Je vais vous faire une confidence : Je ne connais pas grand chose du basketball.

Je connais les noms des joueurs, je connais les noms des arénas des équipes de la NBA, je connais l'historique de la plupart des équipes et c'est à peu près tout. Alors pourquoi j'ai décidé d'écrire un billet sur la NBA ?

Parce qu'il y a une autre chose que je connais dans ce sport : La NBA a un problème de parité.

C'est un problème qui perdure depuis plusieurs années, maintenant. Durant les quatre dernières années, on voit une finale qui oppose les Warriors de Golden State aux Cavaliers de Cleveland. Trois de ces quatres finales ont été remportées par Golden State.

Donc, forcément, la cause du problème, c'est les Warriors, pas vrai ?

Je dirais que le problème de parité, ce n'est pas simplement eux ; c'est tous les autres équipes qui semblent incapables de compétitionner convenablement.

Je vais commencer par un ancien directeur général en la personne de Billy King. 

Je ne connais pas grand chose de cet homme, mais de ce que j'ai entendu, c'est qu'il est un des DG les plus incompétents que la NBA ait jamais vue. Vous n'avez qu'à voir son règne avec les 76ers de Philadelphie pour comprendre. Il a donné trop de gros contrats à des joueurs marginaux et il a fait beaucoup de mauvaises transactions, faisant en sorte qu'Allen Iverson est très mal entouré. Il l'a aussi échangé pour des ballons et des bandeaux.

Lorsqu'il a accepté le poste de directeur général avec les Nets de Brooklyn, c'est encore pire. Il transige des joueurs qui devaient représenter l'avenir de son organisation et plusieurs choix au repêchage en retour de vétérans qui sont en déclin. 

Un exemple frappant de ses pratiques se retrouve dans une transaction avec les Celtics de Boston. Les Nets font l'acquisition de Kevin Garnett, Paul Pierce et Jason Terry. En retour, il donne aux Celtics Kris Humpries, Gerald Wallace, un choix de première ronde en 2014 qui deviendra James Young, un choix de première ronde en 2016 qui deviendra Jaylen Brown et un choix de première ronde en 2017 qui deviendra Markell Fultz.

Les Nets n'ont pas réussi à gagner un championnat avec ce noyau de joueurs viellissants. Pire encore, il a complètement détruit la banque d'espoirs de son équipe. Le choix de première ronde de 2011 que le Jazz de l'Utah a reçu pour Deron Williams ? Ils l'ont utilisé pour sélectionner Enes Kanter. Le choix de première ronde de 2012 que les Trail Blazers de Portland ont reçu des mains de Billy King est devenu Damien Lillard. Et ce choix de 2e tour en 2012 que les Warriors ont reçu des Nets en plus de Troy Murphy ? Ce choix est devenu Draymond Green.

Les Nets ont finalement congédié Billy King après 5 saisons, mais ça va prendre plusieurs années avant que les Nets ne s'en remettent. 

On passe maintenant d'un directeur général incompétent à une organisation entière qui s'avère tout aussi incompétente. À la tête des Kings de Sacramento, Vivek Ranadivé. Comment décrire ce personnage... Impulsif, arrogant, complètement déconnecté de la réalité et j'ai surement oublié plusieurs autres caractéristiques. Son directeur général, Vlade Divac, est simplement en poste parce qu'il était un ancien joueur étoile pour les Kings. De dire qu'il est incompétent dans son travail est même faible. Pour vous donner une idée de sa performance, il a cru que c'était une bonne idée de sélectionner Georgios Papagiannis au 13e rang en première ronde en 2016 alors qu'on s'attendait à ce qu'il sort tard en 2e ronde.

Et c'est sans compter le fait qu'il repêche constamment des centres alors qu'il y a d'autres besoins criant dans l'organisation.

Pire encore, la transaction envoyant DeMarcus Cousins aux Pelicans de la Nouvelle-Orléans était mal exécuté. Les actifs que les Kings avaient reçus en retour sont inférieurs à la production de Cousins. Et vous savez quoi ? Les Kings auraient pu avoir un meilleur retour pour Cousins alors qu'une offre de la part des Nuggets de Denver était pas mal supérieure à celle des Pelicans.

Tant qu'à mal gérer une franchise comme les Kings, aussi bien la relocaliser à Seattle...

Notre prochain cas est celui de l'ancien directeur général des 76ers de Philadelphie, Sam Hinkie. Vous savez, quand la NBA vous dit d'aller vous faire voir parce que vous n'avez aucunement l'intention de gagner, c'est que vous ne savez pas ce que vous faite. C'est exactement ce qui arrivé à Sam Hinkie.

Hinkie s'est joint à l'organisation le 14 mai 2013 et dès son arrivée, il plonge les 76ers dans une reconstruction intensive qui semblait sans fin. Il appelait cette forme de reconstruction, "The Process".

Son premier projet est le 11e choix au total en 2013, Michael Carter-Williams, un garde de pointe. Il n'a duré que deux saisons alors qu'il fût échangé aux Bucks de Milwaukee dans un échange à trois équipes. Nerlens Noel s'amène via la Nouvelle-Orléans en retour notamment de Jrue Holliday. Les 76ers avaient également reçu le 10e choix au total en 2014, qui deviendra Elfrid Payton... qui sera aussitôt échangé au Magic d'Orlando en retour de Dario Saric, notamment. Joel Embiid, un centre, fût sélectionné au 3e rang au total cette même année. Embiid a par ailleurs débuté sa carrière sur la liste des blessés.

En 2015, les 76ers sélectionnent un autre centre au 3e rang, Jahlil Okafor. Tout comme Embiid, Okafor commence sa carrière en étant blessé. Et avec autant de centres tels Noel, Embiid et maintenant Okafor, cette position se retrouve congestionnée. Noel est maintenant un membre des Mavericks de Dallas, mais il a de la difficulté à trouver son rythme. Okafor ne joue pas beaucoup de minutes avec les Nets de Brooklyn. De tous les choix au repêchage effectués sous Hinkie, seul Embiid a résussi à s'établir parmi les vedettes de la NBA.

Ce n'est qu'une fois que la NBA force les 76ers à le remplacer par Jerry Colangelo que l'équipe est mieux gérée. Ben Simmons fut repêché par l'organisation et il a eu un impact une fois qu'il était en santé. Embiid a poursuivi son ascension. Même Dario Saric a trouvé son air d'aller. Markell Fultz, un autre joueur repêché sous les ordres de Colangelo, s'avère être un autre élément important des 76ers.

Le problème que j'ai avec Hinkie, c'est que dans son cas, il n'échange pas pour s'améliorer dans le présent, ou même dans le futur. Il se voit plutôt comme étant un DG qui transfère des actifs, surtout ceux qui rapportent des choix au repêchage... et échanger ces dits choix pour encore d'autres choix. Hinkie a peut-être amené les pièces du casse-tête, mais c'est Colangelo qui les a assemblées. C'est pour cette raison que les 76ers sont à nouveau parmi les bonnes équipes de la NBA.

Pas pour rien que Hinkie est encore sans emploi...

LeBron James a beau être le meilleur joueur de la NBA présentement, mais il a aussi des défauts. Avant de signer avec le Heat de Miami en 2010, James figurait parmi les joueurs étoiles les plus appréciés de la ligue. Il a mené les Cavaliers de Cleveland à la finale de la NBA dès sa 3e saison, mais ils ont subi le balayage aux mains des puissants Spurs de San Antonio. Il continue de bien performer durant les saisons suivantes, mais lors des moments critiques, on sentait qu'il fût invisible. Et les partisans de Cleveland ont réagi convenablement avec des huées. 

C'est peut-être pour ça que LBJ a décidé de quitter Cleveland pour Miami. Mais sérieusement, faudra-t-il absolument qu'il annonce sa destination devant la télévision nationale ?

Et c'est à ce moment qu'on commence à voir le vrai visage de LeBron James. Oui, le talent était bien là, mais avec l'attention médiatique, James se devait d'être la seule vedette. Et ça a paru lors de son retour avec les Cavaliers. Si on combine son séjour avec le Heat, James a maintenant participé à 8 finales consécutives. Dans ces 8 finales, il a remporté trois championnats ; deux avec Miami et le dernier avec Cleveland. Quatre de ces finales ont été des affrontements entre Cleveland et les Warriors de Golden State.

Dans la finale de 2018, on avait l'impression de voir un affrontement entre les Warriors et LeBron James. Parce que James n'avait personne pour le supporter. Sa réaction face à l'erreur mentale de J.R. Smith au match #1 était le sujet de moqueries sur internet. Et les Warriors avaient facilement vaincu les Cavaliers en 4 matchs.

En quittant Cleveland pour se joindre aux Lakers de Los Angeles, James a fait en sorte que les Cavaliers n'ont aucun espoir pour l'avenir. Même si Kevin Love est de retour, il en faudra plus pour que l'équipe sera redoutée à nouveau. Pour ce qui de James, il va probablement être encore une fois la seule vedette à Los Angeles alors que les Lakers vont probablement perdre contre les Warriors en finale de l'Ouest.

Et parlant des Warriors...

Plusieurs partisans du basket-ball ont tendance à blamer cette franchise pour le problème de parité dans la NBA. Après tout, on parle d'une équipe qui a participé à quatre finales de la NBA consécutives, qui ont été champions à trois reprises à cet égard, dont deux championnats de suite, et qui viennent d'ajouter DeMarcus Cousins à une formation déjà très puissante.

Je dirais que oui, les Warriors devront être à blâmer, mais je ne leur donne qu'une infime partie du blâme. Pourquoi ? Parce que non seulement les Warriors représentent l'organisation la plus compétente de la NBA, ils ont aussi profité des erreurs flagrantes de leurs compétiteurs.

Soyons francs. Nous avons le 3/4 de la ligue qui sont soit en reconstruction, soit qui sont en déconstruction en raison des mauvaises décisions des dirigeants. Les seules équipes qui ont des chances légitimes de remporter le championnat de la NBA présentement sont les Warriors, les Celtics, les Rockets et les Lakers. C'est tout. Je ne compte pas les Raptors de Toronto, car ils ont l'habitude de s'effondrer dès la deuxième ronde.

Les Warriors ont été construits avec des bons choix au repêchage, des bonnes transactions et également des grosses signatures dans le marché des joueurs autonomes. Stephen Curry a été sélectionné 9e au total en 2009 par les Warriors. Ils ont repêché Draymond Green avec le choix de 2e ronde de 2011 qu'ils avaient reçu des mains des Nets de Brooklyn. Ils avaient repêché Klay Thompson au 11e rang la même année. 

Lorsque Steve Kerr fut engagé comme entraîneur-chef, les Warriors ont commencé à gagner un championnat après l'autre. Pour cela, ils ont attiré des joueurs de renommée comme Kevin Durant et maintenant, DeMarcus Cousins. Cette équipe a le potentiel de dominer la NBA pour encore plusieurs années.

Chaque décennie a vu une dynastie se former. Les années 50 étaient dominées par les Lakers de Minneapolis. Les années 60 étaient celles de Bill Russell et des Celtics. Les Showtime Lakers ont dominé les années 80. Michael Jordan et les Bulls avaient pris d'assaut les années 90. Les Lakers et les Spurs avaient partagé le gâteau au courant des années 2000. Maintenant, au milieu des années 2010, c'est au tour des Warriors de s'assoir sur le trône. Et si la tendance se maintient, cette franchise sera au sommet de la NBA pour encore longtemps.

Ce ne serait pas le cas si le 3/4 de la NBA décide soudainement de devenir compétent...