Elle a raté son cours en éducation physique pour notre entrevue ! Il faut dire qu’elle cumule une note parfaite dans cette matière.

 Laurie Tanguay, une boule d’énergie, qui illumine son entourage, guidée par un sourire contagieux, que nous avons rencontrée à Black Lake, dans sa région natale.

 Des projets, elle en a plein la tête. « En voulez-vous, en vla ! » s’exprime-t-elle, comme elle le fait d’ailleurs durant certaines nuits où elle se lève radicalement de son lit pour en parler à sa mère qui lui conseille d’écrire ses intentions sur un papier pour en discuter le lendemain matin !

 Elle veut courir le demi-marathon de Nashville dans le Tennessee. On va y revenir.

 

Mélanie Lefebvre (à gauche), une enseignante, a complètement changé la vie de Laurie.

 

Cet intérêt particulier envers la course à pied pour son âge (15 ans), elle le doit principalement à son enseignante de secondaire I, Mélanie Lefebvre qui offrait à ses élèves de courir un 5 ou un 10km au choix. On se doute bien que l’intense Laurie a choisi le 10km. « Depuis, je ne peux plus m’arrêter. J’ai trop aimé mon expérience pour ne plus la répéter », poursuit celle qui aura 16 ans le 1ier mars 2018.

 Elle adore l’ambiance que l’on retrouve lors des courses. « J’ai senti une entraide et un esprit de camaraderie, des facettes que j’ai adorées ». Elle compte actuellement près de 30 courses à son actif dont un 1e  demi récemment. « Cette dernière course fut éprouvante mais je suis une fille de défi. Disons que j’ai trouvé chaussure à mon pied ! Au 17e km, mentalement, ça n’allait plus. Je nageais en plein inconnu. Il était temps que j’arrive. »

 

Laurie Tanguay, une jeune fille exceptionnellement dynamique.

 

Elle a dit, plus jamais. Or, la voilà de retour, encore plus forte. « C’est vital pour moi. Je suis certaine que je courrai longtemps. Je me demande même qu’est-ce qui pourrait m’arrêter ? Ça m’aide à me concentrer pour mes études, à évacuer, faire le plein d’énergie. Je vais même courir sur mes heures de lunch à l’école ! Ma voie, c’est la course à pied ».

 Wow ! Quel témoignage de gratitude pour une jeune fille de 15 ans.

 Et ce projet de courir à Nashville, pourquoi cette ville ? C’est tellement venu de nulle part ! Je cherchais à m’inscrire au demi de Montréal pour 2018 et je défilais une série de 21km quand j’ai aperçu celui de Nashville. Il faut dire que toute la famille est musique country. On ne rate jamais le festival de Saint-Tite. Ma mère hésitait. J’avoue que je jouais avec sa limite », commente Laurie, entourée de ses trois chiens, des Cavaliers King Charles prénommés Mylie, Sybelle et Gucci…. comme le parfum !

 

Une magnifique rencontre pour Laurie que celle avec Patrick Charlebois.

 

Elle ne se contentera pas juste de courir à Nashville. Se grefferont Ottawa, Montréal et peut-être Las Vegas…. s’il reste des sous. D’ailleurs, elle a entrepris des démarches pour dénicher des commanditaires. « On m’a dit : Tu as du potentiel, tu dois foncer. J’ai pris bonne note de ces conseils et j’ignore où j’aboutirai avec ce projet. » Peu importe les résultats, on ne pourra jamais lui reprocher d’être restée assise sur son sofa.

 Parmi ses camarades de classe, Laurie rapporte qu’ils ne sont pas vraiment conscients de ce qu’elle fait. « Mes amis à la course à pied sont plus âgés. Ils me disent que je suis inspirante, que je représente un bel exemple pour mon institution scolaire. Alors, tu te dis que tu n’as pas le droit d’abandonner, peu importe les conditions auxquelles tu fais face », de dire l’adepte de taekwondo (elle deviendra ceinture noire en 2018), vélo, natation et ski alpin.

 Idéalement, il lui faudrait recueillir 5,000$.

 

Laurie , fière de sa région natale.

 

Son père, camionneur, l’a déjà emmené à Nashville lors d’un périple. « J’y ai passé un après-midi. » Son papa, elle le voit occasionnellement à cause de son métier. Elle trouve ça long mais il en est ainsi depuis qu’elle est jeune.

 Ils sont huit à vivre à la maison qui est actuellement à vendre car elle ne suffit pas à la tâche. Quand nous lui avons demandé si elle surveillait son alimentation, sa réponse fut des plus sincères. « Tu sais, à 15 ans, je ne commencerai pas vraiment à surveiller ce que je mange ! Avec tout ce monde dans la maison, tu comprendras que ma mère n’a pas toujours le temps de nous préparer des repas cinq étoiles ! »

 Elle aspire devenir enseignante en éducation physique, physiothérapeute ou exercer la kinésiologie. « Je ne suis pas une fille de bureau ! »

 

Assurément, elle parviendra à réaliser ses rêves.

 

Un copain ? « Je n’ai pas le temps », de répondre celle qui fait 5’5 et 105lb. Un marathon un jour ? « Bien sur, celui de Paris, pour mes 18 ans ! » Tu as de grands projets ? « Oui, je le sais, ma mère est parfois découragée ».

 À l’origine, ses parents trouvaient irréalistes qu’elle participe à un demi-marathon. Maintenant que son grand-père lui a payé le coût d’inscription pour celui d’Ottawa, plus question de faire marche arrière.

 On l’encourage. Go ! Go ! Go ! Laurie.