Être une personnalité publique de nos jours, qu'importe dans quel domaine, c'est un privilège qui te donne droit à une notoriété indéniable. Être adulé par une population entière a ses avantages, mais comme tout le monde le sait, ça a aussi de graves inconvénients. Le domaine sportif ne fait pas exception à la règle. Un tas de jeunes vénèrent les sportifs pour diverses raisons et ces derniers ont donc le devoir moral de bien se comporter en dehors de leur champ d'expertise afin de montrer le bon exemple, d'indiquer la marche à suivre à des jeunes parfois désillusionnés face à une société qui n'exige rien de moins que la perfection, une société qui ne pardonne que très peu souvent le moindre faux pas, la moindre incartade, le moindre échec...

Joël Legendre en sait quelque chose, son faux pas, il l'a commis dans un parc. Manny Pacquiao en sait quelque chose, son faux pas, il l'a commis au nom de Dieu mais au détriment de toute la communauté gaie avec des propos tels que son commanditaire principal Nike a décidé de couper les ponts d'avec le Philippin.  Donald Trump en sait quelque chose, son faux pas, il l'a commis le jour où il a décidé de se lancer en politique.

Aussi notable ta notoriété puisse-t-elle être, elle ne te donne pas tous les droits et à l'instar des partisans du Canadien, quand un faux pas est commis, la population qui t'adulait hier risque de te huer demain.

Quand tu es au top de la montagne, quand tu es dans une classe à part, quand tu es considérée comme étant indestructible, le moindre revers peut laisser des traces qu'on ne peut même pas soupçonner. Ronda Rousey l'a appris à la dure. Dotée d'une confiance à toute épreuve justifiée par le fait qu'aucune de ses adversaires n'était parvenue à lui faire le moindre mal, elle régnait en reine absolue dans la division des poids coqs de l'UFC jusqu'à ce que  l'impensable survienne; jusqu'à ce que le Titanic frappe son iceberg...

 

Ronda a perdu bien plus qu'une ceinture ce soir-là. Sa fierté, son orgueil en ont également prit un coup. C'est l'envers de la médaille. Mais jusque là, ça va. Ce n'est quand même pas la première athlète de combat à subir une râclée... n'y a-t-il pas un certain Steve Bossé qui a subit sensiblement le même traitement aux mains ( lire: aux pieds ) de Thiago Santos ?  

Mais quand nous apprenons que suite à ce faux pas, elle aurait songé ( pas très longtemps, paraît-il ) au suicide, on comprend que cette défaite a laissé des traces beaucoup plus sévères que nous aurions pu penser au départ. Son inébranlable confiance en elle, son statut de " reine de la montagne " , sa fiche parfaite, son règne de championne incontestée n'est plus, alors à quoi bon vivre ?  Voilà l'héritage ingras d'une société qui ne tolère pas l'échec. Voilà l'héritage ingras d'une notoriété qui t'offre tout le nécessaire pour vivre pleinement ta réussite mais qui ne t'offre pas nécessairement les outils pour pouvoir gérer l'inconcevable défaite...

À quoi bon vivre ? Vivre pour se relever, vivre pour passer le message que les vedettes sportives sont des humains. Les super-héros, c'est bon pour le cinéma. Dans la vie de tous les jours, les plus adulés peuvent également trébucher mais ils ont le devoir de se relever et prendre conscience qu'il y a une victoire dans chaque défaite qui se nomme " expérience ". 

La remise en forme psychologique est probablement aussi difficile que la remise en forme physique après un tel échec. Mais quand tu bûches toute ta vie pour atteindre un sommet à qui vous et moi n'aurons probablement jamais accès, songer à abandonner au moindre accroc ne sera jamais la meilleure des solutions et selon le compte twitter de Ronda, il y a probablement 2 183 199 personnes qui seront du même avis sur ce dernier point...