières années. Sa saison 2016 en est une d’anthologie (il a notamment lancé 45 passes de touchés pour seulement 8 interceptions). Peu importe le système de jeu et la conférence, les statistiques de Woodside sont impressionnantes. L’offensive de Toledo est axé sur le rythme et les courtes passes. On le sait. Et les qualités de Woodside ne se transfèrent peut-être pas très bien à la NFL. Mais on aurait tort de le rejeter trop rapidement parce que certains de ses films sont impressionnants, particulièrement celui contre l’université de Miami.  Woodside ne coûtera pas cher au repêchage (un choix de 3e journée tout au plus) et le risque en vaut la peine.

Je vous invite à lire mes prochains textes d'ici au repêchage. Comme d'habitude, tous les commentaires sont le bienvenu sur cette page.