En larmes, elle se livrait aux journalistes.

 Il faut la comprendre.

 Elle n’avait jamais gagné dans sa vie. Pour la première fois, elle brisait le ruban symbolique de la victoire. Émue, les souvenirs accumulés vers ce triomphe ont vite refait surface.

 Vous courez. Vous le savez, comment l’émotion peut nous envahir au terme d’une épreuve ? Alors, imaginez lorsque vous méritez les honneurs alors que personne ne s’attend à une telle victoire.

 Caitlin Keen a remporté la dernière édition du Flying Pig Marathon de Cincinnati avec un temps de 2h46:41. L’histoire qui englobe cette belle réussite démontre vraiment comment le rêve peut devenir réalité lorsqu’on y croit et qu’on arrive à faire fi des commentaires parfois négatifs qui entourent notre milieu.

 

Caitlin n'avait jamais remporté une course avant de mériter les honneurs du Flying Pig Marathon.

 

Je connais bien ce marathon puisque j’y ai pris part en 2008. J’ai souvent parlé de cet événement puisque j’en garde un souvenir impérissable. Non pas à cause de la ville, vous comprendrez mais bien grâce à l’atmosphère de fête et de camaraderie exceptionnelle qu’on y retrouve.

 Elle n’avait que 12 ans quand Caitlin a assisté pour la première fois à cette compétition alors que sa famille, en provenance de la Californie, venait de s’établir dans cette ville de l’Ohio. À cette époque, elle ne courait pas mais se laissait attirer par les adeptes de la course à pied qu’elle connaissait.

 Sans que personne ne le sache, elle a fait cette réflexion qui disait qu’un jour, elle allait remporter les grands honneurs de ce marathon.

 

La voilà partie pour la gloire,elle qui aspire maintenant joindre les rangs de l'équipe olympique américaine.

 

Puis, huit ans plus tard,  la famille a de nouveau déménagé ses pénates, s’installant à Dallas au Texas. Caitlin n’a jamais perdu son projet de vue. Au contraire, ce changement lui a servi de motivation supplémentaire, particulièrement lors de son passage à l’université.

 « Je n’avais jamais rien gagné dans ma vie, ni à l’école, ni à l’université », éclatant en sanglots, étreinte par l’émotion. « Quand je suis passée par certaines rues, je me suis revue à mon enfance et j’ai pensé à cette phrase que je m’étais dite intérieurement. Disons que tout cette atmosphère m’a fourni l’adrénaline nécessaire pour tenir le coup jusqu’à la fin », a ajouté celle qui a pris le 12e rang au classement général.

 Maintenant, elle ne vise rien de moins que l’équipe olympique américaine afin de représenter les États-Unis pour les Jeux de 2020.

 

 

Les membres de sa famille ont assisté à ce triomphe. Sa mère (à droite) a même complété le demi-marathon.

 

Il s’agit d’y croire.

 Ce qu’elle chérissait jadis est devenu réalité.

 Rien ne laissait présager une telle performance et même si ce marathon n’a pas la réputation d’attirer les coureurs élites, il n’en demeure pas moins que la victoire fut acquise et qu’elle risque de transformer les objectifs de Mlle Keen.

 Lors de cette journée, sa mère a participé au demi-marathon qu’elle a également complété.

 

J'ai eu le bonheur de participer au Flying Pig  de Cincinnati en 2008, un marathon exceptionnel pour son atmosphère unique.

 

Caitlin Keen a donc accompli cette prouesse devant les siens et on imagine qu’ils ont tous été agréablement étonnés par ce titre.

 Peut-être l’élément déclencheur qu’il lui fallait pour la mener vers d’autres sommets.