Ça ne sert à rien. Je n’ai jamais approuvé. Je comprends les adeptes d' ultra marathon et je les respecte mais je suis incapable de leur donner raison. Je reconnais les efforts qu’ils ont pu accomplir pour y parvenir. On parle d’exagération, de démesure. Voilà mon opinion et je ne vous demande pas de l’appuyer.

Je trouve malheureux de voir cet engouement pour les distances inimaginables. Heureusement, ce genre de compétitions rejoint une minorité. Je crois que cette mode va passer…comme les autres en espérant qu’elles ne feront pas trop de victime.

J’ai trouvé un gars important qui abonde dans le même sens que moi. Il s’agit de Pierre Lavoie. Il ne s’est pas éternisé sur le sujet lors d’une entrevue qu’il a accordée récemment. Il a bien résumé sa pensée en une seule phrase : « Je ne ferai jamais d’ultra marathon parce que j’ai l’intention de courir toute ma vie. »

Drôle de coïncidence car c’est exactement ce que j’écrivais récemment dans l’un de mes derniers textes. Ce n’est pas sorcier, la logique le commande. Les adeptes des ultras peuvent trouver toutes sortes de bonnes raisons pour expliquer leur adhésion à ces épreuves mais pour moi, ce n’est que de la poudre aux yeux. Une recherche du dépassement, un bien psychologique, un état d’esprit zen reviennent régulièrement comme éléments de motivation. Pierre Lavoie jouit d’une grande expérience et d’une solide réputation dans le milieu de l’activité physique. Inévitablement, ces propos revêtent beaucoup de crédibilité. Il veut faire du sport le plus longtemps possible. Facile à saisir, n’est-ce pas ? Alors, pourquoi ne pas mettre toutes les chances de notre côté ? Poser la question c’est y répondre.

On sait combien le marathon exige une préparation consciencieuse. On doit s’entraîner sérieusement pour être en mesure de bien en profiter. Malgré toute cette bonne intention, courir 42km continue de stresser et d’inquiéter les gens qui décident de s’embarquer. J’ai accompagné un coureur lors du marathon de Québec en août dernier. Il s’agissait de son premier marathon.

Ex-joueur de football, de hockey, adepte de vélo de montagne, de descentes de ski, disons qu’il offrait le profil idéal. En d’autres mots, ce n’était pas un deux de pique ! Or, depuis ce marathon, il ne peut plus courir à cause d’une blessure à un genou. Avec cinq kilomètres à franchir lors du marathon, cette indisposition a surgi et l’empêche de s’adonner à la course à pied. Je veux bien croire que certaines personnes présentent une morphologie adaptée à la course à pied mais ce n’est pas une raison valable pour courir à sa perte.

Je suis impressionné par les friands des ultras mais au grand jamais je ne pourrai les épauler. Il sera intéressant de voir la condition physique de ces personnes dans dix, vingt ou trente ans. Je pense que c’est à ce moment que l’on pourra vraiment dire si ça valait la peine. D’ici là, permettez moi d’en douter.

Et je ne vous ai même pas parlé de l’état d’esprit qu’auront ces athlètes dans l’avenir. Où puiseront-ils une adrénaline semblable ? Certainement pas en jouant au poker !