Qu’est-ce que les dernières signatures chez les Maple Leafs de Toronto signifient? Est-ce que les Leafs pourraient, avant longtemps, se retrouver coincer financièrement? Mitch Marner passera également à la caisse prochainement. Les joueurs de talents auront toujours la faveur du public. Cependant, la profondeur demeure une facette essentielle des équipes championnes, qui tend à disparaître avec de tels contrats. Vous vous souvenez des Blackhawks de Chicago?

 

 

Les contrats de Tavares, Nylander et Matthews totaliseront l’an prochain 29 millions de dollars. Hockey News annonçait il y a quelques semaines que le plafond pour 2019-20 pourrait se situer à environ 83 millions. Ces trois signatures pourraient gruger 34,9% de la masse salariale de l’équipe.

Alors Auston Matthews a accepté les termes d’un contrat de cinq ans avec les Maple Leafs. La valeur totale de l’entente se chiffre à 58,17 M$, soit une moyenne de 11,634 M$ par saison. À moins d’une catastrophe, Matthews portera l’uniforme des Leafs jusqu'au printemps 2024. Après cela, on verra. C’est donc dire que les Leafs disposent d’une fenêtre de six printemps éliminatoires avec Matthews et Tavares. Car il s’agit bel et bien d’une fenêtre qui s’ouvre officiellement pour l’équipe.

John TavaresSource: Jack Boland/Toronto Sun
Légende: John Tavares

Certains amateurs pourraient dire qu’il s’agit d’une somme beaucoup trop importante pour Matthews. Toutefois, deux éléments doivent être pris en considération. Premièrement, l’arrivée de Tavares a fait en sorte que les Maple Leafs ont démontré la volonté de gagner dans l’immédiat. Pas question d’attendre deux ou trois ans. Suite à la mise sous contrat de Tavares, laisser traîner le dossier Matthews n’aurait fait aucun  sens. Deuxièmement, les statistiques du centre de 21 ans sont celles d’un joueur de concession. Il a accumulé 178 points en 182 matchs depuis le début de sa carrière. Il est aussi au sixième rang dans la ligue pour les buts marqués (97). Ce genre de production se situe dans l’échelon supérieur des joueurs offensifs de la ligue.

Maintenant s’entendre financièrement avec ces joueurs est une chose, pouvoir manœuvrer sous le plafond salarial en est une autre. Les signatures de Tavares, Nylander et Matthews font des Leafs une puissance en attaque. Les joueurs de soutien sont également intéressants, de même que la brigade défensive et le gardien. Mais il y a d’autres dossiers qui, avant longtemps, pourraient forcer la direction à faire des choix déchirants.

Le prochain qui passera à la caisse a pour nom Mitch Marner. Marner a disputé 29 match de plus (211) que Matthews. Il a inscrit 6 points de plus (193) que son coéquipier depuis le début de sa carrière. Il n’a peut-être pas le talent de marqueur de ce dernier, mais l’ailier droit demeure un élément très important dans la formation de Mike Babcock. Il ne faudra pas s’étonner de voir Marner décrocher un contrat d’environ 8 millions. Il est bon de rappeler aussi que Jake Gardiner sera joueur autonome à compter du 1er juillet prochain. Il est moins offensif que Morgan Rielly, mais il a son importance.

Si James van Riemsdyk et Tyler Bozak ont été sacrifiés à l’été 2018 pour créer de l’espace financier pour le salaire de Tavares, vous pouvez parier un vieux deux que le même scénario est sur le point de se reproduire. Les Leafs ont très bien repêché ces dernières années, et ces jeunes joueurs veulent être payés selon le marché.

Mitch MarnerSource: Getty Images / Claus Andersen
Légende: Mitch Marner

Je faisais mention dans ma présentation que les Leafs pourraient se retrouver d’ici quelques mois dans une situation comparable à celle des Blackhawks de Chicago, en juillet 2015. Quelques semaines après la conquête de la Coupe Stanley, la direction des Hawks avait décidé de payer Jonathan Toews et Patrick Kane. Ces deux signatures ont forcé Chicago à se départir de plusieurs joueurs sur les 3e et 4e trios. Cette profondeur, qui faisait en sorte que l’équipe se démarquait des autres formations, n’est plus qu’un souvenir.

Consentir de tels contrats obligera la direction des Maple Leafs à faire deux choses. La première, dénicher des joueurs de soutien qui n’exigeront pas la lune financièrement. Et la deuxième, avoir du flair aux séances de repêchage. Jim Rutherford a fait un travail exceptionnel pour permettre aux Penguins de remporter deux Coupes Stanley. Certes Crosby, Malkin, Letang et Kessel ont fait de l’excellent travail. Mais le directeur-général a eu la main  heureuse notamment avec Nick Bonino, Matt Cullen et Bryan Rust. C’est la mission qui attend le directeur général, Kyle Dubas.