Après une saison 2013 catastrophique, il est de retour. Encore une fois écarté par nombre d'amateurs qui le voyaient « enfin » s'écrouler; Federer s'est relevé. Des performances rassurantes en grand-chelem et même une immense finale contre Novak Djokovic dans son jardin, à Wimbledon. Le succès de Roger n'est malheureusement pas étranger aux mésaventures du tranchant Rafael Nadal.

Effectivement, l'Espagnol, malgré un incroyable 10e titre sur l'ocre rouge a une fois plus lancé la serviette, à bout physiquement. Son style de super athlète entame sa charpente et handicape désavantageusement son jeu. En pliant l'échine, Rafa a laissé béante la place au haut du tableau qu'il occupait conjointement avec Djokovic depuis déjà trois ans. Des parcours plus faciles vers la finale attendaient donc le suisse qui n'avait pas de Nadal dans les pattes en quart ou en demi-finale (situation courante en 2013). Hormis Nadal, les têtes d'affiche Andy Murray et Juan-Martin Del Potro ont contribué à la renaissance du maître helvète, en s'absentant plus souvent qu'à leur tour.

Il serait toutefois trop facile de discréditer Federer sous prétexte que ses vrais bourreaux n'étaient plus. Car Rodgeur a tout de même enchaîné des myriades de matchs monstrueux et finales consécutives. L'essor des jeunes loups du circuit tels que : Kei Nishikori, Stan Wawrinka, Marin Cilic et Milos Raonic ont causé bien des ennuis aux différents joueurs du plateau et Federer n'y a pas échappé. Sauf que, il s'est révélé fumant dans la majorité des affronts contre ceux-ci pour ainsi mériter pleinement son rang.

On ne peut guère en dire autant de ses homologues : David Ferrer, Lleyton Hewitt ou même Tommy Haas, pour ne nommer que ceux-là, qui peinent à suivre la cadence toujours grandissante à l'instar de leur âge. C'est donc dire qu'à 33 ans, FedExpress, est une véritable machine, inépuisée voire inépuisable. Il enregistre infatigablement de merveilleux résultats. Certaines fois, on le voit fléchir ou tanguer, nous faisant craindre le pire comme l'année dernière, mais, dans la majeure partie des cas, il reste de marbre faisant fi de l'usure des années pour se réincarner en l'homme qui a dominé outrageusement le tennis moderne. On doit probablement cette résurrection, certes inattendue, à son mental légendaire et à sa confiance qui l'avait copieusement lâchée en 2013. Bâtissant faiblement sur des performances pâles signées en fin de saison passée, le Maestro a abordé 2014 en conquérant, comme il avait l'habitude de le faire.

Chance ou pas, impondérable ou non, Roger Federer est de retour au sommet de son art et vise, sans gêne, un 7e titre au Masters de fin de saison. On attend, par conséquent, un duel des plus mémorables entre Fed et Nole ... Si tout se passe comme prévu, dimanche prochain à Londres. Soyez-y!

Marc-André Boivin