Les vrais spécialistes savent…
Si vous croisez des gens dans la rue et leur demandez qu’elle est la plus grande équipe de France de football, vous avez une bonne chance d’avoir comme réponse, celle de 1998 qui a remporté la Coupe de Monde cette année là et éventuellement, celle de 2018 qui a obtenu le même succès dans la compétition de football la plus médiatisée de la planète.

Pourtant, les vrais spécialistes vous feront une autre réponse et vous répondront que la meilleur équipe de France de l’histoire est... celle de 1986.

En effet, l’équipe de France de 1998 avait surtout marqué les esprits par son caractère ennuyeux à voir jouer et son style très défensif. L’Euro 1996 avait été une véritable purge au niveau du style de jeu. Si la victoire finale, est quelque part, l’arbre qui cache la forêt à ce niveau, la production de cette équipe était particulièrement décevante d’un point de vue collectif notamment sur le plan offensif. Enfin, l’entraîneur de l’époque, Aimé Jacquet s’était volontairement privé du plus grand talent footbalistique français de cette génération en la personne d’Eric Cantona.

La fameux carré magique.
A contrario, l’équipe de France de 1986 (mais qui englobe en fait la période 1982-1986) est une équipe qui marqua l’histoire du football par la qualité de son jeu et la création d’un concept qui fera date dans l’histoire, le carré magique.
Le carré magique est le nom donné au milieu de terrain à 4 joueurs qui sera durant la période composé de 3 joueurs principaux (Platini, Giresse, Tigana) doté de qualités footbalistiques exceptionnelles complété par un quatrième (Genghini, puis Fernandez).

Michel Platini le meneur de jeu est considéré comme le plus grand joueur de l’histoire du football français, doté d’une vision de jeu hors du commun, il distribuait le jeu à la perfection et possédait une qualité de tir sur coup de pied arrêté qui fera la différence sur de nombreux matchs importants.

Alain Giresse, le second meneur de jeu à la redoutable technique, capable d’éliminer n’importe qui sur des crochets ou des changement de direction balle au pied

Jean Tigana, le milieu relayeur possédant un énorme volume de jeu, tout en étant très fort techniquement

Le quatrième joueur du carré fut formé par Bernard Genghini, dans un registre technique puis Luis Fernandez milieu de terrain accrocheur capable de ratisser les ballons.

Sur le plan des résultats, cette formation remporta le championnat d’Europe 1984 (à cette époque la compétition composée de 8 équipes avait quasiment la difficulté d’une coupe du Monde sans le Brésil et l’Argentine) dans une démonstration de qualité de jeu puis termina 3eme de la coupe de Monde 1986 dans un sorte de chef d’œuvre inachevé.

Le légendaire France-Brésil de 1986.
L’équipe de France élimina en effet l’Italie championne du monde en titre en 8eme de finale puis le Brésil en quart dans ce qui est considéré comme l’un des matchs de légende du football mondial « leFrance – Brésil de Guadalajara ». Les deux formations dotées d’un myriade de talents (le carré magique côté français) des hommes comme Socrates, Careca ou Zico chez les brésiliens s’affrontèrent dans des phases de jeu de haut vol et les français parvinrent à éliminer les brésiliens à l’issue d’une dramatique séance de tir au buts qui vit Michel Platini, mais aussi Socratès de façon quasiment incroyable rater le leur !

De tous les observateurs, la France était la sélection qui produisait le meilleur niveau de jeu, le plus technique, le plus séduisant, bien meilleur par exemple que celui de l’Argentine de Maradonna. Malheureusement, l’aventure de brisera sur le réalisme de l’Allemagne de l’Ouest en demi finale, dans un sorte de non match où les français mal remis de leur confrontation face au Brésil furent éliminés par des allemands sans génie mais d’un froid réalisme.

Cette équipe de France reste dans les mémoire par son jeu créatif, son côté non calculateur, la dimension souvent épique de ses rencontres et la densité de joueurs à grand talent qui la composait.

Elle est selon moi, très largement supérieure, à l’équipe de France de 1998 très défensive et peu intéressante à voir jouer et celle de 2018, formatée dans un style essentiellement physique.

Ainsi, l’entraîneur espagnol Juan Manuel Lillo, mentor de Josep Guardiola dira de l’équipe de France des années 82-86 « c’est la meilleure sélection que j’ai vue de ma vie »