Une année charnière, voilà comment je qualifierais 2017 qui se termine en rapport avec la course à pied.

 Les coureurs auront vaincu et pour l’une des rares fois, furent considérés. Terminée l’époque de la vache maigre !

 Durant les années antérieures, on a assisté à une affluence des adeptes. Les organisateurs et les responsables auront su flairer les occasions, profitant de leur inexpérience pour parfois s’enrichir et ambitionner.

 Or, comme dans la vie en général, certains ont réagi pour offrir une résistance qui, avec le temps,  a mené à des résultats positifs et surtout avantageux.

 Je pense que la plus grande victoire du syndicat des adeptes de la course à pied représente la diminution des tarifs d’inscription ou si vous le voulez bien, la façon détournée mais tout au moins efficace de ramener des taux  plus raisonnables. Lorsqu’un événement vous incite à vous inscrire rapidement afin de profiter de réductions, voilà une façon qui permet de sauver de l’argent sans reconnaître de la part de l’organisation que jadis, on exagérait.

 

Les responsables des grands événements considèrent davantage les recommandations des coureurs car ils n'ont plus le choix.

 

Il y a également la considération des recommandations des participants. Pendant plusieurs années, les organisateurs se balançaient éperdument des commentaires qui leur étaient adressés. On les écoutait, on les lisait mais rapidement, on les oubliait. En fait, les décideurs faisaient tout simplement à leur tête car ils savaient de toute façon que la manne allait se retrouver dans les coffres.

 Toutefois, l’apparition naturelle de plusieurs autres épreuves qui s’ajoutaient graduellement au calendrier a fait en sorte que certaines organisations se sont retrouvées coincées, faisant face pour la première fois de leur existence, à une diminution au niveau des inscriptions. Par conséquent, de nombreuses courses ont perdu des plumes et d’autres n’ont tout simplement pu résister à ce changement d’attitude pour éventuellement disparaître de la circulation.

 Là, nos grands penseurs n’ont pas eu le choix. Les ajustements sont apparus et finalement, les coureurs furent considérés.

 

Les adeptes de tous les milieux profiteront dorénavant de leur statut.

 

Le marathon de Québec représente le plus bel exemple en ce sens et je peux vous certifier que celui de Montréal en fera de même éventuellement. Ce dernier n’aura pas le choix de s’ajuster, principalement pour la 2e portion du marathon, sachant très bien que si les participants deviennent mécontents, ils pourront refuser de s’inscrire en comblant ce vide par l’une des nombreuses autres compétitions qui garnissent l’éventail.

 Aussi, la venue du marathon du P’tit Train du Nord a raffermi les structures des épreuves à travers le Québec. Le responsable Alain Bordeleau, qui a œuvré durant plusieurs années avec l’organisation du Marathon de Montréal, a démontré de la rigidité, en particulier à l’échelle des inscriptions (échange de dossard). Il a ramené à l’ordre les autres organisations qui permettaient un trafic incontrôlé sur le plan de l’organigramme.

 Finalement, je crois que nous avons assisté à un grand changement sur l’ensemble du comportement des coureurs. On a remarqué que les amants de la course à pied se consacrent davantage aux bienfaits qu’apporte cette discipline plutôt que de se concentrer uniquement sur les performances.

 

De plus en plus, ceux et celles qui pratiquent la course à pied le font pour améliorer leur santé et non leur chrono.

 

On voit de moins en moins de chronos sur les réseaux sociaux. Dorénavant, les coureurs se contenteront de présenter leurs distances parcourues.

 Logiquement, je pense que 2017 deviendra difficile à déloger dans le palmarès des années importantes pour la course à pied.

 Personnellement, je ne vois pas ce qui pourrait davantage augmenter la popularité de cette discipline. À mon avis, 2018 permettra tout simplement de profiter du virage qui s’est produit en 2017 et c’est tant mieux.

 Toutefois, les coureurs resteront aux aguets car ils savent maintenant qu’ils détiennent le gros bout du bâton. Alors, s’ils manifestent leur mécontentement, ils seront écoutés et surtout estimés.