On s’attendait à un spectacle relevé. C’est ce que les amateurs ont eu vendredi lors de la seconde demi-finale masculine à Wimbledon. Cette 40e rencontre au sommet Federer-Nadal a été extraordinaire. Les amateurs ont été choyés de voir une fois de plus une telle bataille. Les échanges soutenus ont été nombreux. C’était comme revoir Ali-Frazier. Ce genre de confrontation ne laisse personne indifférent.

 

 

Il s’agissait du premier affrontement des deux hommes sur le gazon  anglais depuis la finale de 2008. Ce classique, encore frais à la mémoire des amateurs de tennis, est l’un des matchs les plus mémorables du célèbre tournoi. Et à chaque fois que l’on pense que ces affrontements ne peuvent être égalés, les deux adversaires réussissent à nous épater. C’est ce qui est arrivé vendredi. Classé tête de série numéro 2, Roger Federer a vaincu en quatre manches (7-6(3), 1-6, 6-3, 6-4) le troisième favori, Rafael Nadal.

Des athlètes d’un autre niveau

Une fois de plus, la demi-finale a été le théâtre d’un choc de titans. «Il est étonnant de voir à quel point ces deux joueurs sont capables d’oublier les erreurs, et retourner au boulot quelques secondes plus tard», a déclaré John McEnroe, analyste au réseau ESPN. «La force mentale n’a jamais été un problème pour eux», a-t-il ajouté.

L’ex-numéro un mondial avait pleinement raison. À plusieurs occasions, des joueurs de seconde zone se seraient découragés, écroulés. Mais lorsque de tels athlètes croisent le fer, ces comportements sont inexistants. Roger Federer présente maintenant un dossier de 6-1 dans ses sept derniers matchs face à l’espagnole. Mais il n’y a jamais rien de facile dans ces confrontations. Les points sont gagnés un à un. Des efforts herculéens sont investis dans chaque coup de raquette.

Une rivalité historique

Dans l’histoire du sport, de grands athlètes se sont mesurés à différentes époques. Il y a eu Maurice Richard et Gordie Howe dans les années 50, Gretzky et Lemieux dans les années 80 et 90, sans oublier les duels Crosby-Ovechkin depuis une douzaine d’années. Au basketball, les plus vieux se souviendront de Bill Russell et Wilt Chamberlain. Dans la NFL, les face-à-face Brady-Manning étaient toujours particuliers. Au tennis, les matchs Federer-Nadal seront encore un sujet de conversation dans 50 ans. Certes à cause des incroyables dossiers des deux hommes. Mais surtout en raison de la qualité du jeu présenté lors de ces matchs.

Une pression omniprésente

Lorsque chacun des points peut faire une différence, vous savez que vous êtes témoin de quelque chose de gros, d’important, de magique. Combien de gens ont regardé cette demi-finale en se rongeant les ongles? Êtes-vous nombreux à avoir retardé vos visites à la salle de bain pour ne rien manquer? Y-a-t-il des amateurs qui ont préféré se fermer les yeux lors de certains échanges? En répondant oui à ces questions, vous confirmez que vous avez assisté à un grand événement. Les inconditionnels des deux joueurs ont ainsi ressenti la pression qui planait sur le court central du All England Lawn Tennis and Croquet Club.

La finale

Si Roger Federer a sué à grosse gouttes en demi-finale, il sait très bien que la finale sera tout aussi difficile. Novak Djokovic attend le suisse de pied ferme. Le meilleur joueur au monde a remporté 25 des 47 matchs contre l’ancien détenteur du premier rang mondial.

Federer est le plus vieux joueur à atteindre une finale du Grand Chelem de l’ère Open (1968) depuis Ken Rosewall en 1974. Pourra-t-il ajouter un 21e titre majeur à sa collection? On verra dimanche matin.