La Conférence de l'Ouest dans la LNH a connu de bien meilleurs jours.

Alors que la date limite des échanges approche à grands pas, on ne voit pas beaucoup d'équipes qui se distinguent quand on parle de la course aux séries. Les Flames de Calgary ont surpris bien des gens en s'emparant du premier rang de la division Pacifique au moment d'écrire ces lignes, mais on ne parle pas d'une domination dans leur cas. Les Sharks et les Golden Knights ne sont pas très loin derrière et la course pour le titre de la division est encore bien ouverte.

La division Centrale est encore une fois la division de la mort. Mais cette fois, c'est pour une tout autre raison. On peut déjà identifier les Jets et les Predators comme étant des équipes de séries éliminatoires, mais pour le reste, tous les paris sont ouverts. Les Stars ont une mince avance de 2 points sur leurs poursuivants eux qui sont au 3e rang de la Centrale. Des poursuivants, il y'en a beaucoup.

Quand je dis que toutes les équipes ont encore une chance de faire les séries, c'est que tout le monde a vraiment une chance... sauf une équipe, que je vais aborder plus tard. Vous ne me croyez pas ? Regardez-moi cette liste.

- Les Blues de St.Louis ? Équipe repêchée avec 2 points de retard sur Dallas.

- Le Wild du Minnesota ? Même chose. Mais regardez les équipes derrière eux.

- Les Canucks, en reconstruction, ne sont qu'à deux points des séries.

- L'Avalanche, même s'ils connaissent des moments difficiles, sont encore techniquement de la course.

- Les Blackhawks ? Surprise ! Avec 4 points de retard, ils ont aussi une chance de faire les séries !

- Les Coyotes ? Devinez quoi ? Oui, Monsieur ! 4 points de retard.

- Les Oilers ? Aussi dans la course ! Mais si on se fie aux propos de Ken Hitchcock, ils sont à la veille de sortir du portrait si les joueurs ne changent pas... d'attitude. 

- Les Kings ? Ils ont beau avoir 8 points de retard et que dans le fond, ils ne feront pas les éliminatoires, mais oui, ils sont encore catégoriquement dans la course !

Ce qui nous amène à mon sujet principal, les Ducks d'Anaheim...

Deux mots : Oh boy !

Je sais que vous allez le mentionner, mais oui, les Ducks ont aussi 8 points de retard sur les équipes repêchées dans l'Ouest. Et oui, ils ont techniquement une chance de faire les éliminatoires. Mais je vais répondre en vous mentionnant que les Ducks, pour être poli, ne jouent pas du très bon hockey au cours des dernières semaines.

À quel niveau, vous me dites ? Essayez 7 défaites de suite. Et ce ne sont pas des défaites serrées. Je parle plus des défaites par un écart assez considérable. 

Le tout a commencé le 20 janvier 2019 avec une défaite par blanchissage de 3 à 0 sur les surprenants Islanders de New York dans le vieux Nasseau Coliseum. Ensuite, le 23 janvier, défaite importante contre les Blues de St.Louis par la marque de 5 à 1.  Et puis, la pause du match des étoiles, en plus d'une autre semaine de pause. Sûrement que les joueurs en ont profité pour se reposer, faire le plein d'énergie et recharger les batteries, pas vrai ?

À les voir jouer présentement, c'est comme si les Ducks avaient manqué d'énergie en essayant de tout simplement refaire le plein d'énergie.

le 2 février 2019, début de leur voyage de 4 matchs au Canada. On a assisté à une des pires défaites de l'équipe depuis fort longtemps. John Gibson a accordé 6 buts aux Jets de Winnipeg... en 1ère période. Défaite de 9 à 3 des Ducks. Au moins, Corey Perry est de retour au jeu ?...

Le 4 février, sûrement que d'affronter les Maple Leafs de Toronto sera une partie de plaisir ? Ce soir-là, la seule équipe qui a eu du plaisir, c'est les Leafs. Pour une 2e rencontre de suite, Gibson ne termine pas le match après avoir accordé 5 buts en 35 tirs. Défaite des Ducks, 6 à 1.

Le soir suivant, le 5 février, c'est là que j'ai constaté à quel point les Ducks sont sans vie. C'est comme s'ils n'avaient plus de jambes. Au lieu d'être un adversaire coriace, ils sont devenus une proie facile pour le Canadien de Montréal. Défaite de 4 à 1.

Le 7 février, ce sera un match beaucoup plus facile, alors que... QUOI ? VOUS AVEZ PERDU 4 À 0 CONTRE LES SÉNATEURS D'OTTAWA ? PAR BLANCHISSAGE ? MAIS QU'EST-CE QUI NE VA PAS CHEZ VOUS ?

Le 9 février, au moins, les Ducks ne sont plus au Canada. C'est une des seules bonnes nouvelles de ce voyage sur la route. La mauvaise nouvelle, c'est que le voyage se termine à Philadelphie. Contre les Flyers. Avec une défaite de 6 à 2. Et cette fois, ce n'est pas John Gibson qui ne termine pas le match. En fait, il n'était même pas en uniforme. Chad Johnson sera retiré du match avant le début de la 2e période après avoir accordé 4 buts sur 14 tirs. Est-ce que j'ai besoin de vous mentionner que Carter Hart était encore sensationnel ?

Inutile de tourner en rond. Les Ducks ont été tout simplement atroces au cours des dernières semaines. Durant cette séquence de défaites qui n'en finit plus, l'équipe a accordé 37 buts. Les gardiens Gibson et Johnson n'ont tout simplement pas fait le travail durant cette période et ce que les Ducks appellent une "défensive" n'a rien fait pour les aider. Mais en même temps, le fait que les gardiens, en particulier Gibson, n'ont pas bien performé est un drapeau rouge format géant. En 46 matchs, Gibson n'a gagné que 17 matchs et sa moyenne de buts alloués effleure le chiffre 3 (2,93 MBA, pour être exact). Les autres gardiens de l'équipe ne font guère mieux. Chad Johnson a une MBA de 3,73. Ryan Miller est présentement blessé, mais je crois que les partisans des Ducks veulent qu'il demeure blessé.

Pour ce qui est de leur... "attaque" ?...

8 buts en 7 matchs.

HUIT.

Ça n'a aucun bon sang. Il ne se passe rien en zone offensive. C'est comme si pour eux, marquer un but est comparable à une ascension au Mont Everest. C'est très difficile à accomplir et la plupart du temps, on échoue et on revient au pied de la montagne pour quelque raison que ce soit.

Voici un chiffre : 127

C'est le nombre de buts que les Ducks ont marqués jusqu'à maintenant. C'est le pire rendement en attaque dans toute la LNH. Les Kings de Los Angeles devraient se dire que dans le fond, ils ne sont pas si pire que ça. Et d'une certaine façon, je dois les donner raison. Les Ducks enregistrent le pire différentiel de la LNH avec une cote de -55. C'est 22 points de moins que les Kings. 

À la suite de tout ce que je viens de vous écrire, le directeur général de l'équipe, Bob Murray, a décidé que assez, c'est assez. Randy Carlyle, retourne dans la salle des entraîneurs sans emploi, M. Murray va essayer de faire tout en son possible pour ramener les Ducks sur le droit chemin ! Et le fera en le remplaçant de façon intérimaire ! 

Bien honnêtement, si ce n'est pas un signe qu'un dirigeant est désespéré de sauver son propre emploi de directeur général, alors je ne sais pas qu'est-ce qui fait qu'un homme de sa position veut à tout prix sauver sa peau.

La question qu'on doit se poser, maintenant : Que fera-t-il à partir de maintenant ? 

À ce que je sache, l'attaque est encore en panne sèche, la défensive demeure poreuse, et les gardiens... ben, on en repassera. D'après moi, ça va prendre plus qu'un changement d'entraîneur pour ramener les Ducks en position de faire les éliminatoires.

Je m'explique. Regardez l'alignement de l'équipe. Aucun joueur des Ducks n'a réussi à atteindre le plateau des 40 points après 56 matchs cette saison. Ryan Getzlaf, avec 36 points en 50 matchs, est en voie d'enregistrer sa pire récolte depuis la saison 2006-2007, l'année où les Ducks ont remporté la Coupe Stanley. Même si Corey Perry est récemment revenu de sa blessure, il est sur la pente déscendante depuis quelques saisons. Si le match contre Montréal peut servir d'exemple, c'est comme si Perry n'est tout simplement plus capable de suivre la cadence.

Pour ce qui est des joueurs qui sont supposés supporter les joueurs vedettes ? Adam Henrique, un joueur de centre qui a atteint le plateau des 50 points à deux reprises, n'en a même pas 30 en 56 matchs. Rickard Rakell, qui avait connu une dernière saison de 67 points en 71 matchs, a considérablement régressé, lui qui n'a que 26 points en 46 matchs. Ryan Kesler, avec seulement 6 points (!) et un différentiel de -21 (!!) en 48 matchs, n'est plus l'ombre de l'attaquant polyvalent qu'il était par le passé. Cam Fowler connaît une saison difficile et il est impliqué dans plusieurs rumeurs de transactions. Les seuls points positifs sont Nick Ritchie, Hampus Lindholm et Brandon Montour. C'est tout. 

Regardez ensuite leur situation contractuelle après cette saison. Il restera 2 ans aux contrats de Getzlaf et de Perry, qui gagnent un salaire de 8,25 M $ et 8,625 M $ respectivement. Ils auront 35 ans au terme de leur contrat. Kesler en aura pour encore 3 autres années avec un salaire de 6,875 M $. Il aura 37 ans au terme de la saison 2021-2022. Est-ce que j'ai mentionné que les trois joueurs ont une clause de non-mouvement ? De plus, Adam Henrique va amorcer une nouvelle entente de 5 ans qui lui donnera un salaire annuel de 5,870 M $ par saison, assortie d'une clause de non-échange. Oh, que ça va être beau.

Après cette saison, parmi les joueurs d'importance, il n'y a que Jakob Silvferberg qui pourrait tester le marché des joueurs autonomes. Je ne pense pas que les partisans vont pleurer le départ de Chad Johnson, qui serait également sans contrat après la saison. 

Parmi les espoirs en attaque, on retrouve évidemment Maxime Comtois, qui a été productif en 10 matchs avant de retourner compléter son stage junior avec les Voltigeurs de Drummondville. Antoine Morand en aura encore pour une autre saison dans la LHJMQ avant de se joindre aux rangs professionnels... à moins d'une surprise. Max Jones et Sam Steel connaissent une bonne première saison chez les professionnels avec les Gulls de San Diego, le club-école des Ducks. Jack Kopacka a 6 points en 10 matchs avec les Gulls jusqu'à maintenant. 

Ce que je veux dire, c'est qu'il faut se poser la question suivante : Le moment est-il venu pour les Ducks d'Anaheim d'imploser et d'échanger ses meilleurs éléments ?

Faites vos propres conclusions. En ce qui me concerne, la réponse est : Oui, mais pas complètement. C'est bien beau de dire qu'il faut rebâtir pour l'avenir, mais attention : Il faut quand même des bons joueurs pour "bloquer" les espoirs d'atteindre la grande ligue trop rapidement. En autres mots, même si on décide de repartir à zéro, il faut quand même repartir sur de bonnes bases.

Mon raisonnement, c'est qu'en attaque, le seul attaquant vétéran qui produit encore, c'est Ryan Getzlaf. De plus, même si l'organisation voudrait aller dans une autre direction, Getzlaf aimerait mieux faire partie de la relance des Ducks plutôt que de se joindre à une équipe qui aspire aux grands honneurs. Déjà, on a quelqu'un d'établi qui est prêt à aider à la reconstruction de l'équipe et va permettre à certains jeunes joueurs d'être mieux préparé pour la LNH.

Pour le reste, il n'y a personne d'intouchables. Corey Perry a ralenti depuis quelques années maintenant et après avoir raté une bonne partie de la saison 2018-2019, il est légitime de se demander s'il serait en train de vivre ses derniers moments à Anaheim. Dans le cas de Ryan Kesler, il n'est plus que l'ombre de lui-même et il reste encore 3 ans à son faramineux contrat. Déjà là, il n'a pas beaucoup de valeur marchande.

Du côté des défenseurs, on a quand même des pièces intéressantes. On parle surtout de Fowler dans les rumeurs de transactions. Mais le défenseur le plus facile à transiger et qui a le plus de valeur en ce moment, c'est Hampus Lindholm. La différence entre les deux joueurs, c'est que Lindholm n'a pas de clauses de non-échange. Les Ducks pourraient avoir un bon retour pour un des deux défenseurs. Mais comme dans le cas de Getzlaf, il ne faut pas commencer à détruire la défensive au complet juste pour avoir des bons jeunes et des choix au repêchage. 

Si le Canadien aura à choisir entre Fowler et Lindholm pour jouer sur la première paire avec Shea Weber, quel serait votre choix ? Personnellement, je choisirais Lindholm en raison de son âge, son contrat et bien sûr, ses aptitudes offensives. 

En conclusion, on peut s'entendre pour dire que les Ducks d'Anaheim sont à la croisée des chemins. Ce sera intéressant de voir ce que Bob Murray va faire d'ici la date limite des échanges et durant la saison morte. D'ici là, même si les Ducks sont encore techniquement dans la course aux éliminatoires, il faudra se demander si de se faufiler en séries et d'être éliminé en première ronde est vraiment la voie à suivre pour eux.