Il y a des prédictions qui passent à l’histoire. Elles sont si osées, que les amateurs s’en souviennent longtemps. Je ne parle de celles qui se sont réalisées, mais bien des autres. Il y a trois ans, Max Kellerman, du réseau ESPN, ébranlait le monde du football en déclarant que Tom Brady ne serait qu’un bum à court terme. Force est d’admettre, trois ans plus tard, que l’analyste s’est trompé royalement. Le quart-arrière des Patriots a d’ailleurs fêté son 42e anniversaire de naissance samedi. Il a aussi signé une prolongation de contrat. Trois ans après cette prédiction, Brady est loin d’être un bum.

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C’était le 28 juillet 2016, sur le plateau de l’émission First Take sur les ondes d’ESPN. La discussion tournait autour de Brady. «Combien de temps Brady a-t-il devant lui?». Voilà la question que la modératrice Molly Qerim avait posé à Max Kellerman et Stephen A. Smith. «Tom Brady est pratiquement fini. Cela peut arriver cette saison (2016), ou l’an prochain. Il sera terrible à compter du milieu de la saison 2017. Il va chuter d’une falaise. Il sera un bum». Les propos de Kellerman n’avait pas reçu l’appui de Stephen A. Smith, qui lui avait tout simplement laissé la parole pendant plusieurs minutes. Un grand moment de télévision! Je rappelle aux amateurs de football que Brady a remporté le titre de joueur le plus utile en 2017.

Un mouvement anti-Brady bien réel

Il est bon de noter que Max Kellerman fait partie de ces journalistes, animateurs, analystes et personnalités qui rabaissent Brady depuis des lunes! Et sachez qu’ils sont beaucoup plus nombreux que vous pourriez le penser. Les propos de Kellerman rejoignent souvent notamment ceux de Shannon Sharpe, Shawne Merriman, Marcellus Wiley, Rob Parker et Eric Dickerson au réseau FOX. Les opinions sont identiques avec LaDainian Tomlinson (NFL Network), de même que Chris Simms (NBC). La prédiction de Kellerman n’était pas surprenante. Elle représente toujours le sentiment de bien des observateurs. Mais c’est d’autant plus amusant de voir ces «experts» tenter d’expliquer leurs commentaires, leurs prédictions. Dans certains cas, l’exercice frôle le ridicule.

 

Kellerman en remet

Au cours des derniers mois, Kellerman a été appelé à défendre ses propos de juillet 2016. Et lorsque l’on connaît l’attitude des dénigreurs du #12, c’est sans aucune surprise qu’il a pointé du doigt la ligue, sans avouer son erreur. «Si j’avais su que la ligue mettrait en place de nouveaux règlements qui aideraient à prolonger la carrière des quarts-arrières je n’aurais jamais fait une telle prédiction». C’est le refrain qu’il fredonne depuis l’année dernière. Il est vrai qu’il est maintenant défendu de tomber volontairement sur les quarts-arrières. Mais est-ce que ce règlement explique à lui seul le succès de Brady? Soyons sérieux ici. Mais pour Kellerman, sa prédiction se serait concrétisée sans ce changement dans le livre des règlements.

Il rend hommage aussi à Bill Belichick. D’après lui, le système de l’ancien  assistant de Bill Parcells camoufle les erreurs du quart-arrière. Pour lui, ce n’est qu’un concours de circonstances si Brady peut poursuivre sa carrière à ce niveau.

Brady...Un parcours exceptionnel depuis la fameuse prédiction

Il y autre chose que les chiffres pour expliquer la réussite d’un athlète. Être en mesure de faire produire des coéquipiers limités au niveau du talent devrait être l’élément numéro un. Mais des analystes tels que Rob Parker et Max Kellerman, ne se gênent pas pour prendre certains chiffres pour expliquer leurs théories. D’ailleurs, en voici quelques-uns qu’ils n’utilisent jamais. Il s’agit de statistiques reliées aux trois dernières saisons; les saisons au cours desquelles, selon Max Kellerman, Brady devait devenir un bum.

43-10 comme quart-arrière partant

8-1 en matchs éliminatoires

3 voyages au Super Bowl; 2 triomphes (moyenne de 411 verges par la passe/match)

15 708 verges de gains aériens en saison régulière/éliminatoires

106 passes de touchés, 27 interceptions

17 passes de touchés, 6 interceptions (matchs éliminatoires)

Joueur le plus utile de la ligue en 2017; 2e au scrutin en 2016

Tom Brady au Super Bowl LIII, février 2019Source: Sports Illustrated
Légende: Tom Brady au Super Bowl LIII, février 2019

C’est jamais assez

Brady aurait remporté trois Super Bowls, trois titres de joueur du match,  trois trophées du joueur le plus utile en saison régulière, accumulé des saisons de 5000 verges par la voie aérienne, et ce parcours n’aurait pas été suffisant. Des analystes auraient trouvé le moyen d’attaquer le futur membre du Temple de la Renommée pour quelques erreurs ici et là.

J’écrivais sur un site américain dernièrement qu’il y a énormément d’hypocrisie dans le dossier Brady. D’un côté, ses dénigreurs n’hésitent nullement à le ridiculiser publiquement. De l’autre côté, ils le choisiraient en une fraction de seconde pour un match si leur vie était en jeu.

Max Kellerman avait terminé sa célèbre intervention du 28 juillet 2016 de cette façon : «Personne va se souvenir que j’ai dit cela, et ma prophétie ne recevra aucune reconnaissance». Pauvre petit Max.