Depuis plusieurs années, je travaille à faire connaître Gérard Côté, un des plus grands athlètes du Québec. À la fin du mois d‘avril, kmag, le magazine québécois de la course à pied publiera sa biographie sous le titre Gérard Côté 192 000 kilomètres au pas de course.

Avec ses quatre victoires au marathon de Boston et ses trois championnats américains, Gérard Côté est sans conteste le plus grand coureur du Québec et du Canada.

Mais la vie de Gérard Côté ne se résume pas à des victoires et à des défaites. Sa longue carrière (25 ans) s‘est déroulée à une époque où tout le système du sport amateur était à ses premiers balbutiements. Champion raquetteur, il a du chercher lui-même le financement nécessaire à la poursuite de sa carrière.

Au meilleur de sa forme, il ne peut aller aux Jeux olympiques, puisqu‘ils sont annulés à cause de la Seconde guerre mondiale. Voilà une facette explosive de la carrière de Gérard Côté: en 1943, l‘armée canadienne en fait un objet de propagande avant de le faire disparaître de l‘attention du public l‘année suivante. Si cela se reproduirait aujourd‘hui avec un athlète de haut niveau comme Alex Harvey ou Alexandre Bilodeau, le Québec entier crierait au scandale!

Au fil du temps, les exploits de Gérard Côté se sont dissipés de notre mémoire collective. À une époque où la course à pied est plus populaire que jamais, découvrez ce grand personnage qui a dû batailler ferme pour se tailler une place au soleil.

Voici un extrait qui met en vedette Gérard Côté, son épouse Lucillle et le grand Johnny A. Kelley, qui demeure une légende à Boston:

_En mission, les deux coureurs approchent des collines de Newton : ennemi en vue. Une rude épreuve les attend. Avec un vent de face, l’effort sera d’autant plus difficile. Les duellistes parviennent à la dernière côte. Amochés. Gérard prend quelques mètres d’avance dans la montée. Après cette terrible colline, Kelley revient sur lui. Tout à coup, l’Américain perd le rythme, son corps en détresse. La voiture dans laquelle prend place Lucille s’approche. Elle multiplie les encouragements. Gérard la voit du coin de l’œil. De brefs regards suffisent. Le soldat canadien maintient sa cadence. Son souffle est régulier. Son désir de vaincre le galvanise. Son cœur carbure à la gloire. Ses jambes se soulèvent comme deux pistons. Son amour le transporte. Il a des ailes et vole vers la victoire. Le reporter du Boston Post commente les derniers kilomètres: « Not once did he change his pace, nor he show the least effects from the strain. He just kept moving rhythmically up and down, concentring entirely on the business of getting over it ». Sur Boylston Street, la foule compacte forme un grand couloir. Les cris fusent. Les applaudissements le nourrissent. Gérard jette un dernier regard derrière. Il tourne à droite, rue Exeter. Kelley est loin. Il peut relaxer, plus qu’une centaine de mètres. La douleur et la fatigue n’existent plus, laissant place à l’euphorie. Il termine le marathon un large sourire aux lèvres. On se bouscule autour de lui. On l’enveloppe d’une couverture. Une minute plus tard, un Kelley déçu arrive. Puis, Lucille réussit à se frayer un chemin parmi la foule et se précipite dans les bras du champion. Les nombreux photographes captent la scène sous de multiples angles. S’il s’agissait d’un film à la Claude Lelouch, la caméra tournerait autour du couple. Le bonheur est là, au cœur de l’Amérique, en plein conflit mondial._

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