Le congédiement de Joel Quenneville, à Chicago, n’est pas vraiment une surprise. Mais ce congédiement n’est pas banal. Rappelons que Quenneville (3), Scotty Bowman (9), Al Arbour (4) et Glen Sather (4) sont les seuls entraîneurs-chef à avoir remporté au moins trois Coupe Stanley depuis l’expansion de 1967.

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Ce congédiement nous rappelle à quel point il faut être prudent avec les projections. Rappelons que suite à la conquête de la Coupe Stanley des Hawks au printemps 2015, nombreux étaient les amateurs à extrapoler sur l’avenir de Quenneville. Ils disaient que le pilote des Blackhawks était en excellence position pour surpasser certains des records du légendaire Scotty Bowman. Bowman détenait des marques astronomiques au niveau du coaching; marques qu’il détient toujours d’ailleurs. Mais s’il y avait un homme en mesure de les surpasser, c’était bel et bien Quenneville.

Alors que ses joueurs soulevaient la Coupe Stanley pour la troisième fois en six ans en juin 2015, Quenneville était en troisième place au niveau des victoires en séries. Seuls Bowman (223) et Al Arbour (123) présentaient un plus grand nombre de victoire. Pour sa part, le pilote des Blackhawks avait 114 victoires à son palmarès. Dès lors, on entendait à gauche et à droite que Quenneville avait l’opportunité de rejoindre Bowman. D’autres, plus prudents, croyaient qu’il allait s’approcher de ces records. Après tout, son équipe était jeune. On voyait déjà les Blackhawks comme l’une des meilleures formations depuis l’expansion de 1967. Tout était en place pour davantage de succès, d’autres championnats. Mais le chemin n’allait pas être aussi joyeux qu’on l’avait anticipé. Des éliminations rapides contre St-Louis en 2016, face à Nashville en 2017 et un printemps sans série éliminatoire en 2018 ont précipité les choses dans la mauvaise direction. Avec seulement quatre victoires en séries depuis ce dernier championnat, il sera maintenant difficile pour Quenneville de remplir une mission qui était déjà titanesque pour certains, mais réalisable, en juin 2015.

Pour ce qui est des victoires en saison régulière, le constat est devenu tout aussi improbable. Même si Quenneville, 60 ans, est en deuxième place à vie pour les gains (890), il se retrouve à 358 victoires de Bowman (1248). Il aura besoin de sept saisons de 50 victoires, plateau qu’il a atteint à trois occasions en 22 ans de coaching, pour se retrouver à quelques gains du membre du Temple de la Renommée. De plus, il n’est pas assuré qu’il aura sous ses ordres un club aussi aguerri que celui qui évolue au United Center.