Gilles Lupien

Accrédité depuis 1996 par l‘Association des joueurs de la LNH

En ce mercredi 3 novembre 2010, j’ai eu la chance d’avoir une entrevue téléphonique avec l’agent de joueurs Gilles Lupien. Je lui ai posé quelques questions à propos de son métier d’agent.

De 1974 à 1982, Gilles Lupien a joué 236 parties dans la LNH et 269 dans la LAH. Après avoir pris sa retraite, il a acheté une concession de la LHJMQ, les Chevaliers de Longueuil, devenu aujourd’hui les Tigres de Victoriaville. Pourquoi est-il devenu agent de joueurs? « Les joueurs ne cessaient de se plaindre de leur agent, alors je leur ai dit que j’allais m’en occuper. C’est comme cela que tout a commencé. »

À quel moment un agent repêche un joueur? Et qu’est-ce qui fait croire à l’agent que le joueur va se développer? « J’aimerais tant le savoir. Je crois que je serais millionnaire si je le savais, lance Lupien en riant. Vers 14 ou 15 ans, on essaye de dessiner le talent. Par contre, étant donné que le joueur est jeune, beaucoup de choses peuvent faire ou défaire sa carrière. Certains rencontrent une fille et mettent le hockey de côté, d’autres préfèrent étudier. Pour jouer au niveau professionnel, il faut être bon, avoir de la force, un bon mental, et être chanceux, etc. »

Gilles Lupien représente plusieurs joueurs, notamment Roberto Luongo (Vancouver), Corey Crawford (Chicago), Steve Bernier (Floride) et Mathieu Garon (Columbus). Dans la LHJMQ, il est l’agent de Sean Couturier et d’Éric Gélinas.

Dans la LAH, le nombre restreint de québécois a comme conséquence que Gilles Lupien ne représente qu’un seul joueur, soit Denis Hamel. Parlant de lui, après avoir débuté la saison dans la LNAH au Saguenay, Hamel a obtenu un essai de 25 matchs avec les Phantoms d’Adirondack. « C’est moi qui lui a déniché cet essai. On est de bons amis et on vient du même coin. »

Les négociations de contrat pour un joueur vedette peuvent paraître les plus difficiles puisqu’elles sont très médiatisées. Gilles Lupien n’est pas de cet avis : « Au contraire, ce sont les plus faciles. Les paramètres du contrat sont déjà décidés. Il faut être patient et ne jamais céder le moindre avantage au directeur-général. Par exemple, pour signer la prolongation de contrat de Roberto Luongo (12 ans/64 millions), si je totalise tous les téléphones et toutes les rencontres, cela m’a pris 24 heures. » Lupien poursuit en affirmant que c’est plus difficile de convaincre un directeur-général pour un joueur de soutien puisqu’il n’est pas une valeur sûre.

Lors d’une négociation de contrat, peu importe le joueur, Gilles Lupien affirme qu’il ne vend jamais un client.

Lorsqu’un joueur et son agent acceptent une offre de contrat. Sur quels critères se basent-ils le plus? L’argent, la durée ou la destination? « Tout dépend du joueur. Certainement de l’argent mais il y a aussi les impôts, ou si sa famille est déjà établie dans la ville et que ses enfants ne veulent pas changer d’école. Plusieurs détails de ce genre. »

Lupien représente Sean Couturier. Ce joueur de centre des Voltigeurs de Drummondville a de bonnes chances d’être sélectionné au premier rang du prochain repêchage. Quel est le rôle de l’agent d’un potentiel premier choix? « Simplement le guider pour son futur, travailler avec lui, dire aux autres clubs et à la LHJMQ de lui laisser un peu de paix. » Gilles Lupien doit aussi refuser plusieurs demandes au sujet de Sean Couturier. Nous sommes au mois de novembre et Lupien affirme avoir refusé 40 demandes concernant son client ! Des demandes qui impliqueraient Couturier dans la promotion d’un restaurant, des demandes d’entrevues, etc.

En terminant, puisque seulement 159 agents sont accrédités par l’Association des joueurs de la LNH, j’ai demandé à Gilles Lupien s’il existait une compétition ou une complicité entre agents de joueur. Sans vous répéter sa réponse textuellement, je vous dirai juste qu’il n’a pas mâché ses mots envers ses confrères, qu’il semble y avoir une vive compétition, et que Gilles Lupin, ne parle pas aux autres agents de joueurs.