Son père lui a dit : « Joan, tu as choisi le sport le moins payant ! »

 Après la pluie, voilà le beau temps qui refait surface ! Joan Roch vient de manger son pain noir. Une chute abrupte a entraîné de grands bouleversements dans une vie qui pourtant, démontrait tous les signes exigés par le bonheur. Qui aurait pu se soucier d’un tel marasme ?

 Tout sourire et dans une condition physique impeccable, il prépare son retour depuis déjà quelques mois.

 Considérant une vie de couple fragile, il a cessé de courir pendant plusieurs mois sans pour autant que la situation matrimoniale revienne sur ses rails. Des ennuis avec Revenu Québec l’ont solidement ébranlé. Ajoutez une grande fatigue physique et morale, un stress provoqué par un travail intense, la responsabilité de trois enfants, il a fini par craquer, occasionnant une rupture avec la mère de ses enfants.

 

La rencontre d'Anne Genest a tout changé dans la vie de Joan.

 

Après 10 mois, il raconte dans un café de Laprairie qu’il n’en pouvait plus de prendre le métro ! Le courage était réapparu et graduellement, il est revenu à la vie. « J’ai réalisé que l’origine de mes ennuis ne se retrouvaient pas nécessairement dans la pratique de mon sport. Ultimement, je n’ai jamais réussi à compenser le vide créé par le rejet de la course à pied. »

 Les premiers mois de 2018 marqueront son retour avec la reprise de clichés inédits. Ils publient. Les gens en redemandent. Pendant ce temps, il ne reçoit pas l’appui escompté de son ex. « Pourquoi veux-tu te mettre en avant ? », lui demandait-elle à l’époque. « Elle voyait ce projet comme vaniteux. Je me disais : Pourquoi je me refuserais de partager ? »

 Constatant que sa relation bloquait ses visions pour l’avenir, avril dernier marquera la fin de ce couple qui faisait l’envie de plusieurs. Tranquillement, les mesures ont été prises. La délicatesse s’imposait avec des enfants de 8, 10 et 12 ans. « Ceux-ci avaient des amis qui vivaient des expériences identiques. Ils ont partagé. L’impact fut moindre», explique un Joan radieux.

 

Joan a retrouvé le sourire et le goût de relever d'autres défis.

 

Puis, Anne Genest refait surface. Ils se connaissent car ils s’étaient rencontrés déjà pour la réalisation d’un texte sur le site de courir.org en janvier dernier. Et il y a eu ce coup de foudre mutuel. Anne, elle court, jusqu’à 150 km par semaine. « Tu sais Daniel, c’est chacun son truc, et je respecte ça. La course à pied, c’est un grand classique pour expliquer maints ennuis. »

 Écrivaine,  journaliste de formation « en plus d’être très jolie », prend-t-il soin d’ajouter, tous les projets qui dormaient chez Joan ont explosé et le voilà gonflé à bloc pour mener à bon port ses prochaines missions. Et elles seront prises au sérieux. Pas question de louper les idées.

 Pour écrire ce 2e livre,  il lui faudra obligatoirement du gras autour de l’os. Oui, car il veut en pondre un autre. Pourquoi pas ?  Il n’a peur de rien et plongera tête première dans une nouvelle zone. « J’irai vers la surenchère, il le faut, c’est indispensable. Je n’innoverai pas mais les défis deviendront supérieurs à ceux qui figurent déjà à mon dossier. »

 

En 2020, Joan sortira assurément de sa zone de confort.

 

Triple Crown of 200 s., voilà l’objectif qui meublera ses pensées pour un certain temps. Le Big Wolf's Backyard Ultra, Lake Tahoe et la MOAB, ce qui totalise 1050 km  en huit semaines l’an prochain, de juillet à octobre. « Voilà ce qu’il me fallait pour sortir de ma tanière. Depuis le temps que je recherche mes limites, on verra. Je n’ai jamais été aussi motivé. Je suis capable actuellement de courir un marathon par jour », confirme l’athlète qui aura 46 ans le 20 décembre prochain.

 Motivé au maximum, il voit grand, il voit loin. « Je vais documenter les gens d’ici la parution de mon 2e livre aux Éditions de l'Homme en 2021. Les réseaux sociaux, les conférences et des expositions de mes photos fourniront un bref échantillon de ce projet. Je me devais d’agir de la sorte. Le synchronisme est présent et je ne dois pas le rater. Le feu de ma chandelle brûle toujours. »

 Puis, nous avons parlé des trucs que l’on ne contrôle pas sur cette planète. Joan a vu sa sœur mourir d’un cancer à 39 ans. Elle avait deux enfants. Sa soif de vivre et de se lancer à l’aventure prend en partie naissance avec cet autre point tournant dans sa vie.

Frustré, étouffé, contrôlé, Joan a besoin de s’épanouir.

 

Des photos d'une grande qualité démontreront une autre corde à son arc.

 

Toujours travailleur dans le domaine informatique, des modifications importantes pourraient survenir prochainement. En principe, le livre devrait sortir cinq ans après le premier, soit mars 2021. « Pour moi, la course représente un investissement et c’est tout ce qui gravite autour qui me rapportera. »

 Il dispose d’un  solide réseau avec plus de 13,000 personnes qui suivent ses péripéties.

 Prochainement, il y aura le défi Pierre Lavoie, les 24heures de Tremblant et cette fameuse nouvelle course  à Rivière du Loup, deux semaines avant la Triple Couronne, là où le parcours n’est pas un problème mais le coureur en représente un. « Le gagnant est l’unique participant qui arrive à tenir le coup, disqualifiant par le fait même les autres concurrents. »

 

Voilà qui lui convient parfaitement bien.

 « On ne parle pas de carnage car 75% des inscrits parviennent à compléter ce genre d’épreuves. »

 Les dés sont jetés et loin d’être pipés !

 

* Joan participera aux 24h de Tremblant du 6 au 8 décembre avec sa compagne Anne Genest,  Dominic Arpin, Maxim Martin, Patrice Godin, Frédéric Plante et Jean-François Guérin.

 * Joan exposera de 15 à 25 photos du 15 avril au 21 juin 2020 au centre multifonctionnel Guy-Dupré, avec un vernissage le 16 avril.