Dimanche dernier, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre ont remporté un 13e match éliminatoire de division en 15 occasions. Ne sortez pas vos calculatrices. Ils ont gagné 87% de ces matchs depuis 2001. Le dernier revers remonte à 2010. Et ils tenteront d’atteindre le Super Bowl pour la 9e fois dimanche prochain, à Kansas City. Alors, en avez-vous marre de voir cette équipe être annuellement à l’assaut du Super Bowl?

Les statisticiens peuvent nous ensevelir de chiffres. L’équipe a tellement eu de succès, qu’un ordinateur serait nécessaire pour compiler de telles données. L’équipe disputera dimanche un huitième match de championnat de conférence consécutif. Les Raiders d’Oakland détenaient l’ancienne marque avec cinq matchs de suite (1972-77). Pour des millions d’amateurs, la place d’une équipe dans l’histoire n’est pas quelque chose de primordial. Et pourtant, la Nouvelle-Angleterre est une équipe qui est entrée dans la légende. Regarder la Nouvelle-Angleterre c’est regarder les Packers de Lombardi. Les Packers des années 60 ont marqué cette décennie. Les Patriots de Belichick ont fait la même chose. Avant d’aller plus loin, voici quelques statistiques sur le rendement de l’équipe depuis que Tom Brady est devenu quart-arrière partant en 2001.

218-65 (saisons régulière); 9 défaites à domicile contre sa division

28-10 (éliminatoires)

16 titres de divisions

13 apparitions au match de championnat de la Conférence Américaine

8 voyages au Super Bowl; 5 triomphes

Début de match pour les PatriotsSource: Jim Rogash/Getty Images
Légende: Début de match pour les Patriots

Pour mettre le tout en perspective, seulement quatre équipes se sont rendues 12 fois au match de championnat de conférence depuis le début de l’ère du Super Bowl (1966). Mais les Cowboys, Raiders, 49ers et Steelers l’ont fait sur une période de plus de 50 ans. Et si les Cowboys de Tom Landry ont disputé 12 de ces matchs en 17 ans (1966-82), ils revendiquent une fiche 2-3 au Super Bowl. Et comme les autres équipes de ce groupe, Dallas n’avait pas à conjuguer avec l’autonomie et le plafond salarial. Mais, encore une fois, au-delà des chiffres, est-ce que vous en avez marre des Patriots? La question se pose.

Un élément qui dérange aussi est la façon avec laquelle une équipe gagne. Les supporteurs des Patriots disent que leurs favoris pourraient être 8-0 au Super Bowl. Ils avancent que le catch chanceux de David Tyree (Super Bowl 42), l’attrapée manquée de Wes Welker (Super Bowl 46) et le fait de laisser Malcolm Butler sur la touche en février dernier (Super Bowl 52) ont couté trois autres titres. À l’inverse, les dénigreurs croient que les cinq titres sont le résultat de décisions douteuses ou de jeux chanceux. Honnêtement, les deux camps ont de bons arguments. Mais qu’on soit d’accord ou pas, le fait que les Patriots ont disputé huit Super Bowl demeure.

 David Tyree, Rodney HarrisonSource: Gene Puskar, AP
Légende: David Tyree, Rodney Harrison

De toutes époques, les équipes qui ont eu du succès ont été encensées, mais aussi critiquées. Commentaires désobligeants, attaques personnelles, tout y passe. À la fin du match Chargers-Ravens il y a deux semaines, des partisans déçus des Ravens scandaient aux Chargers : «Battez les Patriots!» Chez les Patriots, ce succès phénoménal vient avec ce genre de  commentaires, de réactions depuis plus de dix ans. Mais peut-on comprendre les amateurs qui veulent du changement? Il est bon de noter que les Patriots participent pour la 16e fois cette année aux éliminatoires avec Brady dans l’alignement. Dimanche prochain, le propriétaire Robert Kraft sera témoin d’un 13 match de championnat de la Conférence Américaine depuis qu’il a acheté l’équipe en 1994. En bon québécois, est-ce que cette domination vous tape sur le système?

Aux États-Unis, les amateurs de football n’en peuvent plus. Les médias sociaux débordent de commentaires haineux à l’endroit de Tom Brady. Et le monde médiatique a emboîté le pas il y a quelques années. On ne se gêne plus pour dire que le niveau d’écœurement est à son paroxysme. La victoire de dimanche dernier n’a rien fait pour soulager les Haters. Ces individus attaquent directement les figures importantes de l’équipe. Du simple soigneur au propriétaire, en passant par Brady, Belichick, Julian Edleman, Rob Gronkowski ou même le botteur Stephen Ghostkowski, personne n’est à l’abri de ces attaques virulentes, bien souvent sans fondement. Les gens se défoulent.

Bill BelichickSource: NBC Sports
Légende: Bill Belichick

La Nouvelle-Angleterre n’est pas la première équipe à subir un tel traitement. Ceux qui sont dans la cinquantaine se souviennent très bien de l’atmosphère qui régnait à la fin de la dynastie des années 70 du Canadien. Bien des amateurs en avaient ras-le-bol des Coupes Stanley à répétition. On voulait du changement. Mais l’Internet est la grande différence entre les deux époques. Les Yankees de Billy Martin, les 49ers de Bill Walsh, les Bulls de Jordan, etc. Ces équipes auraient, elles aussi, passé dans le tordeur du Web.

Vous êtes peut-être de ceux qui sont attirés par les équipes qui dominent, qui collectionnent les championnats. Si c’est le cas, les Patriots de la Nouvelle-Angleterre ont répondu à vos attentes depuis maintenant près de 20 saisons. Est-ce le temps de passer à autre chose? Vous en voulez davantage? Est-ce que vous en avez marre?!