Un souvenir lointain a surgi soudainement. Virginie Mercier se rappelait d’une visite chez un astrologue qui lui avait alors dit : Ta vie changera lorsque tu auras 40 ans !

 Après une période cauchemardesque qu’elle a traversée avec haute distinction au cours des derniers mois, Virginie Mercier nous accueille dans sa résidence, tout là haut, perchée sur la montagne, entourée d’une forêt dont chacun des arbres a pu percevoir le souffle d’une guerrière, d’une femme solidement ancrée aux puissances de la terre, d’une femme qui veut vivre.

 En présence de Zia, 13 ans, un Golden et Bali, 7 mois, un chien policier, Virginie nous a paru dans une forme resplendissante et cela même si elle s’apprêtait à encaisser une deuxième série de six traitements de 48 heures de chimiothérapie. Cette fois-ci, elle se dit prête mentalement et convaincue qu’elle mettra définitivement cette maladie KO, une fois pour toute.

 

Pour le moment, la course à pied est sur la glace !

 

À 39 ans, on peine à croire que la providence a jeté son dévolue sur cette jeune femme en santé, qui surveille son alimentation et qui n’a jamais abusé des bonnes choses de la vie. Et pourtant ! Je vous la présente. Elle se considère comme une Redneck de Tremblant. Née à Saint-Jovite, elle a un frère, Louis-Philippe, 41 ans et une demi-sœur, Geneviève, 46 ans.

 Jeune, elle se dirigeait vers l’enseignement. Toutefois, elle abandonne et opte pour le gymnase où elle croise son futur amoureux, un naturopathe, axé sur le plein air. Elle découvrira cette facette pour ne plus jamais l’abandonner. « Je courais dans les rangs de Brébeuf, on avait un chien, c’était du vrai plaisir ».

 Puis, Flavie naît. Virginie délaisse la course à pied pour consacrer toute son énergie à sa fille aujourd’hui âgée de 11 ans. « Durant toute sa jeunesse, elle a fait ses siestes dans les montagnes alors que je la promenais. »  Puis, il y a trois ans, Virginie s’est reconnectée avec la course à pied dans les sentiers. « L’asphalte, c’est ennuyant, redondant, je dispose alors de trop de temps pour penser. Je veux m’évader lorsque je cours. Dans la forêt, je me sens comme une guerrière amazonienne !», explique cette massothérapeute qui œuvre dans ce milieu depuis 14 ans.

 

Les jours meilleurs viendront....

 

Juste trois compétitions officielles à son dossier car les foules l’énervaient et qu’elle n’en ressentait tout simplement pas le besoin. Pas de montre car à ses yeux, la course à pied, c’est dans le bonheur, les montagnes, la paix. L’an dernier, elle a couru à Saint-Donat, 12e chez les femmes, puis la MEC à Tremblant, 7e au classement final féminin. « Tu sais, je suis à l’aise de courir dans la boue ! »

 Son beau sourire disparaît momentanément lorsque nous entrons dans le vif du sujet. Septembre 2018, la fatigue, la dépression, elle a le goût de ne rien faire, même courir dans la montagne, ce qui est peu dire.  Elle venait de vivre une séparation quelques mois plus tôt.  Les problèmes digestifs apparaissent. Elle se dit peut-être épuisée, stressée par la vie. « Je craignais les hôpitaux et je portais des jugements sur les médecins. Pas question d’arrêter le travail, je suis autonome, j’ai ma fille. »

 Le 3 novembre, alors qu’elle donne un massage à la maison, soudainement, elle n’en peut plus. Elle communique avec un ami qui lui conseille de se rendre à l’hôpital, qu’il l’accompagnera, qu’il restera avec elle. Elle braille sa vie, elle ne se sent vraiment pas bien. « Je suis en train de mourir », pense-t-elle.

 

Perchée au sommet de sa montagne, là où elle retrouve la zénitude.

 

Après seize heures à l’hôpital, le diagnostic tombe. « Je ne le croyais pas. Je me sentais comme dans un téléroman qu’on ne veut pas regarder. » Le 17 décembre, après une batterie de tests, elle apprend qu’elle souffre d’un cancer colorectal de stade 4, agressif, hyper métabolique avec des métastases au foie et des ganglions lymphatiques. Les médecins ajoutent qu’elle vivait avec ce cancer depuis 8 à 10 ans ! Lors d’un examen, Virginie voit apparaître la masse cancéreuse à l’écran. Un choc !

 On lui dit alors que pour prolonger sa vie, elle débutera de la chimiothérapie, le 28 décembre ! Cette attitude négative du corps médical rendra Virginie deux fois plus forte. Elle entre alors en mission, persuadée que rien ne la freinera.

 Se présente l’énergie de la biologie totale, une thérapie découverte dans les années 80 suite à un choc émotionnel vécu par le médecin qui se retrouve à l’origine de cette méthode. Virginie s’accroche à sa force intérieure. Un jour, elle en parle à son père. Au même moment, ce dernier qui porte un bracelet, l’échappe. Un signe qui marquera une progression positive fulgurante chez celle qui aura perdu 17 lb à cause des traitements.

 

Sa fille Flavie, une source d'inspiration.

 

Un jour, une thérapeute lui parle de chocs émotionnels que Virginie aurait vécus jadis.  Sur le coup, elle dit ne plus s’en souvenir. Durant la nuit suivante, souffrant d’insomnie, elle fait jouer de la musique appropriée à cette démarche. Puis, les chocs remontent à la surface. « Je pleurais à chaudes larmes, dévastée. » Elle considère sa chimiothérapie comme sa plus belle relation amoureuse car elle réalise que son état d’esprit l’accepte favorablement dans sa lutte contre cet ennemi.

 L’introspection intérieure lui fournit les éléments qui valident sa grande blessure: L’amour de soi suite à des relations difficiles entraînant une grande nervosité incontrôlée, des éléments qui provoqueront  une anxiété dévastatrice.  Mais aujourd’hui, elle affirme que la maladie lui a fait connaître des gens extraordinaires. Sa timidité a disparu, elle qui se disait peu extravertie. La vie est maintenant abondante à son endroit.

 

Une athlète complète.

 

Au moment de notre entretien, elle vivait des moments de bonheur, sans effet secondaire émanant de ses traitements vigoureux. « Je suis normal, j’ai même eu un rhume ! »

 « J’ai la foi en ma guérison. J’axe mon comportement sur la vie, rien de négatif ne peut me déranger. Je reçois une forte chimiothérapie car les oncologues savent que je suis capable de l’encaisser à cause de ma condition physique. Je te le dis, mes prochains traitements, je les attends de pied ferme, ils vont encaisser toute une raclée ! »

 Ses parents, ses amis ont su l’installer dans un confort indescriptible, un état qu’elle n’avait jamais connu. Cela lui a permis de libérer son stress. « J’ai fait des pardons, je vis comme si je n’avais plus rien à perdre, je n’ai jamais été aussi heureuse. Je me sens libérée»,  une évolution positive inédite qui l’incitera à aider les gens après sa guérison totale, à les inspirer avec des conférences, en s’impliquant à les guérir en se tenant main dans la main. »

 

 

Une étape qu'elle franchira avec distinction.

 

Pourtant, il n’y a pas si longtemps, un Alien résidait dans son ventre, elle le sentait, il remuait son corps, il chambardait son existence. « Maintenant, je suis dans l’amour, dans la vie. Je renais. Jamais je n’aurais imaginé être aussi forte mentalement ». Elle reviendra à la course à pied au moment opportun. Ce n’est qu’une question de temps.

 J’ai décidé de lui dédier mon prochain marathon, mon 95e à Cornwall. Virginie, je vais le courir en pensant à toi et pour toi.