Vous avez bien lu. Je rêve à un trio Teasdale-Domi-Suzuki, mais pas en 2019-2020. Teasdale pour enfiler l’aiguille et faire parler ses gros bras, Domi pour démontrer sa hargne, sa fougue et sa détermination, et Suzuki pour préparer des jeux dont lui seul a la recette. Domi étant gaucher et Suzuki droitier, on pourrait les permuter au cercle des mises en jeu.

 

Joël Teasdale ne sera pas prêt avant un an ou deux. Il devra s’acclimater au hockey professionnel dans l’Américaine. Le solide gaillard de 6 pieds et 203 livres, qui vient de célébrer le 11 mars son 20e anniversaire, a remporté le titre des marqueurs des séries de la LHJMQ avant d’hériter du titre de joueur par excellence du Tournoi de la Coupe Memorial. Il s’était aussi approprié le trophée du gentilhomme du circuit québécois, le trophée commémoratif Frank-J. Selke, en 2017-2018.

 

Je ne pense pas qu’il ait volé son trophée Stafford Smythe, remis au joueur par excellence. Teasdale a été devancé par Isaac Ratcliffe (3 buts 3 aides +3 et 15 tirs) au sein de l’équipe d’étoiles, mais il a marqué dans quatre parties de suite et a amassé au moins 3 lancers à chacune de ses 5 parties. Après tout, il y est pour beaucoup dans la conquête du titre national junior par Rouyn-Noranda.

 

Il est un joueur discipliné, capable de la mettre dedans, et les plus petits Domi et Suzuki ont besoin d’une bonne paire d’épaules pour les appuyer, pour créer de l’espace, aller chercher le disque le long des rampes. Max Domi sait frapper aussi, mais on ne le veut pas au cachot, il doit garder la tête froide sans perdre son style caractéristique. Le sang de Tie bout dans ses veines, ne l’oublions pas. Max a tout de même été le meilleur marqueur des Canadiens de Montréal en 2018-2019, avec 72 points (28 buts) et +20 en 82 parties. Et il a eu 24 ans en mars. Alors il est très jeune. Et plus doué que le paternel, devenu un partisan inconditionnel du Bleu-Blanc-Rouge.

 

Suzuki multiplie les belles feintes et les jeux impensables (et imprévisibles), il a une explosion  sur patins déconcertante et il joue très bien dans les deux sens de la patinoire, La majorité des connaisseurs le voit avec le Rocket, où il aurait un succès instantané, mais attendons de voir son camp d’entraînement. Avec Ryan Poehling, il est le hockeyeur le plus susceptible de mériter un poste immédiatement avec le grand club. Je n’affirme pas qu’il y parviendra. Mais nous l’espérons tous. Il ne faudrait pas le brûler, ce serait dommage. Max Pacioretty a permis au Canadien de l’acquérir. Joli cadeau d’adieu de Max la Menace. Lui et Tatar.

 

Plus de 300 points chez les juniors

 

Teasdale, signataire d’une entente en qualité d’agent libre, a accumulé 292 points dans la LHJMQ, dont 134 buts, un excellent différentiel de +94 en 315 parties, 957 lancers, 42 BAN 10 BDN 28 BG. On ajoute les 4 buts (un sur le jeu de puissance) 1 aide +4 et 21 lancers (meneur) en 5 matches du Tournoi de la Coupe Memorial, et cela porte son différentiel à +98, avec 978 tirs au but.

 

Puis il faut greffer son but et ses 2 aides en 3 parties dans l’équipe de développement du Canada sous 17 ans, et enfin ses 3 buts 3 aides en 6 parties au Junior mondial sous 17 ans, à sa saison recrue, alors qu’il était l’adjoint au capitaine de l’équipe Rouge du Canada. Cela donne un grand total junior majeur de 306 points dont 142 filets en 329 rencontres. Dont 43 buts enfilés en avantage numérique en 4 années de hockey junior au niveau canadien. Et 28 buts victorieux.

 

Il sort d’une saison magnifique. Auteur de 43 buts et 80 points en 66 parties régulières, il y a mis toute la gomme en séries. Il a fini 1er de sa ligue pour les points (34), 2e pour les lancers (102 en 20 matches), 2e ex aequo pour les buts (14, comme Félix Bibeau), 3e pour les passes (20, à une des deux co-meneurs dont son pivot au centre), a maintenu le 3e différentiel (19, 1er chez les attaquants). Pour une production globale en 2018-2019, Tournoi de la Coupe Memorial inclus, de 61 buts 58 passes, 119 points +61 en 91 parties et 391 lancers. Meilleur buteur des Huskies, détenteurs de la triple couronne du hockey junior canadien. Et 2e pointeur (derrière son centre, Peter Abbandonato, 2e marqueur de l’année au Canada), avec un point de plus que son capitaine, Rafaël Harvey-Pinard, qu’il a coiffé au fil d’arrivée.

 

Le 2e pointeur de l’organisation du Tricolore cet hiver est promis à un bel avenir. Il doit d’abord peaufiner son jeu sous la férule de Joël Bouchard, son ancien entraîneur (pendant trois ans) avec l’Armada de Blainville-Boisbriand. L’ailier gauche sera utilisé à toutes les sauces, dans toutes les situations de jeu, avec le Rocket de Laval. L’espoir demeure en mode apprentissage.

 

Le meilleur marqueur a évidemment été Nick Suzuki (19 ans), champion pointeur et passeur des séries de la Ligue canadienne de hoeky avec 42 points en 28 rencontres. Ses 53 buts 93 aides 146 points +68 et 396 lancers en 92 parties le situent au sommet des pointeurs du Canada pour l'enseble de l'année, niveau junior majeur. Au monde entier? Il se classe 3e, derrière le phénoménal Jack Hugues (187 points dont 55 buts en 92 matches) et le petit mais combien imposant avec son tir de feu, Cole Caufield (159 points dont 115 buts en 99 parties).  

 

Stoppé à un petit point de Max Domi

 

Nick Suzuki, lui, a 170 buts 235 aides pour 405 points +124 en 309 parties (et 1228 tirs) en 4 ans dans l’OHL. Son futur coéquipier Max Domi a amassé dans le même circuit ontarien 150 buts 241 aides 391 points +105 et 335 minutes de punition en 302 parties en 4 ans. Mais impossible de connaître son nombre de lancers, très certainement inférieur.

 

Qu’en est-il maintenant de leur carrière junior complète, incluant les tournois internationaux et la Coupe Memorial? Suzuki s’est rendu à 175 buts 247 aides 422 points +131 en 328 parties. Il a donc un point de moins que Max Domi, en 4 parties de moins.

 

En effet, Domi a conclu sa carrière junior avec 163 buts 260 aides 423 points +114 en 332 parties. Il aurait suffi que Suzuki atteigne la finale pour la coupe Memorial, il aurait pu devancer Domi. Car plus de buts en moins de parties.

 

Domi, qui évoluait avec les puissants Knights de London, en trois présences à cet événement a inscrit 8 points dont 2 buts, avec un différentiel de -8, en 12 parties. Il a perdu en finale contre Shawinigan en prolongation en 2018 (défaite de 2-1). Il a perdu en demi-finale, 2-1 contre Portland, en 2013. En 2014, l’équipe hôtesse de London a perdu ses 3 parties, pour tirer sa révérence à l’issue des préliminaires.

 

Suzuki, pour sa part, a fini 2e pointeur au Tournoi de la Coupe Memorial, récoltant 7 points dont 3 buts en 4 matches, avec un différentiel de +3 et 18 lancers au but (3e). Meilleure moyenne de points par match (1,75), égal au défenseur Sean Durzi qui a aussi 7 points. Félix Bibeau l’a supplanté au centre de l’équipe d’étoiles de la compétition. De très peu. Ses 5 buts en 5 parties, plus haut total, et ses 21 lancers, deux départements où il a mené, y sont pour beaucoup.

 

Ce qui est plus surprenant, c’est que le Gatinois Benoit-Olivier Groulx, un autre centre, ait trouvé sa place au sein de l’équipe d’étoiles, malgré sa production de 4 points dont un seul but et +3, en plus de 10 lancers. Groulx a été le second membre de l’équipe hôtesse (Mooseheads) sur cette équipe de rêve, avec le gardien Alexis Gravel, récompensé avec raison du trophée Hap Emms.

 

Suzuki a néanmoins été la sensation du tournoi, avec Jakub Lauko, champion marqueur détenteur du trophée Ed Chynoweth.Le premier Tchèque à mener les marqueurs du tournoi de la Coupe Memorial depuis Michal Repik des Giants de Vancouver en 2007. Mais Suzuki a manqué de jus en demi-finale. S’il avait lancé au lieu de se montrer trop généreux avec la passe de trop en fin de partie contre les Huskies, il aurait peut-être forcé la prolongation et rejoint Max Domi. On ne le saura jamais.

 

Un point de moins que Max en 8 parties de moins au championnat national, c’est quand même une bonne consolation. On lui a remis le trophée George Parsons, du plus gentilhomme à cette compétition. Impuni à Halifax, il avait aussi été récompensé du trophée du meilleur esprit sportif à ses trois dernières campagnes dans l’OHL. C’est à l’opposé de Max Domi.

 

Mais Domi a mieux réussi sur la scène internationale, récoltant 10 points dont 5 buts +10 et 21 lancers en 7 parties au Junior mondial sous 20 ans, 7 points (3 buts) et +7 en 5 parties à la Coupe Hlinka-Gretzky et 7 points (3 buts) en 6 matches au Junior mondial sous 17 ans.

 

Suzuki s’est contenté de 3 passes et +3, 6 lancers en 5 parties au Junior mondial sous 20 ans, de 1 but 2 aides et +1 en 4 parties à la Coupe Hlinka-Gretzky et de 1 but 3 aides en 6 parties au Junior mondial sous 17 ans. Impossible de savoir le nombre de lancers et le différentiel au Junior mondial sous 17 ans, dans les deux cas. Suzuki, 13e sélection de la LNH au repêchage de 2017, aura signé 44 buts 75 aides, 119 points en avantage numérique, 14 filets 7 aides en infériorité numérique, 30 bus gagnants et écopé seulement 72 minutes de punition. Domi, lui, totalise 159 points dont 48 filets en avantage numérique, 8 buts 4 aides en infériorité numérique et 20 buts victorieux dans ses 302 parties dans l’OHL, mais j’ignore combien de points en avantage numérique et en infériorité, et de filets gagnants, il a ajouté dans ses 30 parties internationales ou à la Coupe Memorial.

 

Non mais, Teasdale-Domi-Suzuki, pourquoi pas? Il me semble que cette combinaison appuierait bien les trios Tatar-Danault-Gallagher et Drouin-Kotkaniemi-Shaw (ou le rapide Drouin à la place du pugnace Tatar, s'il se raplombe) pour donner trois trios offensifs équilibrés. Mais dans ce milieu, les choses évoluent assez vite. Alors ne partons pas en peur. Je voulais simplement vous livrer le fruit de ma perception présente des choses. Dans un monde en constante mutation.