On ne refuse pas une invitation.

 Il y a deux ans, Bruno Vaillancourt, l’un des organisateurs du Défi-Beauceron à Saint-Prosper me faisait l’immense honneur de m’inviter à son événement. Flatté, le oui était venu aussitôt.

 Finalement, je ne suis jamais allé. Pourtant, il avait pris soin de m’envoyer cette demande durant l’hiver !

 Deux semaines avant la date du Défi Beauceron, j’avais participé au demi-marathon des Pompiers à Shawinigan. Pour l’occasion, j’accompagnais des pompiers qui formaient un groupe de cinq et qui faisaient vivre à un jeune handicapé, les sensations d’une course. L’un d’eux, Maxime Fournier est décédé juste à ma droite. Je m’en souviens comme si c’était hier.

 

Les membres du comité organisateur ont remis de nombreux chèques après les courses dont l'un à un représentant de la famille Drouin qui a perdu un membre de sa famille suite à la maladie de Lou Gehrig. J'ai perdu mon père de cette maladie. Un geste qui m'a profondément touché.

 

Procession des pompiers dans les rues de Shawinigan et funérailles avaient contrecarré mes plans pour la Beauce. Je me rappelle que Bruno m’avait dit qu’il se reprendrait. Deux ans plus tard, il est revenu à la charge. J’avais même oublié mais lui, non.

 Une exception que de courir 21km pour moi dans une course officielle. D’ailleurs, je ne me souviens pas de la dernière fois. J’ai adoré mon expérience sauf que….  Pas une question de chaleur ou d’humidité mais les maudites côtes m’ont fait véritablement souffrir. Mes amis beaucerons Éric Fortin et Marco Poulin me prévenaient depuis longtemps. Thomas comme je suis, je devais le vivre pour le croire.

 Les responsables riaient dans leur barbe quand j’ai franchi le fil d’arrivée. Toutefois, que dire de l’organisation ? L’une des meilleures que j’ai constatées en 24 ans de course à pied. Plus de 1300 coureurs et quelle chaleur humaine il se dégage de cet événement ! Une grande fête dans un petit village d’un peu plus de 3,000 habitants. Les gens collaborent le long du parcours. Les systèmes de son fusent de nombreuses maisons ce qui procurent de l’énergie aux participants.

 

J'ai eu le plaisir de rencontrer Réjean Paradis, un célèbre beauceron de la course à pied qui malgré quelques ennuis de santé, persiste et signe dans la pratique de son sport.

 

On parle d’une belle célébration familiale et rien n’a été oublié pour respecter cet aspect. Des chèques à des œuvres de la région, en voulez-vous ? Le cœur sur la main ces bénévoles qui se dévouent corps et âme pour ce défi. Malgré leur nervosité, leur fatigue, leur préoccupation lors de cette journée, ils prenaient le temps de répondre aux questions avec un grand sourire. Je n’ai pas vu ça souvent.

 En fait, je me sentais comme à la maison, à trois heures et demie de chez-moi !

 

J'ai vraiment été impressionné par l'attitude des bénévoles membres du comité organisateur. Sourire, collaboration, attitude positive,  accessibilité , disponibilité et détermination, des mots qui les caractérisent admirablement bien.

 

Vendredi soir, j’ai eu le privilège de donner une conférence dans laquelle j’ai raconté ma petite histoire. J’aurai d’ailleurs l’occasion de répéter le tout lors du salon de course à pied qui précédera le prochain marathon de Québec en octobre.

 Je possède un 2e lien avec la Beauce car il y a quelques années, j’ai découvert les deux Beaucerons cités plus haut, dans des circonstances tragiques. Lors du souper aux pâtes la veille du marathon de Mississauga en Ontario, je m’étais joint à la table de mon ami Terry Gehl. Il y avait également Jean-François Marchand de Québec et Éric Fortin de Vallée Jonction. Ils venaient de survivre miraculeusement à un accident sur l’autoroute 401 alors que l’automobile que conduisait Jean-François fut une perte totale. Je leur ai offert de les reconduire à la gare centrale de Montréal afin qu’ils puissent regagner leur domicile. Par la suite, j’ai connu Marco de Saint-Martin qui courait avec Éric.

 

Bruno Vaillancourt, le grand manitou du Défi Beauceron, un gars exceptionnellement gentil.

 

La Beauce revêt une grande importance à mes yeux pour ces deux raisons et maintenant, avec cette présence au Défi Beauceron, mon sentiment d’appartenance a pris du coffre.

 Au départ du 21km, nous étions seulement 48 participants. J’ai rapidement compris pourquoi.