Une fois n’est pas coutume ! Marc Flageole l’a compris pour le championnat du monde ironman à Hawaii. Il y est retourné à 12 reprises ! Ayoye ! Vous comprendrez qu’il excelle. Il estime qu’il était prédestiné à ce genre de compétitions.

 Pourtant, le golf le frustrait à une certaine époque. Lui qui avait l’habitude de briller dans tout ce qu’il touchait, se voyait confiné dans le placard. En guise de compensation, il y a travaillé, tout en fumant plus d’un paquet de cigarettes par jour ! Le voilà rendu à un poids de 190lbs quand l’un de ses amis ressent des ennuis cardiaques. Pour l’une des rares fois, l’insécurité s’installe chez-lui.

 Début 1997, il décide d’opérer. Accroc à tout ce qu’il touche, il le deviendra assurément dans l’ironman. On connaît maintenant les résultats. Même à 51 ans, il peut donner du fil à retordre à plusieurs jeunes et même arriver à les battre.

 

Les parents de Marc, Monique et Gaston, fiers de leur fils tout comme la fille de Marc, Marianne, graduée des HEC.

 

« J’ai toujours voulu être le meilleur dans tout ce que j’entreprends », un commentaire qui caractérise assez bien sa personnalité. Réaliser sept ironmans sous la barre des 10 heures démontre son degré d’intensité à une certaine époque. Il subira toute une leçon de vie en 2017.

Le récent vainqueur du 51-50 (classement général) de Tremblant doit obligatoirement prendre du recul et il viendra à un cheveu de tout abandonner. Cet ingénieur à l’emploi de Trelleborg Sealing Solutions Canada, une compagnie qui fabrique des pièces destinées aux avions, devra nécessairement ajuster son horaire. Déçu et surtout écœuré de l’entraînement, son observation le poussera à réaliser un examen de conscience qui suscitera son lot de dividendes.

 Le simple fait de reconnaître la grande chance de bénéficier de gènes uniques le forcera à réorienter son plan d’entraînement. « Je n’ai plus le goût de me sentir au maximum de ma condition physique durant 12 mois. Je choisis mes batailles, être capable d’effectuer des approches intelligentes pour ne pas se brûler, tant mentalement que physiquement. »

 

Un athlète qui domine son sport.

 

Considérant le fait que cet athlète natif de Trois-Rivières s’extériorise peu, il comprendra qu’il devra laisser de la place à l’ouverture, sachant très bien que son énorme expertise lui servira positivement.

 Il y a cinq ans, il décide de vendre son vélo. Karine Cormier, une avocate se dit intéressée. L’ex-membre de l’équipe nationale d’aviron, tombera sous le charme de Marc et vice versa, un point tournant pour celui qui est né un 10 août. Je sentais sa hâte de me décrire un événement en rapport avec leur couple.

 En 2018, les tourtereaux décident qu’ils se marieront au terme de leur participation respective au marathon de Boston. Ils ont même réservé une petite église sur la rue Boylston, où une cérémonie privée s’y déroulera. Malgré une blessure au pied, Marc entame le marathon. On se souviendra que pour cette édition, les éléments de la nature se sont déchaînés sur le parcours.

 

Son fameux mariage dans une église de la rue Boylston à Boston.

 

Après 25 kilomètres, le mécanisme est déréglé et l’abandon s’impose. On le ramènera au fil d’arrivée dans une navette où il retrouvera Karine qui a déjà conclu son 42km. Le mariage suivra et le lendemain matin, les amoureux feront les manchettes du Boston Globe !

 Le père de Marianne, qui a aujourd’hui 25 ans, anticipe courir dans les cinq marathons majeurs et il fera d’ailleurs l’un d’eux cette année, à Berlin.

 Malgré ses succès, Marc admet que la formule ironman affiche une accessibilité restreinte. « Un sondage a déjà établi une moyenne des salaires annuels chez les participants au championnat du monde et elle tournait autour des 160,000$.»

 

Karine et Marc lors de leur participation au Canada Man en 2017.

 

Même avec toutes ses prouesses, il dit être encore à la recherche de la performance de sa vie qui le comblera davantage, peut-être même un podium à Hawaii.

 L’an dernier, il a commencé à coacher d’autres athlètes. « Je considère que le triathlon représente un sport égoïste et ça me fait du bien d’aider les autres tout en me préparant pour mes vieux jours », ce qui explique peut-être pourquoi il a tendance à s’isoler à l’occasion. « Malgré le standing que l’on peut retrouver dans ce milieu, je crois qu’il existe deux dénominateurs communs, celui de se retrouver en santé sur la ligne de départ et reconnaître le sérieux présenté par les athlètes pour s’y retrouver, ce qui peut également refléter leur style de vie dans l’ensemble. »

 Source: Gophrette Power

Marc Flageole, un athlète de haut niveau.

 

« Conserver le niveau que j’ai acquis reste une grande préoccupation sachant que ma faiblesse est devenue ma motivation. Au fil des années, je dois apprécier mes résultats et démontrer de la fierté devant les efforts que je déploie.»

 Il m’a même dit qu’il a hâte d’atteindre la soixantaine car il sait très bien qu’il deviendra sans aucun doute le coq dans la basse-cour !