Je venais à peine de regarder le film Le refuge. Encore ébranlé par ce visionnement, j’ai ouvert mon cellulaire méthodiquement. Pourtant, je ne voulais rien voir de spécial.

 La nouvelle m’a sautée aux yeux. L’automatisme de la technologie me l’avait fait parvenir.

 Après avoir froncé les sourcils, je me suis ressaisi. Mais qu’est-ce que c’est que cette manchette ? Immédiatement, j’ai cru aux fameuses « Fake News ». Impossible à croire. Je n’arrivais pas à admettre que cette missive pouvait être véridique.

 À 41 ans, avec sa fille, dans un crash d’hélicoptère, allez donc essayer de comprendre ?

 

Un participant au marathon portait un chandail avec les noms de toutes les victimes de l'accident.

 

Alors, je suis revenu à ce fameux film. C’est l’histoire d’une famille soudée solidement qui perd une jeune fille de 5 ans, enlevée sur un terrain de camping par un déséquilibré, alors que le père s’affaire à sauver son fils, venu à un cheveu de la noyade. Quelques jours plus tard, on apprend le décès de l’enfant sans que le corps soit retrouvé.

 S’enchaîne une série d’événements en guise d’explications qui nous servent à comprendre les raisons de notre existence sur cette terre. Découvrir que la fatalité s’avère imprévisible, qu’il faut apprécier chaque moment en étant capable de pardonner.

 On ne cesse d’entendre et de lire qu’il faut profiter de chaque moment, que l’on doit estimer la présence de l’autre, lui transmettre notre reconnaissance, le remercier de se retrouver à nos côtés. Or, tout défile tellement rapidement devant nos yeux que l’on n’arrive vraiment pas à saisir l’instant présent.

 

Même les spectateurs ont fait leur part dans cet hommage.

 

Kobe Bryant est parti. Quelques jours ont passé et déjà, nous avons été envahis par un amas de nouvelles que nous avons peine à digérer. Une telle succession m’incite à revoir ma ligne de pensée.

 Je ne suis guère mieux. Je me surprends souvent dans une sorte de tourbillon, incapable de m’arrêter et de constater avec mes deux yeux ce qui survient réellement autour de moi.

 Est-ce que Kobe Bryant pratiquait la course à pied ? Assurément car il bénéficiait d’une condition physique exemplaire et cela même depuis sa retraite. Alors, il a certes réfléchi en ce sens : Pourquoi suis-je ici ? On s’y arrête tous à cette question à un moment ou à un autre dans notre vie.

 

Le 24e mille... aux couleurs du disparu.

 

On a beau se répéter sans cesse la priorité de dire « Je t’aime », que ce mécanisme n’engrange plus aucune prise de conscience capable de peser réellement la valeur de ces deux mots.

 J’ai senti le besoin d’écrire ce texte même si habituellement, mes propos se concentrent uniquement sur la course à pied. Dans les circonstances de cette nouvelle, je me dis que nous sommes ainsi faits. Nous attendons la tragédie afin de réagir. Il en est de même dans tous les milieux. Il faut toujours un accident de la circulation avec des décès pour apporter des changements, la perte d’un être humain pour y aller de revendications qui seront prises au sérieux. Cette manie d’attendre une fatalité nous coûte très cher.

 Elle nous enlève des êtres que nous adorons.

 

Or, après tout, on se demande si finalement, il devient impossible de dévier de notre route, celle qui semble-t-il, nous est tracée dès notre naissance ? De là l’importance de vivre le temps présent, comme s’il s’agissait du dernier, de ne jamais égarer cet aspect de notre subconscient.

 Peut-être que de cette façon, la paix règnerait davantage sur la terre.

 Récemment, lors de la 24e édition du marathon de Surf City en Californie, les 17,000 participants ont rendu hommage à Bryant à leur façon.

 Je vous invite à voir ce film. Vous comprendrez alors pourquoi Kobe Bryant a quitté cette planète si jeune et en plus avec sa fille. Ils sont simplement allés rejoindre Papa car ils avaient sans aucun doute rendez-vous à son refuge.