L’un des dirigeants sportifs les plus détestés, Gary Bettman est loin de faire l’unanimité auprès des amateurs de hockey à travers la ligue. Au Québec, c’est encore plus évident. Mais est-ce que les amateurs de hockey québécois auraient le même sentiment si Bettman avait déjà annoncé le retour d’une équipe à l’autre bout de l’autoroute 20? La haine que lui portent certains amateurs est-elle reliée uniquement au dossier de Québec?

Est-ce que votre opinion de Gary Bettman serait différente de celle que vous avez présentement si Québec avait son équipe de la Ligue Nationale de Hockey? Il est permis de croire que le fait de lever le nez à la ville de Québec a quelque chose à voir avec ce ressentiment qu’éprouvent les amateurs de la province. Mais avant d’aller plus loin, nous devons reconnaître le travail du commissaire.

Si on met les émotions de côté, nous devons admettre que Gary Bettman est l’un des dirigeants professionnels les plus importants de l’histoire. Il est devenu le premier commissaire dans l’histoire de la LNH le 1er février 1993. On peut le critiquer pour une foule de choses, cependant il n’a jamais été mêlé à des allégations de manœuvres douteuses pour sa nomination au Temple de la Renommée du Hockey. On ne peut en dire autant de son prédécesseur, Gil Stein.

À son arrivée en poste, la ligue comptait 24 équipes. La ville de Seattle deviendra la 32e concession du circuit à l’automne 2021. Et c’est sous sa direction que la ligue est passée à un autre niveau concernant la télévision. Rappelez-vous que John Ziegler a été incapable d’attirer les grands réseaux américains. Mais Bettman a le mérite d’avoir réussi avec FOX, NBC, ABC et ESPN. Son but était d’offrir le hockey dans un maximum de foyers américains. Entre temps, il a paraphé une entente de 5,2 milliards de dollars avec Rogers Media. Il y a eu aussi l’explosion des salaires sous sa gouverne. Mais ça c’est une autre histoire.

Rogers MediaSource: The Hamilton Spectator / file photo
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Ceci étant dit, est-ce que votre opinion de Gary Bettman est reliée à l’absence d’équipe dans la vieille capitale? Est-ce sa vision des marchés canadiens qui dérange? Pour des milliers d’amateurs, le dossier Québec est en tête de lice des raisons qui font en sorte que le commissaire n’est pas aimé. Et ce qui est agaçant pour les amateurs, c’est le fait qu’il ne donne jamais l’heure juste quand il est appelé à le faire. Ceux et celles qui suivent le dossier Québec se font dire «peut-être», «il est possible», «on verra» et même «il y a des avantages dans des marchés comme Québec». Ces commentaires du commissaire énervent les gens qui espèrent un retour de la LNH à Québec.

Jusqu’ici, le refus de Bettman d’acquiescer au souhait de Québec de réintégrer la grande ligue ne laisse personne indifférent. Certains croient qu’il n’y a aucune chance de voir Québec fonctionner dans la LNH en ce 21e siècle. Ils s’appuient sur le fait que l’équipe n’était plus capable de le faire au milieu des années 90. À l’inverse, les supporteurs d’un retour estiment que les nouveaux mécanismes permettront une rentabilité financière. Toutefois, Bettman voit le tout différemment. Pour lui, Las Vegas et Seattle sont des marchés plus lucratifs, plus prestigieux. À ses yeux, et c’est peut-être l’un des éléments qui attaque l’égo des québécois, les deux villes offre le type de visibilité que Québec n’a pas.