Les contrats accordés aux joueurs autonomes du Baseball Majeur ne démontrent pas que ce sport est malade, mais bien qu’il est en santé. Selon le site Internet Statista.com, l’industrie a généré des revenus de 10,3 milliards en 2018. En comparaison, 4,86 milliards sont entrés dans les coffres de la LNH en 2017-18. Et c’est l’engouement des amateurs de baseball qui rend possible cette flambée annuelle des salaires. Les amateurs dépensent des milliards, les joueurs empochent des millions.

 

 

Selon Associated Press, Manny Machado a accepté mardi de joindre les Padres de San Diego. Vont-ils accéder à la Série Mondiale en 2019? On peut en douter. Après tout, avoir des sous et gérer ceux-ci sont deux choses bien différentes.

Il y en a parmi vous qui sont choqués de voir autant d’argent remis à un  joueur de baseball. C’est un sentiment qui se comprend. Mais n’oubliez pas que si vous êtes un amateur, vous contribuez à ce contrat faramineux. Vous aidez à faire tourner l’industrie en achetant des casquettes, des magazines, des billets, des cartes à collectionner, des forfaits pour regarder des matchs sur Internet, des chandails, des figurines, etc., etc. Oui, vous et moi sommes responsables de ces contrats qui dépassent l’entendement pour le simple travailleur. En fait, dès que vous ouvrez votre ordinateur et que vous visionnez des faits saillants de matchs, des comptes rendus, des entrevues ou des matchs, vous aidez la cause des joueurs, des propriétaires. Nous sommes tous, amateurs de baseball, les grands responsables. Mais allons-nous cesser de nous intéresser à ce sport juste pour voir les joueurs recevoir moins dans l’avenir?

C’est le même principe au hockey. En 2017 lors d’une entrevue qu’il accordait à Paul Arcand, Guy Lafleur avait déclaré avoir fait environ 3,6 millions de dollars en 17 saisons dans la LNH. Aujourd’hui, un joueur de troisième trio reçoit un tel salaire pour une seule saison. Les nouvelles technologies font en sorte que le hockey est accessible partout. Le marketing, qui a atteint un niveau jamais vu sous Gary Bettman, est la raison principale du traitement salarial chez les joueurs de la LNH. Et c’est la même chose dans les autres sports, dans le showbiz.

S’appuyant sur des documents du Baseball Majeur, la revue Forbes a publié en janvier dernier son analyse financière annuelle. Le collaborateur Maury Brown écrivait que le Baseball Majeur a vu ses revenus augmenter de 377% depuis 1992. Au niveau de la télévision, les différentes ententes apporteront des milliards supplémentaires au cours des prochaines années.

Le baseball est également omniprésent sur les médias sociaux. Les amateurs qui suivent les faits et gestes des équipes sur Twitter se calculent en dizaines de millions. Le constat est le même sur Facebook, Youtube et Instagram. La publicité est partout sur ces plateformes.

Il n’y a pas que les joueurs qui profitent de cette santé économique sportive. Les propriétaires du Baseball Majeur engrangent des sommes d’argent colossales. Et ce n’est plus uniquement l’affaire des gros marchés. San Diego a longtemps été perçu comme un marché similaire à Montréal à l’époque des Expos. Les sommes générées notamment par la vente de produits dérivés et la présence du baseball sur le Web font en sorte que les Padres peuvent maintenant s’offrir un joueur de 300 millions. Si les Expos étaient toujours en vie, ils devraient cependant gérer le taux de change.

D’après Statista.com, 29 des 30 formations du Baseball Majeur valent plus d’un milliard de dollars. Seuls les Rays de Tampa Bay (900 millions) ne font pas partie du groupe. Les caisses des équipes sont majoritairement bien remplies. Le Baseball Majeur n’a jamais fait autant d’argent dans son histoire. Et en bout de ligne c’est l’amateur qui alimente la machine. Une machine qui tourne à plein régime, et qui permet des signatures qui font tourner les têtes.