Dès qu’il a franchi le seuil de la porte du petit resto de la rue Masson à Montréal où nous devions nous rejoindre, il m’a immédiatement aperçu.

Pourtant, j’étais assis à la table du fond. Je me suis levé et le sourire qu’il affichait est devenu contagieux.

Obèse il y a à peine quelques années, Jacques Aubin a renversé la vapeur. Sa fille venait de terminer le 5km du marathon de Montréal. Alors qu’elle franchissait la ligne d’arrivée au stade olympique, Jacques regardait la scène. Il a eu cette réflexion: L’an prochain, je ne serai pas assis dans les gradins, je participerai. Il avait osé confier son intention à sa fille. Elle ne le croyait pas.

À cette époque, Jacques oscillait l’aiguille de la balance à plus de 400lbs ! À partir de cet instant précis, l’aventure s’est mise en branle et le voilà aujourd’hui, parcourant les quatre coins de la province pour transmettre son expérience par un témoignage qui sensibilise les auditeurs. Père de deux enfants et âgé dans le début de la cinquantaine, il a tout abandonné son passé et même son emploi afin de se consacrer uniquement à sa nouvelle mission.

Convaincu et convaincant, il reçoit de nombreux témoignages qui viennent valider les démarches qu’il réalise. Croyez-le ou non, il a fumé la cigarette durant vingt ans, à raison de deux paquets par jour ! Son alimentation le plongeait littéralement vers une mort prématurée. Les médecins qui l’ont secondé pendant son cheminement vous le diront. Jacques est un exemple de persévérance, foi du réputé docteur Richard Béliveau.

Il s’est prêté à une série de tests d’endurance. Il met les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu et surtout, conserver cette allure. Ses nombreuses conférences et son implication auprès des gens lui servent de motivation pour poursuivre sur cette lancée. Si Jacques Aubin récolte ce qu’il a semé aujourd’hui, c’est qu’il le mérite. Des bouts de sa vie ont été ardus à traverser et encore présentement, le combat n’est pas terminé. Conscient qu’il marche sur des œufs, sa santé et son bien-être révèlent qu’il n’a jamais lâché prise.

Nombreux sont ceux qui au début lui disait qu’il faisait fausse route, qu’il n’arriverait pas à ses fins et que surtout, son élan de sensibilisation auprès des gens obèses se terminerait comme un coup d’épée dans l’eau. Il a fait fi de ces remarques. Je suis monsieur tout le monde se plaît-il à dire et c’est vrai.

Il doit garder ce comportement qui lui sert d’aimant pour se rapprocher du grand public. En mission, il donne son maximum et c’est actuellement que le match se joue. Dans la vie, attendre s’avère souvent une perte de temps surtout lorsqu’on est pressé par cet élément.

J’ai appris beaucoup lors de notre entretien. J’ai constaté ses belles qualités car elles sautent aux yeux.

Le plus dur a été réalisé. Il ne lui reste qu’à propulser son œuvre parmi les gens qui auront compris qu’ils détiennent devant eux un exemple vivant d’une méthode qui servira à étendre leur durée de vie d’une agréable façon.

À prendre ou à laisser.