Le dimanche 29 août 1999, au marathon de Québec (photo titre), là où tout a commencé.

 Je me pince. Honnêtement, je ne disposais pas d’un tel profil.

 Méthodique, la découverte de la course à pied m’injectait une dose de bien-être et de fierté. Quand j’adopte, la longévité s’implique et je ne suis pas du genre à lâcher le morceau pour une peccadille.

 Le reflet de mon existence, je donne tout ce que je peux en essayant de ne jamais me décevoir.

 Je me dis que dans la vie, tout ce qui m’entoure, je dois l’apprécier, en prendre un soin méticuleux. Il en va de soi quand on accepte un cadeau !

 

J'ai eu le privilège de soutenir mon ami Dominic Arpin lors de la réalisation de son marathon, quelques mois après son opération suite à la découverte d'un cancer à un rein. Martin Bouffard, caméraman et ami de Dominic, nous accompagnait. À travers toutes ces années, ce fut un moment magique pour moi .

 

Sincèrement, même si je m’en approchais, je n’y pensais pas car mon intérêt ne frise pas le ridicule. Et courir 100 marathons dans une vie, jamais, au grand jamais j’aurais voulu me fixer un tel objectif.

 C’est lors d’un entraînement banal avec le comédien Mario St-Amand que la lumière s’est allumée. À ce moment, j’en totalisais 77. Wow, m’a-t-il dit, tout ébahi. « Tu te diriges vers ton 100e », a-t-il ajouté. Étrange vous me direz mais c’est comme si je venais de réaliser que je détenais des chances de gagner un gros lot !

 Je ne vous cacherai pas que depuis cet instant, une pression supplémentaire m’incite à prendre ce chiffre au sérieux. Or, ma conscience me pousse à des réflexions. Régulièrement, je m’arrête et réalise que je marche sur des œufs, même si je vois pointer à l’horizon cette fameuse cible.

 

C'est lors d'un entraînement sur le Mont-Royal que le comédien Mario Saint-Amand m'a fait prendre conscience de cet objectif à atteindre.

 

J’ai constaté au fil des années que le corps humain constitue une merveilleuse machine, qu’il faut en prendre soin. Je tenais à conserver une discipline impeccable qui allait logiquement me récompenser. L’usure des entraînements et des marathons ne se manifeste pas pour le moment. La crainte de voir surgir une blessure à une cheville, un genou, une hanche, au dos vient me hanter mais en bout de ligne, je me dis que si jamais je dois guérir, au point où j’en suis rendu, je me permettrai des les marcher.

 Pour moi, cette grande aventure a commencé à Québec en 1999. Or, trois ans plus tôt, une dame, Josée Benoit m'avait accueilli dans un gymnase de mon patelin où je m'étais présenté, désorienté et dans une condition physique atroce. N'eut été de sa présence, je me demande sérieusement où j'en serais présentement. Je craignais le marathon, tel un monstre destructeur. Je l’ai essayé et je me souviens qu’assis dans les marches d’un édifice, je me disais que plus jamais je rééditerais un tel défi. Puis, deux semaines plus tard, je me surprenais à chercher l’endroit de mon prochain !

 

L'humoriste Maxime Martin  sera à Québec le 13 octobre prochain. Il s'agira de notre 3e marathon ensemble.

 

Voilà pourquoi j’ai cru bon de fermer la boucle à Québec pour le 100e, là où tout a commencé. Ce n’est pas romantique cette affaire-là ?

 En plus, il y a quelques jours, j’ai reçu un beau cadeau alors que j’assistais au spectacle de rodage de mon ami coureur et humoriste Maxim Martin. « J’ai mis cette date à mon agenda. Je veux être présent à tes côtés », m’a-t-il certifié. Nous avons déjà vécu deux 42km ensemble. Et quelle ne fut pas ma surprise durant son spectacle de constater qu’il raconte la crise qu’il avait piquée l’an dernier vers le 32e kilomètre alors que nous courions Québec !

 Mon 100e marathon sera mon 7e en 2019 et considérant que l’an passé, j’en ai couru 12, j’ai dû me retenir et faire obligatoirement une sélection.

 

Le décès du pompier Maxime Fournier à mes côtés à Shawinigan m'a fortement secoué.  Le pompier Étienne Labonté (à gauche) m'avait accompagné au marathon de Québec, un 42km que nous avions couru en l'honneur de Maxime. Ce fut un point tournant dans mes expériences de coureur.

 

Sincèrement, j’ai hâte d’y arriver. Si je pouvais accélérer la démarche, je le ferai. Toutefois, je dois m’appliquer à vivre le moment présent, car je mérite d’en profiter, vous en conviendrez.

 Je me croise les doigts et je touche du bois en espérant que la chance ne m’abandonnera pas, surtout qu’elle m’a conduit jusqu’à aujourd’hui.

 

 MES MARATHONS POUR 2019 (sujet à changement)

 

94e     Hyannis, Massachussetts, USA le 24 février

95e     Cornwall, Ontario, le 27 avril

96e      Longueuil, Québec, le 19 mai

97e      Stockholm, Suède, Europe, le 1er juin

98e      Rimouski, Québec, le 8 septembre

99e      Montréal, Québec, le 22 septembre

100e    Québec, Québec, le 13 octobre