Précisément il y a 22 ans, jour pour jour aujourd’hui, le vendredi 27 novembre 1998, au Centre Molson, avait lieu le premier affrontement de la trilogie entre Dave Hilton et Stéphane Ouellet pour le titre canadien des poids moyens. Tirant de l’arrière sur les cartes des trois juges, Bidegare; Leblanc et Nadeau, au début du dernier round, Dave Hilton l’avait emporté in extremis avec 18 secondes à faire au 12e round par TKO. Quelle fin dramatique ce fut !

 

Je n’oublierai jamais ce combat qui fut d’une grande intensité. Depuis que je suis la boxe, ce fut le combat le plus intense qu’il m’a été donné de voir en direct. Quel privilège ce fut que d’assister à ce duel de titans entre le meilleur boxeur des années 80 et celui des années 90 au Québec. L’anglophone contre le francophone; la puissance contre la technique notamment. Tous les éléments étaient réunis pour faire de ce combat, un classique. Un duel de contrastes qui fut inoubliable et qui sera gravé dans ma mémoire pour plusieurs années encore. Juste l’entrée sur le ring des deux pugilistes valait le prix d’entrée, Hilton aux sons des cornemuses et Ouellet sous Conquest of Paradise de Vangelis. J’en ai encore des frissons, tout simplement grandiose et majestueux. La tension était à son comble.

 

18 secondes qui ont changé à tout jamais la vie de Stéphane Ouellet, qui était aux portes d’un combat de championnat du monde de la WBC avant ce premier duel contre Hilton, puisqu’il était premier aspirant à la couronne du champion WBC des moyens, Hacine Cherifi. Sans vouloir refaire l’histoire, je crois que Ouellet aurait battu le français Cherifi. Hélas, c’est du passé. Sans l’ombre d’un doute, Stéphane Ouellet fut un des plus talentueux boxeurs de l’histoire du Québec et ce 27 novembre 1998, il nous l’a démontré brillamment en dominant Hilton en raison de son exceptionnel jab mais Dave Hilton avait aussi un puissant jab, il a fracassé le nez du jonquierois dans les premiers rounds du combat. Imaginez combattre avec un nez cassé pendant plus de 10 rounds et par surcroît contre Dave Hilton. Tout un exploit en soi qui mérite tout mon respect. Un véritable guerrier en soi !

 

Du premier au douzième, ce combat fut enlevant, contrôlé en majeure partie par Ouellet en raison de son jab, si bien qu’au début du douzième, il n’avait qu`à garder Hilton à distance pour s’assurer de la victoire. Toutefois, Ouellet a continué d’échanger avec l’aîné des frères Hilton, qui a toujours été très redoutable et hélas, il s’est fait jouer un mauvais tour à la fin lorsque l’arbitre Denis Langlois a mis fin au combat à 2 : 42 du 12e round. Un scénario de film hollywoodien avec cette fin spectaculaire avec dix-huit secondes à faire au combat. Simplement inoubliable en soi comme combat et merci à tous ceux qui ont œuvré à faire de ce gala, un très grand événement dans l’histoire de la boxe à Montréal.

 

Source : boxrec.com