« Je n’ai jamais rien fait dans ma vie outre fumer pendant 40 ans deux paquets de cigarettes par jour. Je prenais des médicaments pour contrer mon cholestérol, un taux de pression élevé, j’excellais uniquement pour prendre ma bière sur le balcon. Mais je n’étais pas un mauvais gars pour autant ».

 Yvan Landry dit les vraies affaires aujourd’hui. Un témoignage qui peut paraître sévère mais dans lequel on retrouve une certaine satisfaction de sa part. C’est comme s’il voulait expulser son fiel !

 Âgé de 57 ans, il en aura 58 le 22 janvier prochain, nous l’avons rencontré dans son bureau situé dans la salle des moteurs du traversier Lucien L. qui fait la navette entre Saint-Ignace-de-Loyola et Sorel-Tracy.

 Dans son autre vie, il se considérait comme un grand malade.

 

La course à pied a complètement changé la vie d'Yvan Landry.

 

Début 2014, il déménage ses pénates de Pierreville à Drummondville où il constate que plusieurs personnes pratiquent la course à pied. Il réalise alors qu’il dormait au gaz ! « Je ne peux vraiment pas te raconter d’histoire, mais j’ignore ce qui a causé ce déclic car auparavant, mon plaisir je le retrouvais dans la boisson, les femmes et faire la fête. Voilà pourquoi, dans l’ensemble, j’admire les jeunes d’aujourd’hui. Je réalisais que je ne vieillissais pas en santé. J’enviais les coureurs. »

 Le 25 novembre 2012, il cesse de boire et en mars 2013, c’est terminé pour la cigarette. « J’ai alors repris le goût de vivre et il n’était aucunement question que j’empire mon cas. Un soir d’automne en 2013, j’ai dit à ma femme que je m’en allais courir. Elle m’a répondu : Tu vas mourir ! J’ai aussitôt répliqué : Bien, je mourrai ! »

 

Le cheminement de l'humoriste Maxim Martin peut se comparer à celui d'Yvan.

 

Après 1km, il est retourné à la maison. Il a vomi. Il a eu peur. Vraiment, il aurait pu y passer ! Trois mois plus tard, il pouvait franchir 21km. « Je désirais progresser rapidement. »

 Aujourd’hui, il vit en harmonie. « Dans ma tête, je suis invincible et il n’y a rien à mon épreuve. Je tente du mieux que je peux de transmettre mon vécu et davantage ma métamorphose. »

 Initialement, personne ne croyait qu’Yvan allait changer. « Par le passé, j’ai tellement dû traverser des rechutes. On me considérait comme un type qui parlait mais qui ne faisait rien malgré le fait que je constatais que les gens étaient tristes de me voir dans un tel état. Mes enfants sont toujours sceptiques car ils ont tellement entendu parler de mes promesses d’ivrogne ! »

 

Yvan et son grand ami Gilles Roussel.

 

Fils de marin, il œuvre depuis 30 ans sur les traversiers. « Mon père fut un capitaine pour Esso. » Ce père de trois enfants, Martin, 41 ans, le fils de sa compagne, Michaël, 34 ans et Mélisa, 32 ans, s’est débarrassé de 40lbs inutiles sur son corps. « Le médecin n’en revenait pas lorsqu’il m’a fait subir des examens six mois après ma grande décision. Assez, que j’ai dû passer un 2e test pour le convaincre ! »

 À 5’6, son poids actuel de 160lb lui convient parfaitement bien. « La course à pied m’a réparé. Que dire des bienfaits psychologiques que j’en retire ! La vie est merveilleuse actuellement. Parfois, je me dis que j’aurais dû agir ainsi plutôt dans ma vie mais je ne suis pas du genre à regretter. Je suis un gars qui projette vers l’avenir. »

 

Voici le bureau de travail d'Yvan, là où nous l'avons rencontré afin de réaliser l'entrevue.

 

Il admire les histoires de Mario Saint-Amand et Maxim Martin. « Je les comprends et je les respecte énormément. Je me lève à chaque matin et je remercie le ciel. Je ne suis pas croyant mais….. Je me connais de mieux en mieux. Je cours heureux. Les endorphines, c’est suffisant. Je n’ai pas besoin d’autre chose. Si la course à pied peut rester accrocher à moi, je vais guérir. Je ne perçois plus la vie de la même couleur. Je possède des rêves et des objectifs différents. Je ne veux plus rien rater ».

 Il a même initié sa compagne à la course à pied, elle qui souffre d’un problème d’asthme.

 Yvan a couru son premier marathon à Bécancour en octobre dernier en 4h14. « Je croyais que courir 42km, c’était pour les autres et finalement, j’y suis parvenu. Je l’ai vécu avec mon grand ami Gilles Roussel pour qui je serai toujours là dans son combat contre le cancer. Je ne crois pas au miracle mais je pense que les exceptions existent. »

 

 

Yvan sourit maintenant à la vie.

 

Quand il dit aux gens qu’il peut maintenant courir en 3 minutes 40 secondes sur une distance d’un kilomètre, ceux qui connaissent son histoire froncent les sourcils et ne comprennent pas.

 Un virage à 180 degrés pour Yvan Landry qui nous ramène à la vraie réalité.

 Après une heure, le traversier était revenu à son point de départ. J’ai quitté le navire avec une belle histoire et des moments privilégiés.