Lorsqu’une équipe a un rendement qui sort de l’ordinaire, bien souvent une expression refait surface. On parle donc de la «fenêtre». Cette période, qui peut être très courte dans certains sports, donne la chance à une équipe de dominer, de gagner des championnats et même de passer à l’histoire. Cela semble le cas pour le Lightning de Tampa Bay, qui a remporté d’ailleurs un 57e match mercredi soir. Depuis la saison dernière, l’équipe floridienne est clairement l’une des favorites pour mettre la main sur la Coupe Stanley. Assistons-nous au début d’une période faste pour la troupe de Jon Cooper?

 

 

Cette expression pourrait avoir fait son apparition au début des années 80. Alors que la domination du Canadien tirait à sa fin, les observateurs se tournaient vers Long Island. Les Islanders étaient, selon plusieurs, la prochaine grande équipe. Et il y avait quelque chose de différent lors du printemps de 1980. Privé de Guy Lafleur et Pierre Larouche, le Canadien avait subi l’élimination face aux North Stars du Minnesota. New York avait fait l’acquisition de Butch Goring. Al Arbour pouvait compter sur Bryan Trottier, Mike Bossy, le travail acharné du duo Tonelli-Nystrom et de l’extrême fiabilité de Denis Potvin. La situation était donc favorable. Les Islanders allaient éventuellement maximiser cette «fenêtre» pour remporter quatre Coupes Stanley.

À Edmonton, «l’alignement des planète» avait permis aux Oilers de disputer six finales de la Coupe Stanley entre 1983 et 1990. Il y avait notamment Gretzky, Messier et Coffey. Mais Glen Sather était capable de tirer les ficelles, et faire des acquisitions judicieuses. L’équipe a profité de la fin de la dynastie des Islanders, jusqu’à l’émergence de Mario Lemieux. Et flairant l’opportunité à son tour, Craig Patrick a eu la main heureuse dans ses décisions. Les Penguins se sont hissés au sommet.

Pierre Lacroix a déjà été critiqué pour certaines de ses décisions (échanges de Nolan, Sundin, etc.). Mais comme ses prédécesseurs, lui aussi a voulu mettre toutes les chances de son côté. L’Avalanche du Colorado a remporté deux Coupes Stanley. La franchise est demeurée l’une des plus dangereuses de la ligue pendant près de dix ans. Au même moment, le vieux routier qu’était Scotty Bowman s’est assuré que ses Red Wings touchent au précieux trophée à quelques reprises.

Les Penguins, les Blackhawks et les Kings ont fait en sorte également de profiter des opportunités au cours des dernières années. Ils ont gagné la Coupe Stanley à huit occasions.

Ces équipes qui ont bénéficié des conjonctures sont passées à l’histoire. On parle de ces équipes aujourd’hui avec admiration, respect et nostalgie dans certains cas. Mais l’histoire aurait pu être très différente pour ces formations. Une blessure à un joueur clef, une bourde à un moment important et voilà que s’envole une chance d’ajouter son nom sur la Coupe.

Pour Tampa Bay, la «fenêtre» est grande ouverte. Les Oilers de Gretzky avaient perdu la finale en 1983, avant de revenir en force le printemps suivant. Le Lightning a manqué son coup l’an dernier en finale de la Conférence de l’Est. Edmonton avait du talent. Tampa Bay en a beaucoup. Mais ce n’est pas toujours uniquement le talent qui explique les succès d’une équipe. Il y a effectivement l’élément chance. Et aussi talentueuse et jeune que l’équipe peut être, elle n’aura pas le droit de prendre ses adversaires à la légère. Une élimination viendrait retarder ce qui semble être une opportunité pour le Lightning de s’imposer, et de laisser sa marque dans l’histoire.