Est-ce que le torchon a déjà commencé à brûler entre Matt Lafleur et Aaron Rodgers? Selon ce que rapportait Mike Silver (NFL network) il y a quelques semaines, le quart-arrière des Packers est frustré en raison du manque de liberté dans la stratégie offensive du nouvel entraîneur-chef. Rodgers et Mike McCarthy n’étaient plus sur la même longueur d’ondes l’an dernier. Des millions d’amateurs avaient appuyé Rodgers. Ils mettaient la faute des ratées de l’équipe sur le manque de créativité de McCarthy en attaque. En sommes-nous aux premières pages d’un autre roman-savon entre l’entraîneur-chef et le quart-arrière de la célèbre concession?

De quelle manière l’entraîneur-chef recrue va gérer le tout? Car même si les propos ont été rapportés il y a quelques semaines, il y a des effets secondaires. Rodgers a dû notamment s’expliquer lors d’une entrevue avec Chris Simms sur les ondes de NBC dernièrement.

Le  face-à-face

D’un côté, le futur membre du Temple de la Renommée désire garder son statut intact. Il veut jouir de sa liberté acquise avec les années. La manière de jouer de Rodgers n’a plus de secret. Il est reconnu pour sa mobilité, ce qui lui permet de repérer ses receveurs pour le long jeu. Il est une vedette, et il le sait.

De l’autre côté, Matt Lafleur ne veut pas s’en laisser imposer. Il veut établir son autorité. Il ne veut pas que sa philosophie offensive soit remise en question. Et n’oublions pas que l’équipe a choisi Lafleur pour instaurer une nouvelle façon de travailler, car l’ancienne ne fonctionnait plus. Elle était celle où Rodgers se permettait de faire ce qu’il voulait sur le terrain.

Quelque chose de prévisible

Les membres des médias, et aussi les amateurs, avaient prédit une telle confrontation dès l’embauche de Lafleur. Comment ce dernier, qui n’a aucune expérience d’entraîneur-chef dans la NFL, réagira lorsque son quart-arrière vedette utilisera sa notoriété pour remettre en question son livre de jeux? C’était la grande question à l’arrivée de Lafleur.

Il est à noter aussi que plusieurs analystes ont déjà pointé du doigt Lafleur comme étant celui qui devra plier. Une fois de plus, Aaron Rodgers se retrouve sous la protection médiatique. Selon ces mêmes analystes, Lafleur devra écouter son quart-arrière car celui-ci possède l’expérience, et sait comment réagir devant les défensives adverses. Mais à quel moment Rodgers devra assumer les ratées de son équipe? À la lumière des dernières saisons, probablement jamais. Rappelons que les Packers présentent un dossier de 33-30-1 depuis 2015. Vous en conviendrez, il y a place à l’amélioration.

Aaron Rodgers, Matt Lafleur au camp d'entraînement des PackersSource: USA Today
Légende: Aaron Rodgers, Matt Lafleur au camp d'entraînement des Packers

Il demeure sur ses positions

«Je ne pense pas que vous balayez du revers de la main 11 ans d’expérience à reconnaître les défensives adverses», avait-il déclaré à Mike Silver. Et selon Rodgers, il ne fait pas de doute qu’il est l’homme de la situation. « C’est quelque chose que peu de gens dans la ligue peuvent faire, et c’est un fait». Il a réitéré des propos similaires à Chris Simms il y a quelques jours. Matt Lafleur estime pour sa part qu’il faut trouver un terrain d’entente, et placer Aaron Rodgers dans le meilleur environnement pour atteindre le succès.

En bout de ligne, Aaron Rodgers devra faire un choix. Veut-il gagner des matchs, ou faire les manchettes en raison de ses habiletés physiques? Au cours des dernières années, il est devenu un incontournable des jeux de la semaine, sans se présenter au Super Bowl depuis février 2011.

Matt Lafleur propose autre chose. Et le nouveau système pourrait chambarder la zone de confort de Rodgers, et modifier ses habitudes de travail. Mais où est-ce que ces mêmes habitudes ont mené les Packers? Pas bien loin. L’équipe a manqué les éliminatoires lors de deux dernières saisons.

Une décision qui lui appartient

Est-ce qu’Aaron Rodgers est prêt à se plier aux faits et gestes de son nouvel entraîneur-chef? Est-il capable de mettre son énorme égo de côté pour le bien de l’équipe? La décision lui appartient. En ce 21e siècle, l’information voyage rapidement. Les exploits des athlètes prennent beaucoup de place. Si Rodgers veut être autre chose qu’un quart-arrière que l’on voit dans les segments des meilleurs jeux de la semaine, il devra changer son attitude envers Matt Lafleur. Est-il prêt à faire cette concession à 35 ans? À la lumière de ses plus récentes déclarations, il appert que non.