Je ne sais pas.

 Je vous pose la question.

 L’organisation du marathon de Rimouski hésitait lorsqu’on a mis le projet du Pace du bonheur sur la table.

 Après tout, il s’agissait d’ébranler les colonnes de la course à pied, particulièrement celles du marathon. Comment allaient réagir les puristes de cette distance ?

 La décision d’accepter un marathon avec une période de huit heures pour le réaliser venait à l’encontre de ce qui se fait normalement dans les autres événements similaires. En fait, certaines organisations camouflaient cette intention en ne spécifiant pas nécessairement le temps accordé, justement de peur de susciter la controverse, mais jamais avec un tel écart.

 Toutefois, nous sommes en 2020 et si l’on se fie au résultat de participation enregistré jusqu’ici à Rimouski, disons que les responsables là-bas doivent se frotter les mains de satisfaction et se féliciter mutuellement.

 

Une procédure qui pourrait être imitée par d'autres organisations dans l'avenir.

 

Imaginez. Au moment d’écrire ces lignes, on enregistrait une soixantaine de participants pour le marathon traditionnel comparativement à près de 450 pour celui du Pace du bonheur, des chiffres qui parlent, n’est-ce pas ? Est-ce que cette réponse de la part des coureurs devient significative ?

 Que dire maintenant de cette manne qui tombe pour cette organisation et qui constitue une source de revenu imprévu ? Qui aurait pu imaginer pareil comportement ? Comme disait l’autre, il faut l’essayer pour le savoir.

 Ma question est la suivante. Je sais très bien que les responsables des autres marathons regardent attentivement ce qui se déroule présentement à Rimouski et les succès qu’enregistre cet événement. Alors, seront-ils tentés d’imiter ce geste ? Car après tout, on ne doit jamais perdre de vue que l’objectif premier de telles courses est d’attirer le plus grand nombre d’intéressés.

 Force est d’admettre que nous disposons véritablement d’une preuve significative car assurément, il y aura du monde à la messe pour le départ hâtif de Madame Bisson à Rimouski.

 

Nathalie Bisson, courir sans pression, prendre son temps et apprécier le moment présent.

 

Il fallait s’attendre à certaines critiques de la part des coureurs qui n’acceptent pas une décision semblable. On racontait que cette démarche allait diminuer la valeur d’un 42km. Mais honnêtement, elles ne furent pas si incisives qu’on aurait pu le croire. Au contraire, je pense sincèrement qu’après le choc de la nouvelle, l’ensemble de la communauté a compris qu’il devenait intéressant d’accorder la chance de prendre part à un marathon à des personnes qui hésitaient depuis longtemps pour diverses raisons.

 Avec cette démarche, on a vraiment réussi à les sortir du placard et c’est ce qui importe après tout.  

 Sérieusement, j’ai l’impression qu’à partir de l’an prochain, les organisateurs à Rimouski risquent de ne plus être les seuls à offrir cette possibilité. Il deviendra intéressant de surveiller quelles seront les répercussions.

 

Courir sans montre et oublier le temps, une méthode qui se retrouve à la base de cette attitude pour Nathalie.

 

Si tout se déroule bien à Rimouski, je suis assuré que d’autres structures voudront emboîter le pas dans une aventure semblable. Parce qu’il existe toujours ce risque de voir des participants s’embarquer dans une telle péripétie, sachant qu’ils disposent de beaucoup de temps devant eux et qui ne seront finalement peut-être pas prêts physiquement et mentalement à relever cette mission.

 Car après tout, on ne doit jamais perdre de vue que la distance demeure la même, un beau 42km.