Tous les joueurs de hockey rêvent un jour de gagner la Coupe Stanley. Plusieurs y parviendront, mais un plus grand nombre encore n’auront jamais la chance de boire le champagne dans le légendaire bol argenté. Le hockey étant un sport d’équipe, il faut l’effort et le travail de tout le monde pour se rendre jusqu’au bout.

C’est aussi une question de ‘’timing’’. Un joueur d’utilité peut jouer trois matchs en séries et avoir son nom sur la Coupe, alors que des joueurs vedettes qui disputent tous les matchs de leur club et en sont les principales têtes d’affiches peuvent se retrouver les mains vides, en termes de championnats.

Malheureusement, il y a beaucoup plus d’équipes aujourd’hui et NE PAS remporter la Coupe Stanley est de plus en plus commun. Il faut encore plus que les astres s’alignent qu’auparavant pour se vanter d’être la dernière équipe encore debout lorsque se termine le Grand Bal du Printemps de la Ligue Nationale de Hockey.

Dernièrement, vous avez pu lire sur Pierre Turgeon, Dale Hunter et Gilbert Perreault, qui ont eu de belles et longues carrières sans toutefois remporter la Coupe. Le joueur d’aujourd’hui est un des meilleurs passeurs de sa génération, qui forma pendant un certain temps le duo le plus terrifiant avec un marqueur tout aussi terrifiant…

Aujourd’hui...

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Il a connu un long parcours dans la LNH. Habile passeur, il a terminé trois fois une saison au sommet de la colonne des assistances. Il a roulé sa bosse et joué pour sept clubs durant son séjour dans la meilleure ligue de hockey au monde. Durant sa carrière professionnelle de dix-neuf saisons, il ne rate les séries que quatre fois.

LA RENAISSANCE DES RED WINGS

Né le 27 Août 1962 à Weston, en Ontario, Adam Oates est un joueur de centre qui évoluera au niveau Junior A durant trois saisons (il sera ignoré par les clubs de la LNH au repêchage) avant d’aller étudier au Rensselaer Polytechnic Institute, dans l’état de New York. Il jouera trois saisons dans le système universitaire américain (216 points en 90 matchs!) avant de voir les Red Wings lui soumettre un généreux contrat de quatre ans, en 1985. Âgé de 23 ans, Oates débute sa carrière lors de la saison 1985-86 avec, en poche, un contrat de 1,1 millions de dollars pour quatre ans, le plus gros contrat accordé à une recrue à l'époque.

Il dispute les 38 premières joutes de sa carrière dans la LNH, amassant vingt points pendant ce temps. Il sera plus prolifique encore dans la Ligue Américaine avec les Red Wings d’Adirondack, alors qu’il enregistre 46 points en 34 matchs de saison régulière. Il continue de produire en séries (21 points en 17 parties), si bien qu’il aide son équipe à gagner la Coupe Calder! Ça sera ses derniers coups de patin en carrière dans une ligue professionnelle autre que la LNH.

Il dispute ses deux premières saisons complètes dans la LNH les deux années suivantes (1986-87 et 1987-88) et les Red Wings, moribonds depuis plus d’une décennie, retrouvent leurs lettres de noblesse alors qu’ils atteignent la finale de la conférence Campbell deux saisons consécutives. Oates n’est pas étranger à ces succès, accumulant 101 points (29 buts) en saison régulière et 31 points en 32 matchs de séries durant cette période. Malheureusement, les Wings s’inclinent deux fois devant Wayne Gretzky et les puissants Oilers.

Après une saison de 78 points en 69 parties (8 passes en six matchs de séries), les Wings font un échange qui hante encore les fans de l’équipe aujourd’hui, en envoyant Paul MacLean et Oates aux Blues de Saint-Louis en retour d’un Bernie Federko en fin de carrière et Tony McKegney. Federko ne joua qu’une saison avec les Wings et McKegney, 14 matchs. Qu’a fait Oates à Saint-Louis?

UN DUO INFERNAL!

À son arrivée à Saint-Louis, le centre ontarien de 27 ans est jumelé à un certain Brett Hull, avec qui il disputera deux bonnes saisons complètes. Dès leur première saison ensemble, la magie opère. Oates amasse 102 points (79 passes) et Hull marque 72 buts. Le duo ‘’Hull & Oates’’ était né!

En 1990-91, les deux attaquants connaîtront une saison qui marquera l’imaginaire des fans. Le ‘’Golden Brett’’ va inscrire un incroyable total de 86 buts durant la saison et Oates, qui savait remettre la rondelle à Hull comme personne auparavant (et après!), amasse 90 mentions d’assistance et aussi, un petit vingt-cinq buts pour un excellent total de 115 points.

Malheureusement, ces succès en saison régulière ne se reproduisent que très peu en séries. Les Blues atteignent la deuxième ronde en 1990 et 1991, mais sont incapables de se rendre plus loin. Le 7 Février 1992, ils échangent leur passeur émérite aux Bruins (en retour de Craig Janney et Stéphane Quintal), malgré ses 69 points en 54 joutes. Après un peu moins de trois saisons, c’était la fin de ‘’Hull & Oates’’.

LES BRUINS ET LA SAISON 1992-93

Dès son arrivée à Boston, l’ancien numéro 12 des Blues a un impact immédiat. En l’absence de l’as marqueur Cam Neely, il emmène les Bruins jusqu’en finale de la Conférence Prince-de-Galles (l’ancêtre de l’Est) contre les Penguins de Pittsburgh. C’est la troisième fois de sa carrière qu’il atteint la demi-finale, une troisième défaite en autant d’essais, malgré ses 19 points (15 matchs), bons pour le premier rang de son équipe en séries.

La saison 1992-93 en sera une mémorable pour Oates, et partout à travers la LNH. Cette saison a été l’une des plus offensives de l’histoire de la Ligue. Quatorze joueurs ont marqué au moins cinquante buts cette saison-là. Quatorze!!! Et ce n’est rien, car vingt-et-un joueurs ont atteint la marque des cent points! Comme vous vous en doutez, le nouveau centre du Boston s’est avéré être un de ces joueurs….

Sans Cam Neely encore une fois, entouré de joueurs comme Joé Juneau (102 points), Dmitri Kvartalnov, Steve Leach et Vladimir Ruzicka, Adam Oates enregistre des sommets personnels partout à l’offensive. Il marque 45 buts, se fait complice de 97 autres (sommet dans la LNH), pour un total de 142 points, sa meilleure performance en carrière dans les trois catégories! Malheureusement, les Sabres éliminent Boston en quatre parties dès la première ronde, sur ce fameux but de Brad May en prolongation lors du quatrième match à Buffalo avec le commentateur Rick Jeanneret et son légendaire : ‘’ Mayday! Mayday! Mayday! Mayday! Mayday! May-Day! ‘’.

Malgré 112 points en 1993-94 et sa moyenne d’un peu plus d’un point par match durant les autres saisons, il est échangé à Washington en Mars ’97, dans un échange impliquant six joueurs, dont le gardien Jim Carey, récent vainqueur du trophée Vézina. Après environ six saisons, c’était fini pour Oates avec les Oursons.

SA PREMIÈRE FINALE

Maintenant âgé de 35 ans, Adam Oates mène les Capitals jusqu’en finale de la Coupe Stanley en ‘98, une première en carrière pour l’ancien des Wings et des Bruins. Champions en titre, les Red Wings de Détroit attendent les Caps de pied ferme et ils ne leur donneront aucune chance. Steve Yzerman et sa bande battent sèchement Washington en quatre petites parties. Oates termine ex-aequo au sommet des pointeurs du club en séries, avec dix-sept points, tout comme Joé Juneau.

Le centre des Capitals est vieillissant, mais dans une LNH de plus en plus défensive, il continue d’amasser son point par match. Jouant avec des joueurs comme Peter Bondra, Steve Konowalchuk et Phil Housley, Oates jouit toujours d’une vision du jeu et d’une intelligence du hockey hors du commun, continuant toujours de passer la rondelle avec précision et d’alimenter adéquatement ceux qui partagent la glace avec lui.

Même si les Capitals n’auront pas de succès en séries jusqu’au départ d’Oates, ce dernier trouve le moyen d’être productif. Durant deux saisons consécutives, il termine la saison en tête de la LNH pour les passes. En 2000-01, il en amasse 69 alors que la saison suivante, ses 64 assistances sont bonnes pour le premier rang à nouveau. Tout ça à la fin de la trentaine!

LA FIN

Les Flyers de Philadelphie de 2001-02 voulaient faire un bout de chemin en séries. Ils contactent les Capitals pour savoir si Oates est disponible. Le 19 Mars 2002, ils envoient le jeune gardien Maxime Ouellet, ainsi que des choix de premier, deuxième et troisième tour pour obtenir le polyvalent centre dont la réputation n’était plus à faire. Oates finit la saison avec les Flyers, amassant dix points en quatorze parties.

L’objectif des Flyers n’aura pas été atteint. Malgré l’ajout du vétéran centre de 39 ans, l’équipe baisse pavillon au premier tour face aux Sénateurs, s’inclinant en cinq petits matchs. Pire encore, les Flyers ont été blanchis trois matchs consécutifs et n’ont marqué que deux buts en cinq matchs…

À l’été 2002, les Mighty Ducks d’Anaheim font signer un contrat d’un an au centre qui portait maintenant le numéro 77. L’Ontarien continuait de produire de façon constante et l’équipe californienne voulait miser sur un vétéran capable de montrer l’exemple tout en pouvant aider l’équipe à se rendre loin.

Entouré de joueurs plutôt modestes à l’exception de Paul Kariya et Petr Sykora, Oates commence à ralentir. Il n’amasse que 45 points (neuf buts) en saison régulière, mais il lui reste encore de l’essence dans le réservoir pour les séries! Il amasse treize points (quatre buts) et termine encore une fois en tête des pointeurs de son équipe.

Et comment ont-elles été, ces séries? Longues! Elles ont été longues! Menés par un Jean-Sébastien Giguère en feu devant son filet et une équipe où la production était l’affaire de tous, les Mighty Ducks atteignent la finale de la Coupe Stanley. Les Devils du New Jersey, solide équipe avec Martin Brodeur devant le filet, se dressent devant les Ducks.

La série est chaudement disputée, chaque équipe remportant ses matchs disputés à domicile. Malheureusement pour Anaheim, les Devils avaient connu une meilleure saison régulière et ils détenaient l’avantage de la glace. Ainsi donc, cela prit sept parties au New Jersey pour défaire les Mighty Ducks.

À 40 ans, Adam Oates venait de passer très près de remporter la Coupe Stanley, il n’était qu’à un petit match! Il a joué une dernière saison en 2003-2004 avec les Oilers, n’amassant que dix-huit points et un maigre deux petits buts en soixante joutes, ses dernières dans la LNH, puisque les Oilers n’ont pu se qualifier pour les séries.

Alors, se souvient-on d’Adam Oates car il n’a pas gagné la Coupe Stanley? Bien sûr que non! En dix-neuf ans de carrière (1337 matchs), il a amassé 1420 points, dont 1079 passes! Prolifique pendant une bonne partie de sa carrière, il a terminé trois fois au sommet des assistances, en plus de dépasser quatre fois la barre des cent points et trois fois la marque des 90 passes! Il a aussi participé à cinq parties d’étoiles (’91, ’92, ’93, ’94, ’97).

Admis au Temple de la Renommée en 2012, Adam Oates pointe au 8ème rang de l’histoire au niveau des assistances avec ses 1079 en carrière. Il fait partie d’un groupe restreint de seize joueurs ayant atteint le cap des mille passes avant leur retraite. Pour ce qui est des points, ses 1420 lui confèrent le dix-huitième rang de l’histoire.

Jamais il n’a gagné d’honneurs individuels, mais il a reçu des votes dans sa carrière pour les trophées Hart, Lady Byng et Selke à plusieurs reprises. Il a même terminé deuxième au scrutin quatre saisons consécutives pour le Lady Byng, perdant contre Pierre Turgeon en ’93, Wayne Gretzky en ’94, Ron Francis en ’95 et un jeune Paul Kariya en ’96.

À bientôt, chers lecteurs du GC, pour un autre grand qui aurait dû gagner!

Dans des billets précédents sur le même sujet

Pierre Turgeon

Dale Hunter

Gilbert Perreault